Mercredi, Testament.be !

 

Bonjour à toutes et à tous,

Comme vous le savez, nous organisons un SALON DU TESTAMENT PHILANTHROPIQUE au Palais des Congrès à Liège, le mercredi 28 septembre avec 16 associations invitées.

 

Vous trouverez la liste des 16 “bonnes causes” participantes dans notre magazine LIEGE, en annexe.

Au programme, il y aura une conférence sur le legs aux bonnes causes, donnée par le notaire Philippe Dusart et des consultations juridiques gratuites proposées par Maître Didier Pire, Maître Dusart, Maître Patrizio Giangiulio, Maître Marie-Laure Daxhelet, de 11h00 à 14h00.

Nous avons prévu une réception (restauration et boissons gratuites) et la Loterie Nationale offrira un cadeau à chaque participant.  Enfin, la présentation de notre événement sera assurée par notre ami de longue date Jacques Mercier (écrivain, acteur, homme de télévision : RTBF, le Jeu des dictionnaires, Semaine infernale, Forts en tête, Boîte de Jazz, Mercier go home, etc.), qui nous est fidèle depuis 2008 !

Si vous désirez participer, il vous est juste demandé de vous inscrire gratuitement via notre site web www.testament.be   à la rubrique “tournée généreuse”

 

Programme du mercredi 28/09/2016 :

09h30 – Ouverture des portes au public (entrée gratuite) et présentation des stands des bonnes causes

10h15 – Conférence du notaire Philippe DUSART + questions & réponses

11h00 – Réception (traiteur) + Contacts aux stands + Consultations individuelles (Maître Philippe Dusart, Maître Didier Pire, Maître Patrizio Giangiulio, Maître Marie-Laure Daxhelet)

12h30 – Fin de la réception

12h30 à 13h55 – Consultations individuelles + contacts aux stands

14h00 – Fin du Salon du Testament philanthropique de Liège

 

N’hésitez pas à faire suivre à des ami(e)s qui seraient intéressé(e)s par la question du legs aux bonnes causes.

Si vous désirez plus d’informations via : patrice.macar@testament.be  ou 0479 76 00 00

Au plaisir de vous revoir,

 

Ps :  Accès en voiture, (adresse GPS) : Rue du Parc 39 à 4020 Liège. Il s’agit de la rue qui longe le bâtiment. Au Palais des Congrès il y a un parking gratuit permanent.

 

Patrice Macar

Coordinateur Wallonie-Bruxelles

0032(0)479.76.00.00

Rue des Tanneurs, 60a

1000    Bruxelles-Brussel

www.testament.be

www.asbltestament.be

www.guidedutestament.be

 

 

Une Wallonie très vivante !

La semaine dernière, j’ai eu, pour la sixième année, l’honneur d’être maître de cérémonie de la remise des « Mérites Wallons » à l’Elysette, en compagnie évidemment du Ministre-Président Paul Magnette et des ministres Christophe Lacroix, Maxime Prévot, René Collin, Jean-Claude Marcourt, Carlo Di Antonio, Paul Furlan et ( seule ministre blonde aux yeux bleus) Eliane Tillieux. Voici quelques phrases extraites de cette présentation (Merci à Philippe Hubert, chef de cabinet adjoint, efficace écrivain) et quelques photos. (Alain Coumont (Le Pain Quotidien), Steve Houben (Sax de jazz), Bouli Lanners (cinéma), Alice on the Roof (musique et mèches roses) et la remise d’une lampe de mine authentique…                                       

(Tout se trouve sur http://connaitrelawallonie.wallonie.be/fr/distinction-du-merite-wallon#.V-EvH_CLS70 )

« En ces temps de troubles, marqués tout à la fois par des progrès spectaculaires et des reculs tout aussi effarants, nos sociétés n’ont d’autre espoir que de croire plus encore dans le potentiel de leurs citoyens. Face à tous les défis comme à toutes les menaces, c’est en nous, parmi nous, qu’il faut chercher les moyens de nous réinscrire dans la voie du progrès, pour tous et en toute chose. Ce mouvement est par définition planétaire mais il doit se décliner à tous les niveaux. Et, chez nous, l’entité de référence qu’est devenue la Wallonie est l’un de ces niveaux.

