Dans « Ma vie au poste », le critique de télévision Samuel Gontier a rassemblé ses chroniques. Il raconte avec distance et humour la télévision d’aujourd’hui. Dans une interview à ce propos, voici quelques-unes de ses réflexions.

Quand on écoute, ça passe, il y a beaucoup de blabla. Mais quand on écrit, bien souvent, il n’y a pas besoin d’ajouter grand-chose pour se rendre compte des énormités qui sont proférées. La mise en cohérence permet de voir que le sexisme n’est pas dans une seule émission, mais sur plein de chaînes différentes, dans l’info, les talk-shows, les divertissements et beaucoup dans les jeux.

Et bien entendu, c’est l’émotion qui prime !

C’est beaucoup plus fédérateur que des discours qui expliquent la complexité du monde. Dans un média régi par l’audience, on essaie de rassembler le plus possible sur le plus petit dénominateur commun : la peur, la joie, la souffrance… Les émotions les plus basiques. Ce n’est pas tellement nouveau, mais c’est exacerbé par la concurrence effrénée et par la dictature de l’audience. Ça encourage tout le monde à faire la même chose et à le faire plus fort que les autres.

Le Net s’est ajouté à la télé :

Cela va encore plus vite et cela s’est encore intensifié, notamment le phénomène de « circulation circulaire de l’information » où tout le tout le monde passe son temps à se reprendre, à parler de la même chose parce que les autres en parlent aussi.

Qui est responsable ?

Dans une vision presque complotiste, un peu « parano », on a tendance à penser que la mauvaise qualité des programmes et leur caractère moutonnier viennent du fait qu’ils sont détenus par des grands patrons de presse qui sont aussi des grands capitaines d’industrie. Effectivement, ces gens-là n’ont pas intérêt à subvertir. Une grande partie du conservatisme est due aux propriétaires de ces chaînes, y compris celles, publiques, qui dépendent de l’Etat. Mais la télé répond aussi aux phénomènes de la société libérale marquée par la concurrence. Si elle veut vendre des pages de pub chères, il lui faut de l’audience. C’est la seule manière de vivre.

Cela s’appelle de la lucidité !

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