Brel !

Alors que je réécoutais plutôt l’extraordinaire « Orly » sur l’album de Brel (et pas une chanson que je n’ai jamais voulu programmer sur antenne…), voici que Frédéric Marotta m’envoie un délicieux livre consacré aux textes de Jacques Brel. « Brel, poète de l’intemporel » aux éditions Les presses du midi, en France. Voici un extrait de ce que j’ai publié sur le site http://www.lireestunplaisir.be :

C’est en poète que Frédéric Marotta aborde l’oeuvre de Jacques Brel. Il est certain que Brel n’a jamais voulu qu’on le qualifie de poète (ni Brassens, par ailleurs), laissant cette appellation aux poètes littéraires ; sans doute une question de génération. Car « poète de l’intemporel », il l’est assurément et l’auteur en fait une belle démonstration.

Son résumé biographique commence avec l’explication de toute une vie : « Jacques Brel aura toute sa vie le sentiment de ne pas avoir eu d’enfance. »

Dans le chapitre « L’amour », Marotta écrit : « La femme est, dès le début, un horizon, un repère, un but de « voyage », une raison de se dépasser. Brel est comme Roméo, ce héros tragique de Shakespeare, il est un « amoureux de l’amour ». J’aime beaucoup son analyse des textes selon le feu, la terre et le ciel. Et enfin cette déclaration de Brel lui-même : « Je crois que ce que j’appelle amour dans mes chansons est, en réalité, de la tendresse. »

Dans « L’amitié », l’auteur redit combien celle-ci était importante pour l’artiste. « En définitive, Jacques Brel n’a vécu qu’en donnant, en s’offrant, en se dépassant « pour » et « par » amour. »

Après « La mort », nous trouvons – textes à l’appui – la comparaison de Brel et de Don Quichotte. « Il en a l’étoffe et le rêve, le physique aussi, il en a toute la folie et la démesure. » Et relire « Rêver un impossible rêve… » de « La Quête » est encore un bonheur, dès années plus tard.

Nous avons ici un livre subjectif et pourtant précis, lisible et sérieux, poétique et documenté. Dans la préface, Nara Noïan, qui a chanté Brel, écrit : « La poésie musicale et subtile, la « prose crue », la réalité amère sans fioritures comme Camus dans la littérature ». C’est on ne peut plus juste !

Tout Brel, et ce livre, nous ramène à l’amour, ce que confirme l’auteur dans la dernière page de l’essai : « L’énergie d’amour demeure la pierre angulaire à l’évolution de l’être humain sur toute la planète ».

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Le génie des enfants

Comme tous les parents, et encore plus comme tous les grands-parents, je suis touché par les dessins, souvent dédicacés lors des fêtes, que nous recevons des plus jeunes de la famille.

On les garde, on les regarde. Ce sont des moments de création et d’émotion ; parfois les premiers gribouillis, parfois la représentation qu’ils se font de nous.

Je voudrais partager avec vous le dernier dessin reçu d’une de mes petites-filles (Elle) qui a 12 ans. Une vraie composition artistique, cette fois. Nous allons l’encadrer ! (Comme d’autres, pas de jalousie à avoir, les enfants ont tous du génie !)

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Une littérature européenne ?

« Existe-t-il une littérature européenne ? » est une excellente et pertinente question posée par l’auteur de l’essai, Richard Miller. Il y répond de manière claire, intelligente et détaillée. Un livre qui fait aussi référence à de nombreux autres ouvrages ; ce qui nous donne autant de pistes pour prolonger la lecture par d’autres réflexions.

L’ « Avant-dire » (préféré à préface) de Jacques De Decker définit l’auteur comme « batailleur de mots, d’idées et de combats politiques ».

L’auteur est homme politique et docteur en philosophie de l’Université libre de Bruxelles. On luit doit une quinzaine de livres, beaucoup traitant de la liberté et du libéralisme.

L’ayant croisé lorsqu’il fut Ministre de la Culture (entre 2000 et 2003), je connaissais son intérêt pour la littérature et aussi pour les mots. « Les mots sont comme semblables à des pierres polies par le temps, sortes de galets façonnés par les vents et les vagues. » dit-il.