C’est ce qui a conduit son Gouvernement à instaurer, voici maintenant six ans, la distinction du Mérite wallon, justement pour exprimer l’estime des Wallonnes et des Wallons à ceux qui, par leur talent et leur mérite, s’imposent comme autant d’exemples à méditer. Comment ne pas avoir de l’espoir, quand, comme moi, l’on voit les promotions de talents wallons se succéder, année après année, sans que la source ne se tarisse, ni en qualité ni en quantité. »

Voici quelques personnalités honorées cette année. Une mention particulière pour le 70e anniversaire des accords italo-belges et le 60e anniversaire de la catastrophe du Bois du Cazier. Des souvenirs douloureux, bien sûr, ancrés dans une mémoire toujours vive mais aussi des éléments fondateurs de la société wallonne qui n’aurait pas été ce qu’elle est sans la mine et sans l’apport de la communauté italienne venue raviver l’éclat d’une latinité qui a fait la Wallonie.

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Se voir dans la vraie vie, oui ?

 

Se croiser « dans la vraie vie » est toujours un moment particulier pour quelqu’un comme moi qui écrit. (Ce le fut déjà à l’époque de mes émissions en radio et en télévision.) Il m’est donné quelques occasions de vivre cet échange dans les jours qui viennent. (Les liens et illustrations se trouvent en dessous du texte.)

Le prétexte de se retrouver dans deux endroits de lecture prestigieux est la sortie du livre « Toute une vie d’amour » écrit avec ma fille Sophie. J’ai romancé une dizaine de moments de la vie d’un couple : et ma fille, conseillère familiale et conjugale, a expliqué, donné des conseils pour chacun de ces moments-clés (premier enfant, âge, etc.)

Nous serons à la Fnac de Liège, le samedi 24 septembre à 14 heures. La présentation et une interview seront menées par le directeur de la collection chez Academia, Marc Bailly. (J’ai travaillé à Liège – Bonnie & Clyde, Boite de jazz, etc.- et je connais l’accueil chaleureux dont cette ville est capable ! )

Nous serons de la même façon à la Librairie Molière de Charleroi, le samedi 8 octobre pour un apéro littéraire à 11 heures. C’est l’occasion de retrouver ce centre de la ville. (J’ai aussi travaillé à Charleroi pendant dix années lumineuses (Forts en Tête) et je me réjouis de retrouver l’accueil unique des Carolos.)

(Voir sur les affiches ci-dessous les libraires et leurs demandes de réservation)

Par ailleurs, je serai bientôt présent pour un autre événement à Liège, au Palais des Congrès : le mercredi 28 septembre, dès 9h30. Je vous y accueillerai au « Salon du Testament pour les Bonnes Causes », dans le droit fil de mon engagement pour Testament.be. Ce site vous propose de mettre une bonne cause dans votre futur testament (des notaires et des avocats sur place vous expliqueront les avantages, ainsi que les bonnes causes participantes (ASBL, ONG, universités, fondations d’utilité publique et institutions culturelles.) – histoire de faire votre choix. L’entrée est gratuite. Chaque visiteur se verra offrir un « Guide du Testament » (136 pages illustrées par Pierre Kroll). La Loterie nationale offre un cadeau à chaque visiteur. Inscription : Il suffit de réserver son entrée gratuite sur www.testament.be (voir « Tournée Généreuse ») ou d’appeler gratuitement le 0800 93 922.

On se verra dans la vraie vie ? Merci !

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La mémoire du coeur

 

Indispensable pour jouir de cet espace-temps où nous pouvons nous réconcilier avec nous-même : la mémoire. Il ne s’agit pas de la mémoire factuelle, accidentelle, celle qui nous redonne l’itinéraire de la veille avec ses sens interdits, celle qui nous rappelle le numéro de code d’une carte de banque devant le distributeur de billets d’euros, mais bien de la mémoire profonde. Celle-ci n’enregistre que ce qui s’accompagne d’une forte émotion, positive ou négative.

