Un monstre sacré : Alice Sapritch

Une page dans mes Mémoires, parmi les personnalités rencontrées dans des circonstances étranges, voici celle d’Alice Sapritch.

« Un autre monstre sacré, au théâtre (Ionesco), à la télévision (Folcoche, la marâtre de Vipère au poing d’après Hervé Bazin) et au cinéma (La folie des grandeurs), qui avait une solide réputation, c’était Alice Sapritch. Je lui avais téléphoné pour qu’elle vienne à Bruxelles et elle m’avait répondu que le mieux était que j’aille lui expliquer tout ça chez elle, lors d’un de mes séjours à Paris.

J’y suis donc allé. Je sonnai à la porte de son appartement et c’est elle qui vint m’ouvrir. Elle, pas vraiment belle, mais dont se dégageait une telle aura de star que cela n’avait aucune importance. Sa voix ! Tout ce qu’elle a incarné comme rôles, de la gloire à l’autodérision, tout cela l’enrobait et la rendait quasi mythique. Le hall d’entrée donnait sur deux portes latérales et au fond sur un très grand living. Nous nous sommes arrêtés à l’entrée de cette pièce. Dans les fauteuils et les divans, de beaux jeunes gens bavardaient. On y servait du thé, des petits fours et on papotait beaucoup. Alors Alice Sapritch se tourna vers moi et dit : « Il y a beaucoup de monde ici, le mieux serait qu’on discute ailleurs. » Elle retourna dans le couloir et ouvrit la porte de sa chambre. A l’intérieur, il n’y avait qu’un très grand lit prenant toute la place. Je me suis entendu lui dire : « Alors c’est vrai ce qu’on raconte sur vous, vous êtes une mangeuse d’hommes et tout le monde passe par votre chambre ! » Elle me regarda un moment sans réagir. Puis, elle éclata de rire et dit : « Allons dans le salon ! » Elle fit déguerpir tous ses invités et nous avons bavardé comme de vieux amis ! Elle est venue ensuite honorer ma demande et nous avons passé quatre heures magiques à l’écouter raconter sur antenne ses souvenirs ! »

sapritch

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5 à 7 le matin…

Quel bonheur de voir réussir l’admirable collection hebdomadaire de nouvelles « Opuscules » lancée par Eric Lamiroy. Chaque vendredi un nouveau texte, ce qui donne un panorama de plus en plus impressionnant de notre littérature ; mais aussi la sensation d’avoir une culture un peu différenciée de nos voisins français. En effet, nous avons, plus qu’eux, un intérêt (jusqu’à présent surtout anglo-saxon) pour ce genre de la « nouvelle », que j’aime appeler dans ce cas de « petit roman ».

Voici un extrait de mon ouvrage paru dans cette collection : « Des matins lumineux », qui se situe après quelques pages et décrit le premier jour de travail matinal de l’animateur de radio, héros de mon histoire et ce qui déclenchera l’intrigue et le suspens.

« Au réveil, j’ai l’agréable sensation d’être seul au monde. Je m’habille en silence. Je prendrai mon café à la radio car mon cœur bat déjà comme si j’en avais bu plusieurs. Dans la rue, quelques rares passants semblent avoir fini leur nuit de travail. Je rentre dans l’immeuble du Studio Babylone, tape le code et descends au sous-sol. Ma sensibilité d’acteur est enchantée par le décor dont la lumière tamisée délimite deux espaces. La technique où l’ingénieur du son s’affaire devant ses écrans et, au fond, « mon » studio. Nous faisons des essais voix, déterminons le volume du casque audio et testons enfin la ligne téléphonique. Le générique de 5 à 7 le matin, une mélodie jouée au sax de jazz, retentit à 5 heures précises. Je trébuche bien sûr sur l’annonce de la première chanson, j’enchaîne avec une citation de Renard « Ne pas se lever trop matin, la nature n’est pas prête » et prends au téléphone un insomniaque un peu bougon. Puis, je donne les prévisions du temps : ce samedi, les températures seront agréables. Seize degrés au lever du jour et jusqu’à vingt-sept dans l’après-midi. Les mois d’été s’annoncent radieux. Déjà très pro, je regarde l’heure sur l’horloge numérique.

5h51.

Le temps s’est soudain arrêté malgré le clignotement rouge des secondes qui s’égrènent. La voix de mon auditrice au bout du fil ressemble à nulle autre : harmonieuse, douce, sensuelle. Elle me désarçonne, je lui fais répéter son prénom : « Inanna ? – Oui, mais on simplifie en disant Nina ! » J’entends jusqu’à son sourire. »

Si vous voulez lire entièrement mon opuscule « Des matins lumineux », et me donner votre commentaire, ce dont je vous remercie déjà… voir : https://lamiroy.net/products/04-des-matins-lumineux

matins

Adieu, France Gall !