Ce qu’il écrit ici sur les mots est captivant. Quelques exemples :

« Les mots sont toujours un « terrain d’entente » (dans tous les sens du mot « entente ») : pour que l’on puisse s’entendre. Il faut que l’on accepte de part et d’autre d’appeler les mêmes choses par les mêmes mots, c’est-à-dire par les mêmes sons ayant le même sens. »

Ou encore à propos de ce sujet qui m’a toujours intéressé, jouant des mots dans les médias : « Un échange se joue entre la langue parlée et la langue littéraire, entre la langue et la littérature. L’écrit littéraire affermit la langue et façonne les mots. Écrire confère une solidité qui permettra des lectures nouvelles, des utilisations inédites, des audaces, des accouplements, des créations riches de sens nouveaux. »

Il est longuement question aussi des mots et de la littérature.

« La littérature, ce sont des rencontres. Des rencontres, par les flux des mots, entre des devenirs individuels. » et « La réalité pour nous n’existe que d’être racontée. »

Mais Richard Miller expose tout d’abord ce qu’est notre civilisation européenne, avec Athènes, Rome, Jérusalem et puis la démocratie et les Lumières. L’esprit européen c’est le souci de la dignité humaine.

La constatation suivante ne nous est pas toujours présente à l’esprit :

« A la différence d’autres ensembles politico-culturels comme l’Inde, la Chine, le Japon et la culture arabe (ensuite islamique), les textes fondateurs européens sont des traductions. »

Et puis la grande affaire de l’amour est abordée :

« L’amour dans tous les sens est une seule et même histoire que l’on ne cesse, depuis le début et jusqu’à notre temps, de raconter. »

« Être à la hauteur de la rencontre amoureuse, toute la littérature nous le donne à lire, à entendre et à comprendre : c’est accepter l’abandon de soi à l’autre. Avec risques et périls, il est vrai. »

Si je n’avais qu’une seule réflexion à retenir dans tout cet ouvrage qui en foisonne, c’est celle-ci : « Suis-je digne de cette force de vie qui est en moi ? »

Un dernier mot : parmi les nombreuses références, je constate avec plaisir que l’auteur a lu avec attention « Sapiens » de Harari, que je vous conseille de toute urgence… après la lecture de cet essai !

Jacques Mercier

« Existe-t-il une littérature européenne ? » – Avant-dire de Jacques De Decker – Richard Miller – Ed. Académie royale de Belgique, collections L’Académie en poche. 2017 – 144 pp. 7 euros. Www.academie-editions.be

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Ce texte vient de paraître dans « Lire est un plaisir », cliquer à droite sur ma photo. http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/

15 jours de bonheur !

Le bonheur accélère le temps ! Voilà quinze jours intenses, variés, excitants, passionnants qui ont passé sans que je m’en rende compte. Quelques jours de répétitions dans la salle philharmonique de Liège, quatre représentations en public sur place (deux générales avec les enfants des écoles), ensuite l’immense salle Henry Leboeuf de Bozar à Bruxelles, le PBA de Charleroi, le Palace d’Ath et le Théâtre royal de Namur, dimanche dernier.

J’ai donc vécu une quinzaine de jours dans le rôle mythique (après Gérard Philipe, Jacques Brel et bien d’autres) du narrateur du conte musical Pierre et le Loup. La proposition des Jeunesses Musicales m’est arrivée sans que je m’y attende et sans doute l’intensité du bonheur n’en est-elle que plus grande.

Que vous dire sinon évoquer quelques moments (sans vouloir tout englober, tout expliquer) des sensations, des souvenirs, des plaisirs. (Et j’ajouterai quelques photos ci-dessous)

La grande complicité avec l’orchestre philharmonique royal de Liège et avec son chef, Jean-Pierre Haecq : tout l’orchestre mimant les ailes de l’oiseau avec les enfants dans la salle ! Jean-Pierre Haecq jouant le matou avec des oreilles de chat !

Bien sûr : la qualité de ce grand orchestre (à la portée des enfants), la chaleur et l’âme de la musique si bien transmises au public.

La mise en scène nouvelle et surprenante parfois de Bruno Coppens : me demander de me mettre en pyjama et en bonnet de nuit pour m’installer dans un lit de grand-père, que je suis, pour lire l’histoire à l’ancienne ! Et ça a fait vraiment rire tous les enfants et les autres !