Longtemps j’ai cru qu’elle n’imprimait dans ses entrelacs mystérieux que les « première fois ». C’est en partie exact puisqu’une première fois est souvent synonyme d’une plus forte commotion. Voltaire le dit fort bien dans son « Dictionnaire philosophique » : «On retient par coeur malgré soi et voilà pourquoi nous disons retenir par coeur, car ce qui touche le coeur se grave dans la mémoire.» Le cœur est touché, il peut être blessé ou gonflé de joie, torturé ou battant de plaisir. Mais ces symptômes se gravent à jamais en nous (et qui sait ? pour la postérité ?) avec des nuances et des intensités diverses, que Bergson définit comme des «degrés successifs et distincts de tension ou de vitalité, malaisés à définir, sans doute, mais que le peintre de l’âme ne peut pas brouiller entre eux impunément» (Matière et Mémoire).

Car si nous parlons de création artistique, par exemple, nous devons bien admettre qu’il faut puiser dans sa mémoire pour réaliser une œuvre. Et si tout le monde fait un jour ou l’autre référence à la « madeleine » de Proust, instrument du recours à la mémoire, comme une photo, une musique, un parfum, cet auteur justement s’est bien expliqué à ce sujet. Dans « A la recherche du temps perdu », hymne à cette exploration de nos souvenirs enfouis, il écrit : «Une condition de mon œuvre, telle que je l’avais conçue, était l’approfondissement d’impressions qu’il fallait d’abord recréer par la mémoire. »

Dans le même sens, Albert Thibaudet (adepte de Bergson et disparu peu avant la guerre de Quarante) déclare dans un ouvrage consacré à Gustave Flaubert : « Être artiste ou romancier consiste à posséder la lampe du mineur qui permet à l’homme d’aller par delà sa conscience claire chercher les trésors obscurs de sa mémoire et de ses possibilités. »

Mais il ne faut pas nécessairement être un artiste, même amateur, pour user de la mémoire profonde. Nous avons tous des réminiscences ou des souvenirs précis qui nous font nous évader dans d’autres sphères que celle de la vie quotidienne et prosaïque. Un reflet de soleil sur la vitre de la cuisine peut, pour quelques secondes, emmener la ménagère dans une promenade d’enfance sur les épaules de son père, au temps où elle pouvait de vive voix lui dire « papa ». Un refrain banal d’une opérette, comme « Je t’ai donné mon cœur… », peut faire resurgir l’espace d’une minute la voix déjà chevrotante d’une grand-maman au repas de Noël. Dans la salle à manger, rouverte pour la circonstance, entre un piano décoré de bougeoirs, un pêle-mêle de photos sépia, un buste de Beethoven, un divan capitonné et fatigué, nous vivions des instants uniques sans le savoir : ceux qui relient les générations entre elles. Notre « bonne-maman », veuve habituellement vêtue de noir, avait passé une robe moins stricte, bordeaux ou mauve, et se laissait aller à boire dans un petit verre à pied une – ou plusieurs – goutte d’une liqueur rapportée d’un voyage. Les plus âgés pensaient que c’était peut-être la dernière occasion, tandis que nous, les plus jeunes, vivions un présent teinté d’un futur inconnu et prometteur.

Combien d’autres choses peuvent faire s’envoler notre âme ! Un chien croisé dans la rue et semblable à celui qui embellit notre enfance de ses aboiements et de ses coups de langue mouillée. (J’ouvre une parenthèse pour vous livrer cette merveilleuse définition de l’amour, donnée par une Mary-Ann de 4 ans, lors d’une enquête sur le sujet : « L’amour c’est quand ton petit chien te lèche le visage, même après que tu le laisses tout seul toute la journée ». C’est magnifique !) Une fleur qui fait songer à un jardinet de province. La couleur d’un regard croisé dans la rue et qui nous ramène à un premier coup de foudre enfantin.

