La beauté des chevaux

Un proverbe indien dit que les « chevaux sont des créatures mystérieuses ou divines ». On ne peut nier leur beauté.

Quand les êtres humains s’associent aux mouvements des chevaux, en exerçant la voltige, par exemple (qui est devenue un sport à part entière et plus seulement un art du spectacle depuis peu), ou le saut d’obstacles, l’harmonie est magnifique.

Pour ma part, cela fait quelques mois que je peux admirer le travail d’initiation dans un manège proche (Une de mes petites-filles s’y retrouve chaque samedi*) et je m’émerveille de l’élégance des animaux, de la persévérance enthousiaste des enfants et de la patience merveilleuse des moniteurs et monitrices (Comme Loan et Stéphanie*). (Il se fait que c’est le manège « Cour au Bois », où je conduisais parfois ma propre fille et ses copines. Et Catherine (avec Miguel*) est toujours la même patronne, précieuse et performante, des lieux !)

Pour les encourager (et pour découvrir les lieux verdoyants : écuries, manège, etc.), j’espère que nous serons nombreux à nous rendre ce samedi 24 juin à cette « Cour au bois » en fête. Dès 10 heures, s’ouvre une brocante équestre et dès 14 heures une démonstration équestre. Bien sûr il y a un bar et une restauration. Le temps semble être moins chaud ce samedi et c’est une chance.

Les coordonnées sont : Rue Cour au Bois, 14 – 1440 Braine-le-Château. (Près de la bretelle de l’autoroute sortie Wauthier-Braine). Tel : 03.366.90.96 – couraubois@skynet.be

10 juin 17 C

Catherine et Miguel

Je pense à toi tout le temps

Ce matin, en relisant mes notes, je retrouve cet extrait du livre de Frédéric Beigbeder, en 2012, et qui dit si justement le « mal » amoureux ! (Mais je ne suis évidemment – et ma vie le prouve – pas d’accord avec le titre de l’ouvrage)

« Je pense à toi tout le temps. Je pense à toi le matin, en marchant dans le froid. Je fais exprès de marcher lentement pour pouvoir penser à toi plus longtemps.

Je pense à toi le soir, quand tu me manques au milieu des fêtes, où je me saoule pour penser à autre chose qu’à toi, avec l’effet contraire.

Je pense à toi quand je te vois et aussi quand je ne te vois pas. J’aimerais tant faire autre chose que penser à toi mais je n’y arrive pas. Si tu connais un truc pour t’oublier, fais le moi savoir. Je viens de passer le pire week-end de ma vie. Jamais personne ne m’a manqué comme ça.

Sans toi, ma vie est une salle d’attente. Qu’y a-t-il de plus affreux qu’une salle d’attente d’hôpital, avec son éclairage au néon et le linoléum par terre ? Est-ce humain de me faire ça ? En plus, dans ma salle d’attente, je suis seul, il n’y a pas d’autres blessés graves avec du sang qui coule pour me rassurer, ni de magazines sur une table basse pour me distraire, ni de distributeurs de tickets numérotés pour espérer que mon attente prendra fin. J’ai très mal au ventre et personne ne me soigne.

Être amoureux c’est cela : un mal de ventre dont le seul remède, c’est toi. J’ignorais que ton prénom prendrait tant de place dans ma vie. »

{ Extrait de « L’Amour dure trois ans » }

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Les glycines du jardin

Comme en ce moment, une superbe glycine finit sa floraison au bord de mon jardin, je me suis souvenu de celle qui ornait la véranda dans ma maison natale. Et de cette anecdote :

« Pour une fête scolaire, le professeur de cinquième primaire essayait de mettre tous les enfants à contribution. Nous allions monter une saynète sur la scène du théâtre du collège.

  • Qui peut apporter un long manteau ?

Ceux qui le pouvaient levaient la main et l’instituteur choisissait.

  • Il me faut aussi une pile de journaux, qui s’en occuperait ?

Finalement, je ne trouvais pas grand-chose à faire, lorsque la question fut :

  • Qui a une glycine dans son jardin ?