L’accueil de l’équipe des Jeunesses Musicales (leurs encouragements, leurs mails, leurs sms, leurs coups de fil, leurs invitations autour d’un verre), de la Philharmonie, des salles où j’ai joué (toujours des personnes souriantes prêtes à m’aider dans le dédale des coulisses) : ce lieu de concentration qu’est la loge juste avant qu’on ne vienne me chercher : « Dans deux minutes, on commence ! », le cœur qui bat plus vite. Pas de trac, car c’est l’inconnu qui nous l’injecte et ici, tout était prêt, en place, parfait.

Et les publics ! Comment ne pas être ému aux larmes en repensant à leurs sourires, leurs réponses, leurs rires, au cours du spectacle ; mais aussi leur attente pour faire un selfie après le spectacle, pour venir me dire qu’ils n’avaient pas eu peur du loup, me demander si je n’avais pas eu trop chaud dans mon lit ou me dire que leur papa écoutait le Jeu des Dictionnaires !

Comment ne pas espérer qu’ils aimeront les créations artistiques tout au long de leur vie qui s’ouvre devant eux ?

Je pense aussi aux adultes qui retrouvaient avec émotion des souvenirs d’enfance et qui partageaient le plaisir des enfants qu’ils accompagnaient…

Je suis donc très heureux de cette expérience artistique dans le monde de la musique classique (remarquez que ce fut dans ce monde-là, avec un opéra pour enfants de Britten « L’arche de Noé » que j’ai fait une première apparition sur scène : j’y tenais le rôle de Dieu!)

Et pour perpétuer ce bonheur, d’autres se présentent à moi, dont je vous reparlerai. Un projet magnifique, dont s’occupe pour le moment une équipe de création artistique. La vie est très belle !

Voici le lien pour les activités des Jeunesses Musicales et leurs spectacles futurs pour les enfants.

https://jeunessesmusicales.be/

répét avec orchestre

« Rosa » de Marcel Sel : meilleur premier roman !

« Rosa » de Marcel Sel (OnLit édition) a été élu le meilleur premier roman belge. L’auteur s’est défendu avec humour de cette appellation car il existe évidemment beaucoup de « meilleur premier roman » ! Comme parrain (après Luc Baba, Patrick Poivre d’Arvor ou Valérie Trierweiler!), j’ai eu l’honneur de remettre le prix Saga Café, du nom du café liégeois, place des Carmes, qui se fait l’équivalent d’année en année du Café de Flore parisien.

En 2010, le Saga café lance son propre prix littéraire à l’initiative de Daniel Salvatore-Schiffer, homme de lettres liégeois et professeur de philosophie de l’art à l’Académie royale des Beaux-Arts de Liège. L’idée séduit le patron du Saga café, Claudio Caridi. C’est donc de cette rencontre entre un lieu et deux hommes que naît ce prix littéraire Saga café, récompensant un premier roman belge francophone publié dans le courant de l’année écoulée jusqu’à la fin du deuxième trimestre de l’année en cours.

Ce prix littéraire a pour ambition de donner un “coup de pouce”, une reconnaissance médiatique encourageante ainsi qu’une vitrine sympathique à de nouveaux talents de la littérature belge de langue française.

J’étais heureux pour plusieurs raisons. J’avais dans « Lire est un plaisir » souligné combien c’était un « très grand livre» !

« Un grand livre ! Un de ceux qu’on attend – souvent trop longtemps – quand on aime lire et écrire ! « Rosa » de Marcel Sel est la révélation d’un nouveau et talentueux romancier. On connaissait déjà l’essayiste ou blogueur (Blog de Sel), voici le narrateur, le scrutateur de l’âme humaine et des sociétés où elle évolue. Chez cet habitué des réseaux sociaux, nous trouvons évidemment des phrases courtes, efficaces, justes et belles. » Etc.

http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/archive/2017/02/27/rosa-un-tres-grand-livre-8698330.html

Autre raison, celle de cette cérémonie sympathique et sérieuse, comme les Liégeois peuvent la faire… C’est la huitième année que ce prix littéraire est remis et le jury était présidé par Irène Stecyk. Aux tables, on reconnaissait le bourgmestre Willy Demeyer (qui clique chaque matin sur ma phrase des réseaux sociaux), Bernard Gheur, Arlette Bayers, la fondatrice de ce prix, Régine Kerzmann, et bien d’autres.

Innovation : un prix littéraire des jeunes, en association avec Richelieu Charlemagne et les élèves de l’Athénée royal Charles-Rogier. Il a été remis à Jean-Marc Ceci pour « Monsieur Origami » (Gallimard) (superbe livre de retenue et de silence).