Tout cela remue en nous le meilleur de nos sentiments. Cela remet en place les priorités, les urgences, les angoisses. Cette pause, que nous procure la belle mémoire, ne peut être que bénéfique. Parfois elle remet en perspective le tracé de notre vie, qu’on peut alors infléchir. Ces souvenirs peuvent éclairer nos actions présentes, les justifier, les expliquer. Et si l’on se sent mieux, réconcilié avec soi-même, on sera nécessairement mieux avec les personnes qui nous entourent et qu’on appelait d’un mot qui semble désuet : – et pourtant ! – le prochain.

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Michel Jonasz au Toots Festival

Quelle belle façon de rendre hommage à notre ami Toots Thielemans que de participer au Festival qui porte son nom ? Le Toots Jazz Festival se déroule ces vendredi 8, samedi 9 et dimanche 10 septembre à La Hulpe. (Lien ci-dessous) Trois jours sous le signe de l’amour de la musique, de la simplicité et du talent. Pour ma part, j’irai voir et entendre Michel Jonasz ce vendredi soir sous le chapiteau (avec Manu Katché, entre autres). Michel, dont le titre d’une des chansons, a donné le nom de la tournée sur l’histoire du jazz, avec mon fils Stéphane : « La Boîte de Jazz » !

(Avant Michel, une jeune très talentueuse : Typh Barrow!)

Michel, dont je fus le premier intervieweur à Bruxelles, dans les années 1970. Il était partagé pour la suite de sa carrière et j’ai essayé d’être optimiste. J’avais raison ! J’ai gardé aussi des photos de l’un de ses passages dans une émission de variétés publiques en studio à Flagey, grâce à Guido Marcon, qui venait immortaliser ces moments de grand plaisir ! L’émission s’appelait Quatre à Quatre ; Au même programme : Antoine et Claude Lombard. Oui, j’avais des cheveux et pas encore de lunettes ! (Michel avait adoré l’accent belge… Longtemps après, je le croisai un jour dans les couloirs de Reyers cette fois et il m’interpella « Allez Jacques, on va sortir boire une bière une fois ! » Evidemment !)

Sûr que l’émotion sera aussi au rendez-vous !

http://www.jazzlahulpe.be/

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Avoir de la voix

Mon amie, l’artiste arménienne Nara Noïan, vit à présent à Liège. Elle a mis sur pied un « coaching vocal », dont j’ai moi-même bénéficié il y a quelque temps ; et qui m’a permis d’assurer 15 mois de spectacle de la Boîte de Jazz sans perdre un seul soir ma voix. Vous le lirez dans les témoignages de son site :

http://coachingvocal.be/

Avec grand plaisir, je vous livre donc ce lien, qui pourra vous être utile dans de nombreuses circonstances de la vie. Bien respirer, c’est bien vivre ! Cette formation s’adresse à tous les métiers qui utilisent la parole.

Vous verrez aussi que le 8 octobre se tiendra un atelier, si vous avez envie d’en savoir plus.

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La mélancolie

 

La mélancolie a été joliment chantée par Léo Ferré, avec des métaphores dont il avait le secret : «C’est un chat perdu – Qu’on croit retrouvé.- C’est un chien de plus dans le monde qu’on sait – C’est un nom de rue, où l’on ne va jamais… »

La mélancolie est un sentiment ambigu teinté de regrets, de choses qu’on aurait pu mieux réussir ou qu’on n’a pas vues à temps ; C’est le rappel de tout ce qui aurait pu changer notre vie à un moment donné. S’il est un auteur qui fut mélancolique dans sa vie et dans son œuvre c’est bien Boris Vian. Les critiques ont souvent présenté ses ouvrages de cette manière : « Mélange jubilatoire de poésie, d’humour dérisoire et de mélancolie. » Dans « L’herbe rouge », pour faire un choix, Boris Vian écrit de ces superbes phrases, dont il avait le secret, telle : «Aussi longtemps qu’il existe un endroit où il y a de l’air, du soleil et de l’herbe, on doit avoir regret de ne point y être.» C’est exactement ce qui ravive la mélancolie !