Je levai enfin la main, content de participer à mon tour. Nous possédions une glycine qui couvrait une partie de la terrasse.

  • Alors, Mercier (on nous appelait par nos noms de famille, je l’avais presque oublié !), tu nous apportes quelques branches ?

Tout fier de ma contribution, je demandai donc à mon père de couper quelques branches pour apporter à la fête de l’école. Le jour dit il me remit un fagot de branches de glycines entouré d’une grosse ficelle. Tout heureux, je le remis au professeur qui me demanda ce que c’était. Quand il avait parlé de glycine, il voyait la verdure de la plante qui servirait à masquer le bord de la scène près des feux de la rampe. Or, je ne l’avais pas compris et mon père non plus, qui avait dépouillé consciencieusement les branches de leurs feuilles ! Mon professeur jeta mon apport dans un coin et ne s’en occupa plus. Le soir, à mon père qui demandait des nouvelles des branches, je n’ai pas voulu raconter la vérité. Je ne voulais pas l’attrister. »

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Seins nus

Nous évoquions il y a peu, Armelle et moi, les nombreux souvenirs partagés (Je passerai dans une émission qui lui est consacrée le samedi 24 juin à 17h55 : « Mon plat préféré », que vous adorerez!), surtout ceux de Forts en Tête et de Bonnie and Clyde. Et pas seulement les fous rires !

Dans mes « Mémoires », je vous raconterai de long en large les aventures et parfois les mésaventures qui nous sont arrivées. L’une d’entre elles m’a rappelé une rencontre (mais en radio cette fois) avec la chanteuse québécoise Diane Dufresne. C’était la grande époque du Québec « libre » et du militantisme des francophones du Canada. Elle s’est présentée dans mon studio les seins nus. Je ne m’en suis pas aperçu tout de suite, car elle avait fait peindre sur sa poitrine un drapeau québecois bleu avec les fleurs de lys. Il a fallu que je me concentre durant l’interview… !

Alors que dans Bonnie and Clyde nous recevions toutes sortes d’artistes, certains soirs étaient plus spéciaux que d’autres… J’ai retrouvé une photo de 2012. J’y prends la pose entre trois superbes jeunes filles adeptes du Body Painting. Les moeurs évoluent et c’est encore plus fort que Diane !

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Les odeurs de l’enfance

Il est ainsi des odeurs parfois ravivées et qui nous font remonter à l’enfance. Des odeurs, pas seulement des parfums. Oui, bien sûr, la glycine sur la terrasse et les thuyas sont de superbes senteurs. Mais…

Par exemple, l’odeur âcre du fer rouillé. Elle était liée à une petite cave de la maison familiale, celle où d’une part était versé le charbon par le soupirail et d’autre part étaient rangées les boîtes de clous, de vis, d’écrous.

L’odeur du « savon noir » utilisé pour le nettoyage du trottoir, le plus souvent le vendredi matin ; une odeur que je sentais sur le chemin de l’école, mais aussi devant chez moi, lorsque j’avais congé. Je me souviens d’une indignation de ma mère, assez bourgeoise, qui nettoyait les pavés et qu’un livreur avait pris naturellement pour la femme de ménage !

L’odeur des mandarines (on n’en recevait peu à d’autres périodes de l’année) sur les assiettes le matin de la Saint-Nicolas. Même si l’on y trouvait des pépins, son acidité était plus douce dans la bouche et dans les narines.

L’odeur (le parfum) des feux de feuilles et de branchages dans les jardins.

L’odeur des feuilles séchées d’eucalyptus, que l’instituteur avait brûlées dans une vasque un matin pour assainir l’atmosphère.

L’odeur du désinfectant (créoline) que les chefs venaient verser dans les « feuillées » des camps scouts.

L’odeur provenant certains jours d’une savonnerie de la rue voisine (Tranoy), qui ne ressemblait à rien d’autre et écœurait très vite.

L’odeur des épices (je ne connaissais pas encore les noms, mais les couleurs étaient belles : jaune, rouge, brun, beige…) entreposées dans des hautes boites rouges à couvercles dans l’épicerie Malfait qui s’ouvrait au coin de la rue de l’école. Un mélange d’odeurs sucrées, salées, inédites.