Beaucoup de chansons de France Gall accompagnèrent et accompagneront nos vies. La période Berger a sans doute été la plus intéressante. Après l’avoir rencontrée à nos débuts respectifs (en 1964), je l’ai plusieurs fois croisée pour des émissions et même une fois chez elle, où l’interview s’est faite avec Michel. Voici un extrait d’une conférence intitulée  « confidences », une anecdote qui se situe au début des années 70, un souvenir au moment où elle nous quitte à son tour !

Et toujours au cours de cette même période d’excès, j’avais reçu Michel Berger et France Gall. Une émission fabuleuse, avec des chansons en direct autour du piano, France chantant du Bach a capella, et des confidences sur leur vie personnelle. Après l’émission, on continue la conversation avec l’équipe en face du bâtiment de Flagey dans un des bistros de la place. Et on raconte nos vies, en s’offrant des tournées de vin, de bière, etc. Un peu à la fois, les amis partaient et je ne m’en rendais pas compte. Tout-à-coup, je me suis vu de l’extérieur : il était trois heures du matin, en face de moi Michel Berger et France Gall, la tête sur son épaule, m’écoutaient tous les deux raconter mes déboires amoureux ! France disait à Michel : « Il a quand même beaucoup de problèmes, hein, Michel ! » J’avais retourné la situation d’intervieweur en interviewé et c’était un peu lamentable. Je me suis excusé et les ai ramenés à leur hôtel !

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« Les oubliettes », une chanson éternelle…

Quelques rares chansons françaises ont franchi le cap de l’usure du temps, de la mode, du goût ; je m’en rends compte en recherchant dans ma mémoire et dans celle du Net ces mélodies, ces mots et ces voix qui m’ont accompagné.

L’une d’entre elles est signée Serge Gainsbourg : « Les Oubliettes ». Je suivais les premiers Grands Prix Eurovision de la Chanson et en 1961, alors que j’étais un adolescent sentimental de 16 ans, je fus conquis par la chanson gagnante (Nous les Amoureux ) et son interprête (Jean-Claude Pascal). Au point que j’achetai le 45 tours EP (La Voix de son Maître). Déjà (avant même d’imaginer que je serai un jour programmateur de radio), j’écoutais attentivement tous les titres des disques que j’achetais et pas simplement le « tube ».

Je découvris ainsi les trois autres titres, et pas des moindres : « Toi », de Boris Vian, « En relisant ta lettre » de Serge Gainsbourg – une autre petite merveille, qui déjà me reliait à l’amour de la langue française ! – et du même Gainsourg « Les Oubliettes ». Ci-dessous vous en trouverez le texte intégral, car dans la version de Jean-Claude Pascal le 3° couplet qui parle de squelettes n’a pas été repris… Trop mordibe ? Trop long pour la version enregistrée ? Je ne le saurai jamais, mais en tout cas, Serge l’a bien intégré, lui, dans ses propres disques. L’orchestration d’Alain Goraguer est magnifique.

Puisque nous aimons les mots, cette chanson ne tombera jamais dans les oubliettes de ma mémoire !

N.B : Par Jean-Claude Pascal, découvrez aussi « Soirée de prince » ou « Les pas réunis » !

Les regrets fillettes 
Du pauvre poète 
Se valsent musette

Dans les caboulots
Se valse musette
Le pauvre poète
Pour les gigolettes
Et les gigolos

Dieu que je regrette

Mes larmes fillettes
Ce vin malhonnête
Qui monte au cerveau
Y a belle lurette
Que je n’ai plus cette
Fameuse piquette
Derrière mes fagots

Le pâle squelette
De mes amourettes
Joue des castagnettes
Comme un hidalgo
La nuit est longuette
Du pauvre poète
Voyez mes poulettes
Il a les grelots

Dans chaque guinguette
J’ai cherché Juliette
Je n’ai je regrette
Que trouvé Margot
De ces amourettes
Que l’on pickpockette
Sous sa chemisette
J’en ai plein le dos

S’il faut à perpète
Qu’à l’aube on regrette
Vaut mieux qu’on s’arrête
Mes petits oiseaux
Venez mignonnettes
Dans mes oubliettes
Que je vous y mette
Au pain et à l’eau

Les regrets fillettes
Du pauvre poète
Se valsent musette
Dans les caboulots
Se valse musette
Le pauvre poète
Pour les gigolettes
Et les gigolos

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Le début de Dimanche-Musique…

Souvent, on me demande comment est née l’émission de radio « mythique » « Dimanche-Musique ». Voici donc, en avant-première, le passage de mes Mémoires qui concerne ce hasard qui changea ma vie professionnelle.