Voici le reportage de RTC

https://www.rtc.be/marcel_sel_laureat_du_prix_saga_celui_du_premier_roman_belge-1496570-999-325.html

(Ci-dessous un selfie avec les deux auteurs primés!)

Saga selfie

sel mercier prix saga

Le grand bonheur de jouer !

Que vous dire du bonheur inédit que je vis en ce moment dans les représentations de Pierre et le Loup, ce classique pour enfants de Prokofiev  proposé par l’OPE (l’orchestre à la portée des enfants) ?

La jouissance d’être sur scène avec les musiciens tellement pro et amicaux de l’Orchestre philharmonique royal de Liège, avec Jean-Pierre Haeck, qui s’amuse à entrer dans mon jeu, complice et talentueux, avec toute une équipe au service de la qualité du spectacle… (son, lumière, mise en place, régie, etc. Nicolas, Robert, Satu, Hristina, Luc…)

Le plaisir d’être mis en scène par Bruno Coppens, que j’ai tant de fois présenté comme le successeur de Raymond Devos dans Le Jeu des Dictionnaires, et qui a bien compris comment me rendre le plus naturel possible dans ce rôle de grand-père narrateur…

L’étonnement d’être ainsi accueilli, à ce moment de ma vie, par les responsables des Jeunesses Musicales (Michel Schoonbroodt et Bérengère Cornez), de la Philharmonique de Liège (Daniel Weissmann), de tous les lieux où l’on joue ; étonnement et émotion de voir les traces magiques laissées par mes activités culturelles (et souriantes)… (Et ce n’est pas fini!)

Bien sûr, l’essentiel : le grand bonheur de voir, d’entendre les réactions des enfants et des parents. Nous retrouvons tous notre sensibilité de l’enfance et je suis sûr que l’histoire, la musique, les dessins, la mise en scène marqueront d’une façon heureuse le cours de leurs pensées…

Parfois ce conte musical ravive des émotions et de les partager avec ses propres petits-enfants, par exemple, les rend encore plus intenses (N’est-ce pas, Philippe G. ?)

Merci pour toutes vos réactions, écrites ou de vive voix, personnelles ou sur mes réseaux, sachez que vraiment je les savoure avec émotion.

Il me semble que les représentations du prochain WE sont «à bureaux fermés » (Sold-out ! Mdr) soit au Palace de Ath, samedi et au Théâtre royal de Namur, dimanche, à 16h. Mais on ne sait jamais ?

Quant à la représentation ce mercredi 25 octobre à 16 h dans la magnifique grande salle du Palais des Beaux-Arts de Charleroi, place du manège, je pense qu’il y a encore quelques bonnes places disponibles sur les 1800 que compte la salle. Il faut réserver au plus vite. Je vous donne le lien ci-dessous pour le faire en ligne.

https://www.jeunessesmusicales.be/charleroimetropole/ope/

Voici une photo prise par une spectatrice à Bruxelles :

Pierre et le Loup 21 oct 2017

Un automne avec Jules Renard (suite et fin)

Le voyage que nous avons effectué ensemble cet été et en ce début d’automne dans le Journal de Jules Renard s’achève ici.

Voici donc les notes que j’ai toujours aimé relire dans cette année 1900.

Merci d’avoir suivi fidèlement cette relecture !

Dans ce blog, je vous raconterai ma prochaine aventure, celle d’être le narrateur de Pierre et le Loup !

1900

8 janvier :

Hiver. Ce soleil glacé dont on ne peut jouir que derrière la fenêtre.

 
11 janvier :

Il n’y a que l’égoïste à souffrir vraiment et tout le temps.

 
13 février :

Claudel déjeune. Il parle du mal que l’affaire Dreyfus nous a fait à l’étranger. Cet homme intelligent, ce poète, sent le prêtre rageur et de sang âcre.

— Mais la tolérance ? lui dis-je.

— Il y a des maisons pour ça, répond-il.

 
30 mai :

Notre âme immortelle, pourquoi ? Et pourquoi pas celle des bêtes ? Quand les deux flammes sont éteintes, quelle différence y a-t-il entre la flamme d’une pauvre chandelle et celle d’une belle lampe au bec compliqué, haute sur tige, et dont l’abat-jour s’écarte comme une jupe ?*

 
3 juin :

On pense à la mort tant qu’on espère y échapper.