Ferré, Vian, j’ajouterai ce que Brel m’a un jour répondu lors d’une interview : que la mélancolie était une tristesse de qualité… La mélancolie, d’abord considérée comme un état désagréable (et souvenons-nous qu’il s’agissait d’une bile noire dont l’excès provoquait une disposition triste de l’humeur, au XIIIe siècle !) est devenue, avec le préromantisme surtout un état voluptueux, de rêverie désenchantée, mais douce, thème favori des écrivains.

Chateaubriand – lui qui lança le romantisme français avec « René » et « Atala » – écrit en 1802 dans « Le génie du christianisme » : «Une prodigieuse mélancolie fut le bruit de cette vie monastique; et ce sentiment, qui est d’une nature un peu confuse, en se mêlant à tous les autres, leur imprima son caractère d’incertitude : mais en même temps, par un effet bien remarquable, le vague même où la mélancolie plonge les sentiments est ce qui la fait renaître. »

Il fut une époque – sans doute celle qui considéra le romantisme comme du narcissisme – où la description, l’analyse de tels sentiments fut estimée comme une perte de temps, un loisir d’oisif littéraire ou snob. C’était accorder bien peu de place à tout ce qui nourrit spirituellement notre vie finalement. Il ne faut pas se complaire dans la mélancolie, mais elle existe et elle est un signe : celui qui nous pousse néanmoins à avancer, à évoluer, à s’améliorer. Et que de temps à autre, la mélancolie nous pousse à se reconnaître imparfait, voilà qui remet l’ego dans une juste perspective. Bien sûr qu’on pouvait faire mieux, qu’on aurait dû le faire ! Ce sera pour aujourd’hui, pour demain. L’effort plus que la conclusion.

Anatole France a bien analysé l’omniprésence de ce sentiment : « Tous les changements, même les plus souhaités, ont leur mélancolie. » J’aurais donc tendance à trouver un peu de mélancolie nécessaire dans la vie, simplement pour de ne pas trop facilement nous accorder un dix sur dix à nos actions ou nos pensées. Au fond, c’est un petit signal d’alarme, c’est le crayon rouge du professeur intérieur dans la marge de nos devoirs : « Peut mieux faire ! » C’est léger, mais indispensable. Cela peut survenir à la fin d’un repas partagé, mais qu’un horaire chargé nous oblige à écourter, au soir d’une journée tellement remplie que fut oublié le coup de fil à ses parents, au lendemain d’un travail qu’on aurait dû encore mieux préparer.

Mais ces impressions s’avivent lorsqu’on écoute son âme. Quand vous promenez votre chien face à un soleil rougeoyant et magnifique dans la campagne, quand vous fermez les yeux allongé sur votre divan en sachant que vous pouvez enfin vous accorder une demie heure de repos, quand vous croisez des jeunes et que vous vous revoyez à leur âge !

Que faire ? Je pense comme les romantiques que le mieux est de traduire cela d’une façon ou d’une autre : l’écrire, le chanter, le peindre, en discuter, etc. Partager avec soi-même et avec les autres, directement ou par l’intermédiaire d’un art, quel que soit le véhicule emprunté. Alors la mélancolie est comprise, acceptée, sublimée. Et comme l’écrit Victor Hugo dans « Les travailleurs de la mer » : « La mélancolie c’est le bonheur d’être triste ».

Proche de nous, un musicien comme le pianiste américain Brad Mehldau peut être perçu comme un nouveau romantique, un adepte de la mélancolie. Si vous ne voulez qu’un seul exemple extraordinaire, écoutez-le jouer en solo dans «Elegiac cycle» (Warner 99), du jazz inspiré de la musique classique. Dans le texte qui accompagne ce disque, on s’aperçoit que Brad Mehldau peut aussi bien parler de son art que l’exercer : «Depuis ma plus tendre enfance, l’art m’a toujours semblé le premier signe tangible de l’existence d’une dimension spirituelle, en ce sens que son essence est invisible, inatteignable, non périssable : éternelle . »

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Petite entrevue …

Profitant de ces derniers jours de l’été, je vous recopie une interview que je classais dans mes archives. Peut-être aimerez-vous le ton et les thèmes abordés ? (Même si j’ai lu pas mal de nouveaux livres intéressants après ceux que je citais à l’époque). C’est paru chez Ikor éditions. Vous trouverez des liens vers mes livres en dessous…

Quel est le premier livre que vous vous souvenez avoir lu ?