« L’argent n’a pas d’odeur, mais la pauvreté en a une » écrit Paul Léautaud !

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Mireille Darc… en 1967 !

Au fil de l’écriture (difficile) de mes « Mémoires », je retrouve aussi des photos. Ainsi, celles prises en 1967 à Paris, où j’avais organisé une « expédition » pour rencontrer un maximum d’artistes… sans me rendre compte du temps qu’il fallait – déjà à l’époque – pour se rendre d’un endroit à un autre. Nous avions commencé la journée par Joe Dassin, ensuite…

« A Paris, nous sommes déjà en retard à notre deuxième rendez-vous. On a cherché son nom sous les boutons de sonnette : Mireille Darc. Sa voix nous répondit de monter à son appartement. On s’est regardés, Claude et moi : « C’est aussi simple que ça ? Même pour une star de cinéma comme elle ? »

Elle était à la fois gentille et époustouflante. Pour nous, elle venait d’incarner la libération sexuelle dans Galia de Georges Lautner. Pour un jaloux comme moi, c’était un peu flippant, cette jeune femme libre qui changeait d’amant comme bon lui semblait. Elle venait aussi de tourner avec Michel Serrault et Louis de Funès, mais n’était pas encore La grande Sauterelle de l’année suivante et n’avait pas encore montré sa chute de reins vertigineuse du Grand blond avec une chaussure noire, six ans plus tard.

Tandis qu’une grande assistante nous servait un café et nous observait, Claude enregistra l’interview et je demandai à l’assistante de prendre des photos pour le service de presse de la radio. Claude était assez « rentre-dedans » et j’essayais de modérer ses propos. C’était ainsi que fonctionnait notre duo. Je l’entendais dire, par exemple : « Une vedette comme vous, vivre dans un aussi petit appartement, c’est étonnant ! » et j’étais mal à l’aise. Nous ignorions les subtilités du cours de l’immobilier.

Une fois sortis, comme il y avait un fleuriste à deux pas, je voulus absolument lui faire porter un bouquet de roses en guise de remerciement. Ce qui nous valut quelques jours plus tard, un merci de sa part cette fois. Elle nous envoya une jolie carte écrite de sa main et nous en fûmes très fiers ; cela prouvait aussi qu’aucun propos n’avait été mal pris. »

Les proverbes mentent

Depuis toujours, je pense que beaucoup de proverbes, de sentences sont contraires à la vérité. Mais comme je suis à nouveau plongé dans les expressions de la langue française, cela me frappe encore plus qu’avant. Je ne vous donne que quelques exemples :

« Il n’y a que la vérité qui blesse »

C’est surtout le mensonge qui blesse, non ? On disait cela quand on disait à notre propos quelque chose de faux. « Monsieur, c’est lui qui a crié ! » Or, quand ce n’était pas moi, je rougissais sous le coup de l’émotion. Ce n’était pas la vérité qui me blessait !

« Une (un) de perdue, dix de retrouvé(e)s ! »

Une phrase censée consoler celui (ou celle) qui est victime d’une rupture et se retrouve seul(e). Vous savez bien que dans l’état de chagrin où cette situation nous met, ce ne sont pas dix nouveaux (ou nouvelles) personnes qui vont se présenter à nous ! Il faudra le temps d’oublier un peu, d’avoir le moral et de respirer une nouvelle envie de vivre et de partager. Ce qui est vrai : quand on est mal assortis, il vaut mieux se séparer et trouver quelqu’un d’autre.

« Bien mal acquis ne profite jamais »

C’est le « jamais » qui m’ennuie ici. On a des tas d’exemples où le profit mal acquis profite. Bien des grosses fortunes se sont faites sur le dos de la souffrance d’autrui, non ? Quant à un bien volé, imaginons un vélo, pourquoi ne profiterait-il jamais à celui qui l’a retapé, repeint et qui s’en sert pour aller faire ses courses ?