 
Le même jour :

Lamartine rêve cinq minutes et il écrit une heure. L’art, c’est le contraire.

 
Le même jour :

Ne pas se lever trop matin : la nature n’est pas prête.

 
16 juin :

Je ne peux pas regarder une feuille d’arbre sans être écrasé par l’univers.

 
24 juillet :

Il y a des heures où il faut chercher tous ses mots dans le dictionnaire.

 
7 octobre :

Chacune de nos œuvres doit être une crise, presque une révolution.

 
20 octobre :

Le temps passe par le trou de l’aiguille des heures.

 
16 novembre :

Lorsque, dans sa journée, un homme a lu un journal, écrit une lettre, et qu’il n’a fait de mal à personne, c’est bien suffisant.

*

flammes journal 11

 

 

 

 

 

Chacun son Chat !

Voici ci-dessous le texte que vous pouvez trouver sur le site littéraire « Lire est un plaisir » (sur lequel, régulièrement, j’évoque mes lectures – il suffit de cliquer sur ma photo à droite) à propos du dernier album fabuleux de Philippe Geluck, album que j’ai savouré hier soir…

Ce que je pourrais vous dire d’enthousiasmant pourrait vous paraître exagéré, puisque Philippe Geluck est mon ami, et pourtant ce nouvel album du Chat (le 21e!) « Chacun son Chat » me semble le meilleur, le plus abouti, le plus varié, le plus profond et le plus drôle !

Je pourrais analyser et détaller, comme je le faisais quand j’interviewais Philippe sur antenne à pareille occasion, mais je me suis donné le bonheur de ne pas prendre de notes en découvrant hier soir l’album : simplement sourire, rire, réfléchir. Et me dire souvent, comme toujours : « Bigre ! C’est une réflexion drôle d’une telle évidence, j’aurais dû la trouver, mais il trouve ce trait avant nous et c’est ça son génie ! »

Déja la page de titre avec cette déclaration (hommage à Barbara) : « Ma plus belle histoire d’humour… C’est vous ! »

Cette si touchante allusion à Goscinny et Uderzo qui occupe toute la première page : « Nous sommes en 2017 après J.-C. Le monde entier est envahi par une sorte de morosité bien compréhensible. Le monde entier ? Pas vraiment ! Un petit pays résiste encore et toujours à la déprime générale… »

‘Allez !’ (comme on dit trop souvent en télévision pour accélérer artificiellement le rythme d’une émission) allez, encore quelques textes pour vous donner le ton de l’ouvrage (Ils prendront place dans mes phrases très matinales ces jours prochains!):

« Les ennuis de mes amis sont mes ennuis »

« Rien ne sert de courir, surtout si c’est dans le mauvais sens… »

« S’il y a une autre vie après la vie, j’aimerais qu’on m’explique quel est l’intérêt de mourir ? »

Une dernière ?

« Si tu y réfléchis un peu, tu constateras que dans ta vie, tu auras passé plus de temps avec tes lunettes qu’avec tes enfants ! »

Ne ratez pas les ajouts quotidiens de l’Appli Le Chat sur iPhone !

Voici le lien vers le site :

http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/archive/2017/10/10/quel-bonheur-que-la-decouverte-de-chacun-son-chat-de-geluck-8770907.html

chat

Le glamour belge !

« Quand la belgitude fait rimer glamour avec humour », c’est le juste slogan de cette exposition qui vient de s’ouvrir à la Galerie 37, place du Châtelain à Ixelles. Il s’agit de portraits photographiques de personnalités belges réalisés par le photographe Stéphane De Coster  en collaboration artistique avec Céline Verlant.

Évidemment, j’ai retrouvé avec grand plaisir Stéphane De Coster, un fan du Jeu des Dictionnaires de la première heure, encore en public au boulevard Reyers (qui m’avait caricaturé à l’époque), qui a réalisé, par ailleurs, les photos de la couverture de « Toute une vie d’amour » co-écrit avec ma fille Sophie (Académia).

J’ai pu aussi longuement échanger des réflexions sur la création, la communication et les mots avec Céline Verlant qui est l’auteure de toutes les « Chroniques biographiques décalées » associées aux photos de l’exposition. Un très grand talent pour cette bien jolie comédienne et historienne de l’art.