En dehors de la Bande Dessinée (Tintin, Bécassine…), le premier livre en prose est, je pense, Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Mais il y avait les illustrations de l’auteur, qui m’ont sans doute attiré.

Dans quelles circonstances avez-vous écrit votre premier livre ?

J’étais encore aux études et j’avais écrit une nouvelle assez sentimentale, intitulée Le reflet de lune sur tes cheveux, inspiré assez directement d’un roman de François Nourissier Bleu comme la nuit. Une rencontre de deux amoureux le long d’une plage la nuit… A partir de là, j’ai pensé à l’élargir à un roman. Ce fut finalement mon premier roman qui sera publié bien plus tard sous le titre de Parfois. Les premiers mots sont « Parfois une présence nouvelle… ». Ce premier roman a été accepté à Paris chez Calmann-Lévy, mais on m’a demandé d’en doubler le nombre de pages et je n’y suis pas arrivé à 17 ans… J’ai refait ce roman sept fois (avec des conseils judicieux de Françoise Mallet-Joris et de Marcel Jullian, qui m’avaient pris sous leurs ailes !) jusqu’à la publication à 35 ans (depuis lors j’en ai écrit 1 1/2 par an !).

Pensez-vous qu’il faille être un grand lecteur pour être un bon auteur ?

Oui ! C’est d’ailleurs un des nombreux bons conseils que l’ont m’ait donnés à mes débuts. Lire même ce qu’à première vue on n’aime pas : lire tout. Cela donne une vue d’ensemble de ce qui s’écrit (et donc on ne refait pas la même chose), lire pour voir les mots, en découvrir de nouveaux, les mettre dans le contexte, lire car on fait partie de cette grande communauté du livre !

Pour un animateur TV à la retraite, vous avez une bibliographie impressionnante et très variée. Quel genre n’avez-vous pas abordé qui pourrait vous faire de l’œil ?

Il restait jusque il y a quelques mois un secteur que je n’avais pas abordé, le scénario de bande dessinée. Un éditeur (Sandawé) a fait appel à moi pour une série BD qui a pour thème le « chocolat », puisque j’ai écrit quelques ouvrages de référence sur le chocolat belge. Cette série intitulée Xocoatl, du nom aztèque du chocolat, est en cours de réalisation, avec un co-scénariste Bosse et un dessinateur espagnol Alberto Foche…

Après avoir présenté Le jeu du dictionnaire sur la RTBF, vous avez écrit quelques dictionnaires. Une passion pour l’objet ?

J’adore l’objet « dictionnaire », j’adore même le concept et le retrouver en numérique sur le Net ou sur ma tablette. C’est pour moi, dès mon plus jeune âge, une source inépuisable. Cela satisfait ma curiosité et mon envie de bien écrire, avec les mots justes. Donc les dictionnaires d’analogies et de synonymes me plaisent et m’attirent tout autant. J’aime voir le cheminement des mots aussi, l’origine des expressions, pourquoi tel ou tel mot disparaît…

Quels sont, selon vous, les auteurs belges du moment à suivre absolument ?

Dans la littérature belge (mais peut-on classifier ainsi ? Plus de frontières, mais seulement une sorte de culture commune aux Belges…), j’épingle en premier lieu Amélie Nothomb, qui ne m’a jamais déçu d’année en année. Elle vient d’être élue à notre Académie ! Ensuite, j’aime beaucoup Edgar Kosma (son dernier ouvrage Comment le chat de mon ex est devenu mon ex-chat (éditions OnLit) est un monument très « belge », qui se passe à Bruxelles, allie humour, réflexion, poésie, énigme… avec un style unique et qui commence à être reconnu !). Deux parmi d’autres…

La vie d’auteur est une drôle de vie. Avez-vous une anecdote amusante à nous raconter ?