Si cela vous amuse, vous pouvez continuer ce jeu avec d’autres proverbes. En voici quelques-uns de la même eau :

« C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe ! »

« Faute avouée, à moitié pardonnée »

« Il n’est point de sot métier »

« Il n’y a que le premier pas qui coûte »

« Rien de nouveau sous le soleil »

« Jamais deux sans trois »

« Chien qui aboie ne mord pas »

Et j’en passe et des meilleurs (vous le saviez que « meilleurs » dans ce cas est au masculin?)

Vive la langue française !

(Avez-vous été visiter mon site renouvelé ? http://www.jacquesmercier.be )

Polarwolf

Oublier le triste spectacle

Quand le spectacle d’une certaine vie (politique, par exemple) en arrive à m’exaspérer, je relis les notes recueillies dans les livres des philosophes.

Rien de tel que la distance, qu’un peu d’éloignement, pour ne pas se laisser prendre aux aventures sordides, aux détails superficiels et futiles, tous les jours alimentés par les médias « d’info continue », qui s’en repaissent.

Louis Lavelle parvient toujours à m’élever l’esprit. C’est comme un rafraîchissement par temps d’orage. D’un côté la lourdeur des déclarations devant les caméras, de l’autre la légèreté spirituelle.

Que dit-il de notre démarche sur la Terre ? « On traverse l’existence pour accéder à l’essence ; s’approprier soi-même, devenir soi-même. »

Cela se fait en deux temps, c’est tout simple :

Premier temps : Se mettre dans l’existence, trouver sa place.

Deuxième temps : Faire ce que nous devons accomplir.

Voilà, c’est fait ! Oubliés les bilans chiffrés des victimes d’attentat, les tirs nucléaires, les insultes et les menaces de plaintes pour insultes publiques ou les poignées de main des faux durs dans la cour de l’école !

Devenir soi-même pour aimer. Une pensée légère et jolie…

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Le mot de l’année

« Renouvellement » et « renouveau » sont les « mots de l’année »,  !

C’est ce qui ressort d’une part d’un vote effectué par plus de 130.000 internautes dans le cadre du Festival du Mot, qui se déroule pour la 13e fois à Charité-sur-Loire, en France. (Il a devancé « populisme » et « brexit ».)

D’autre part, un jury de journalistes, d’écrivains et de spécialistes de la langue française a jugé que « renouveau » avait un parfum politique un peu suranné et que « renouvellement » pouvait sans doute conduire à un vrai renouveau de la démocratie, a justifié le politologue Roland Cayrol, aussi bien inspiré que sur les plateaux des chaînes d’info.

Il est intéressant de retrouver les « mots » des années précédentes : (le premier par le public, le second par le jury)

2014 : Selfie et transition

2015 : Liberté d’expression et laïcité

2016 : Réfugié (choisi par le public et le jury)

2017 : Renouveau et renouvellement

Quelques phrases sur le renouvellement ?

« Rien ne dure, si ce n’est le renouvellement de nos regards en soi, sur le monde, sur autrui » (Hafid Aggoune)

« Le bonheur est toujours une quête à renouveler » (Michel Piccoli)

« Il faut à l’amitié six mois de congé par an pour renouveler son répertoire. L’amour devrait en faire autant » (Jules Renard)

Et puis, dans Le temps retrouvé, Marcel Proust écrit de si belle façon (admirons la belle et longue phrase, si loin du temps accéléré d’aujourd’hui) :

« Oui, si le souvenir grâce à l’oubli, n’a pu contracter aucun lien, jeter aucun chaînon entre lui et la minute présente, s’il est resté à sa place, à sa date, s’il a gardé ses distances, son isolement dans le creux d’une vallée, où à la pointe d’un sommet, il nous fait tout à coup respirer un air nouveau, précisément parce que c’est un air qu’on a respiré autrefois, cet air plus pur que les poètes ont vainement essayé de faire régner dans le Paradis et qui ne pourrait donner cette sensation profonde de renouvellement que s’il avait été respiré déjà, car les vrais paradis sont les paradis qu’on a perdus. »

N.B : La nouvelle orthographe suggère « renouvèlement ».

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