Stéphane m’a demandé d’être le parrain de l’expo et j’ai donc écrit cette préface au magnifique livret qui accompagne la manifestation. L’idée est donc de photographier des Belges connus en noir et blanc, mais avec une corde rouge. Celle-ci est chaque fois insérée différemment dans la composition, mais les relie tous.

Voici mon texte et dessous un compte-rendu de ma présence au vernissage, ainsi que les détails pratiques.

La symbolique de cette création artistique est multiple. Outre le talent de convaincre des personnalités aux agendas surchargés et de leur faire partager le projet, Stéphane De Coster a celui, d’une grande évidence, de la photographie. Ce n’est pas rien : non seulement il faut voir le sujet, mais de plus il faut nous le montrer au-delà des apparences, par un mouvement de son art. Il enlève les masques. 

A propos de cette création, quelques expressions s’imposent à nous : Faire de la corde raide, par exemple. C’est être dans une situation périlleuse qui demande beaucoup d’habileté pour s’en sortir. Mais aussi : Le rouge est mis, qui indique que la création est en cours et ne supporte aucune intrusion. C’est le propre de la concentration d’un artiste au travail. Et enfin : Le fil rouge ! La première trace de son emploi se trouve chez Goethe, en 1809, dans « Les affinités électives ». Toutes les explications de l’expression conviennent à ce travail de Stéphane : C’est l’idée directrice, quelque chose qui donne une cohérence à un ensemble disparate. C’est un élément répétitif, point de repère qui revient régulièrement dans une discussion, un récit, une présentation.
Enfin, puisque l’artiste fit ses premières armes de photographe de coulisses en radio et en télévision pendant les enregistrements du Jeu des Dictionnaires, je suis particulièrement heureux de voir que ce jeune photographe précoce est devenu un grand artiste qui nous impressionne tous !

Cette exposition m’a donné l’occasion de bavarder avec Jean-Michel Saive (Tout de même bien plus grand que moi!), Gérald Watelet (Et notre optimisme en commun), Hervé Meillon (Qui réalise un film sur Brel), Delphine Boël (Avec qui j’avais beaucoup ri au cours d’une soirée chez Philippe Geluck!), François de Brigode (Dont la femme a tant de souvenirs d’enregistrements avec fous rires), Frédéric Dubus (Pour parler du « bon temps »!), Sandra Kim (à qui j’ai enfin expliqué pourquoi j’étais le seul Belge a n’avoir pas aimé qu’elle gagne l’Eurovision), André Lamy (qui me fait rire chaque matin), Lionel Rigolet (pour parler de Comme chez Soi), Richard Ruben (Toujours malicieux), Sandra Zidani (qui avait joué dans une comédie musicale écrite par Christophe, mon fils aîné…)… Sans compter l’occasion de retrouver une équipe de la télé RTBF.

Adresse de l’expo:
Galerie 37
37 place du Châtelain
1050 Bruxelles

Lundi-Mardi-Jeudi-Vendredi-Samedi de 12h30 à 18h30
Mercredi de 12h30 à 20h30.
Fermé le dimanche

Du 7 au 20 octobre

Parking public le plus proche (700m): 7 rue de la bonté 1060 Bruxelles
Transports en commun: Tramway 81 – Bus 54, arrêt TRINITE

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L’automne avec Jules Renard

Nous avons partagé cet été le Journal de Jules Renard ; un fabuleux ouvrage ! Il me reste encore des dizaines de notes ; pourquoi ne pas poursuivre une ou deux fois ?

Voici la seconde moitié des notes que j’ai appréciées dans l’année 1899.

Bon amusement !

1899

1er août :

Si l’on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce en serait la salle d’attente.

 

23 septembre :

Les jardins qui s’éteignent, à l’automne.*

 

17 octobre : (Mon anniversaire, NDLA. Lol)

Les mots sont comme une voûte sur la pensée souterraine.

 

Le même jour :

De tout ce que nous écrivons, la postérité ne retiendra qu’une page, au plus. Je voudrais la lui choisir moi-même.

 

22 décembre :

Je voudrais être vieux et pouvoir regarder une jolie femme sans qu’elle s’imagine que je désire coucher avec elle.

 

26 décembre :

L’ironie ne dessèche pas : elle ne brûle que les mauvaises herbes.

 

28 décembre :

On ne se prépare du bonheur que pour jusqu’au soir ; et il faut recommencer le lendemain, et tous les jours.

*

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