Quand on écrit, on s’immerge complètement dans l’histoire, on vit dans la peau de ses personnages, on les pense consciemment ou pas, mais tout le temps, même lors d’autres activités… Ainsi lors de la rédaction de Maître Gustave (ma meilleure vente), au cours des neuf mois habituels nécessaires pour mon écriture, j’étais à Cannes et je marchais sur la Croisette. Je pensais à ce que j’écrivais dans ma chambre d’hôtel. Dans la soirée, quand ma femme est rentrée du travail qu’elle y effectuait au Midem, elle m’a expliqué qu’une de nos connaissance m’avait rencontrée lors de cette promenade, que je ne l’avais pas reconnu, tout entier dans ma préoccupation et qu’il s’inquiétait car je murmurais « Je vais le tuer ou pas ? ». Elle l’a rassuré en parlant du roman. Je me demandais si Maître Gustave devait mourir à la fin du livre !!!

Quelle est votre actualité littéraire ?

Un recueil de nouvelles, Mortes Maisons, sorti une première fois en 1999 (et épuisé) sort à nouveau chez Ikor éditions. Comme pour Une diva amoureuse paru l’an dernier chez Ikor, il sera sans doute traduit en espagnol et distribué en Amérique. Je termine aussi un livre à quatre mains avec ma fille Sophie Mercier, conseillère conjugale, intitulé Toute une vie d’amour et qui sera une sorte de petit manuel du couple. Je raconte dix moments clés de la vie d’un couple, du coup de foudre à la séparation, et ma fille commente à chaque fois l’attitude des personnages, donne des conseils.

Avez-vous déjà en tête le thème de votre prochain livre ?

Il s’agira sans doute de mes mémoires, que je voudrais aborder de plusieurs façons, puisque j’ai eu la chance de vivre un certain nombre d’activités différentes. Je pense écrire cela thème par thème, même si tout se mêle : par exemple la langue française (du premier dictionnaire à la télé avec Philippe Geluck), l’audiovisuel (son évolution depuis la télé noir et blanc interdite chez moi jusqu’aux tablettes), la religion, la société, l’amour, le sexe, etc. Ou bien des chapitres ou peut-être si j’ai assez d’inspiration des volumes différents…

Quel est le dernier livre que vous ayez lu ?

Un policier, ce qui est rare pour moi : Tiré à quatre épingles de Pascal Marmet. On a vraiment envie de connaître la clé de l’énigme ! Les personnages sont pittoresques à souhait, le style parfait, on a même droit à quelques mots que je ne connaissais pas ! (Oriel, banche, thérémine)… un vrai polar. Mais c’était pour les vacances ! A présent, je me lance dans des essais sur la vie après la mort…

http://ikor.over-blog.com/2014/06/qui-est-jacques-mercier.html

https://www.amazon.fr/Ma%C3%AEtre-Gustave-Jacques-Mercier-ebook/dp/B01KBZM6NW/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1472195408&sr=1-1&keywords=maitre+gustave

http://www.editions-academia.be/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=50289

regard

Le réel et l’imaginaire !

Voici mon dernier coup de coeur pour les créations d’un peintre de chez nous : Dan Bonet. J’ai écrit le texte ci-dessous pour son dossier artistique. Son univers est très intéressant, merci de le découvrir ! (L’illustration est le tableau appelé « Dolmen ».)

Le réel et l’imaginaire

Tout est image, spectacle, reproduction aujourd’hui. Encore faut-il découvrir la manière la plus profonde et la plus vraie de nous montrer le monde. Dan Bonet est un artiste qui a réussi à transmettre sa vision des choses. On voit, on perçoit, on ressent.

Que ses recherches picturales trouvent leur origine dans la photographie ne nous étonne pas, mais il déclare aussi son besoin « de créer des mondes de plus en plus abstraits ». C’est notre environnement le plus proche qu’on découvre dans ses paysages urbains, des fils électriques au-dessus des rues, de la grisaille des immeubles jusqu’à tout ce qui existe « de l’autre côté » ou « Vu d’en face ». (Oh, ce remarquable « Dolmen » !)

La série des « Ombres » illustre aussi les apparences et la réalité, la lourdeur du réel et la spiritualité. Tout ce qui se cache dans nos âmes est suggérée par l’artiste.

La distance ironique effleure aussi ça et là, pour ne pas se prendre trop au sérieux, pour ne pas devenir pessimiste devant le décor de nos vies quotidiennes. Tel le magnifique « Je vous en prie, asseyez-vous ! », peint dans des teintes plus chaudes.

Dan Bonet crée un univers personnel, c’est la raison d’être d’un artiste. Il fait émerger du chaos des nouveaux mondes en devenir, selon ses propres termes. Mais, bien mieux, il nous invite à y pénétrer pour goûter aux saveurs inédites des fruits de ses jardins secrets.

www.danbonet.com

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Notes de vacances

Pour vous, je recopie quelques notes de mon « mémo » du téléphone, de l’ipad ou de mon calepin (j’adore le mot) ! Au hasard des pages et sans lien entre elles, si ce n’est que cela me traversait l’esprit…

Tout est devenu « haute » : la haute sécurité, sous haute tension, sous haute surveillance… Pour mieux nous rassurer sans doute.

Chez l’hippocampe, c’est le mâle qui porte le bébé ! J’ai toujours adoré cet animal, ce cheval qui nage contre toute attente. Il continue à me surprendre.

Le ver de terre : on en trouve de 1 à 3 tonnes dans une prairie moyenne. Le poids total des vers de terre est 20 fois supérieur au poids de l’espèce humaine sur la planète.

La surprise d’entendre parfois des expressions désuètes, mais si belles, comme cette phrase de Vincent Dewolf qui dit : « Sous la présidence de votre serviteur » ! Bientôt le retour de « Nous vous savons gré de », « A telle enseigne », etc.

L’intelligence collective est plus importante que la pensée individuelle, déclare Émile Sevran-Schreiber. Est-ce juste ? Dans la même émission, il prédit que le Brexit ne passera pas !

Ces Parisiennes qui parlent toutes avec une voix haut perchée et nasillarde.

Ah, ces diminutifs, ces raccourcis : la sécu, perso, un péno (penalty), un tuto…

Dans la musique, on oublie aujourd’hui – et depuis quelques décennies – que c’est la mélodie qui importe et pas le rythme. Celui-ci rassemble, hypnotise, nous manipule.

Voilà une avancée technologique faite pour moi : les oreillettes de traduction simultanée !

Une des rares chansons sur l’orthographe : « En relisant ta lettre » de Serge Gainsbourg. Une petite merveille ! La grammaire relève de la mémoire, l’orthographe de la politesse.

Peut-être allez-vous acquérir « Maître Gustave » et « L’année 13 » mis en vente numérique Kindle sur Amazon. Je viens de télécharger « La chute d’un ange », un ouvrage incroyable en vers de Alphonse de Lamartine !

Le guano est un mot que j’ai découvert dans un Tintin de Hergé. C’est bien l’engrais à base d’excréments d’oiseaux de mer. Je viens de l’entendre dans une conversation avec un marin.

Dans une émission qui lui est consacrée, Philippe Geluck avoue qu’à Paris, il a l’impression d’être une plante rempotée. Il explique très bien être un entrepreneur plutôt qu’un homme d’affaires. On confond souvent les deux !

Je compte le nombre de fois que dans les JT on parle du « risque zéro » et combien de fois les personnes interrogées dans la rue ne terminent pas leur phrase, mais concluent par un « Voilà ! »

Penser à écrire une liste des mots que j’aime pour eux-mêmes : balsamique, lalique, charmille, etc.

Hippocampe