Pendant l’été 1966, la grille des programmes de radio de l’automne se préparait. Certains journalistes revendiquèrent le samedi soir et ne laissèrent aux « variétés » que le dimanche. Émile de Radoux vibrionnait comme une abeille. On lui demandait de confier cette tranche horaire à Stéphane Steeman. On avait de bons échos des blagues téléphoniques qui étaient diffusées dans une émission de Roger Simons. La logique aurait voulu qu’ils fassent ensemble la grande émission de quatre heures, mais le directeur ne s’entendait pas trop avec Simons. Les noms circulaient, certains voulaient, d’autres étaient rejetés.

L’unanimité se fit alors autour du duo Steeman/Careuil. Or, c’est à ce moment-là qu’on proposa à Jacques une émission pour enfants en télévision : Feu Vert. C’était son rêve et cela lui convenait ; il avait déjà participé à des émissions enfantines et même prêté sa voix à Tintin dans un disque. Le problème est qu’il refusait de mener de front la radio et la télévision, d’autant qu’il protégeait avec soin l’espace de sa vie personnelle. Mais de Radoux insistait et le temps passait.

Régulièrement appelé dans son bureau, Jacques venait me dire bonjour et raconter toute cette saga. Un matin, alors qu’il venait donner son « non » définitif, il me demanda en riant si ça ne m’intéressait pas. J’eus un moment de gêne, car bien sûr cela m’avait traversé l’esprit, mais je ne me croyais vraiment pas de taille à assumer une telle émission. Il vit mon hésitation et dit : « Mais bien sûr ! Attends, je reviens… » Il sortit et se rendit dans le bureau directorial.

Cinq minutes plus tard, il revint : « Tu feras l’émission du dimanche avec Stéphane Steeman. Le directeur veut te parler, cours ! » Le directeur me dit cette phrase tellement « ministérielle » : « Si ça vous fait envie, pourquoi pas ? On va vous tester. On n’a plus beaucoup le choix, c’est dans quinze jours ! Mais sachez que vous resterez mon assistant, vous ne changerez pas de statut et ne serez pas augmenté. Je vous veux, quelle que soit l’heure de fin d’émission, sans doute minuit, le lundi matin à 8h30 en studio ! » Il ajouta qu’il me choisirait lui-même les disques de la programmation musicale. Qu’importe, rien ne pouvait gâcher ce moment unique. J’étais à la fois surexcité par la nouvelle et inquiet de mes capacités. Une rencontre fut organisée avec Steeman. L’émission, appelée provisoirement Dimanche-Musique, allait bouleverser la suite de mon existence.

(Photo avec Careuil en 1964 (je suis à gauche) et avec Steeman (Je suis le gagnant) lors d’un WE de détente (lol) en 1967)

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Pertes et profits

Au figuré, l’expression « passer par pertes et profits » signifie qu’il ne faut plus en tenir compte, que c’est perdu. J’y pensais en cette fin d’année, au milieu de tous les bilans qu’on nous donne à voir, à propos de la langue française. Voici quelques mots et locutions qui sont, semble-t-il, installés dans notre langue française. Ils ont donc remplacé d’autres mots (et dans ce cas particulier, qui étaient plus corrects). Vous pourrez facilement retrouver le mot juste qui a été écrasé par l’usage (comme « important, attrayant, défi, exemple, difficile »…)

Conséquent

Attractif

Challenge

Cas de figure

Compliqué

En termes de

C’est vrai que

En fait

Hein

Voilà

Bien entendu, je suis optimiste et je sais combien de néologismes intéressants entrent sans cesse dans la langue française, qui s’enrichit, parfois s’embellit, grâce aux contacts et échanges mondiaux entre usagers. (Sur mes réseaux, malgré le décalage horaire, j’entretiens de délicieuses conversations avec des Québecois, des Malgaches, etc.)

D’ailleurs l’assimilation des mots nouveaux se déroule au mieux, d’après les récentes déclarations des linguistes. J’en accepte l’augure. Toutefois, restons attentifs !

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Cadeau de fin d’année !

Volontiers, en cette période de vœux, de bonnes résolutions, de remises en question et d’échanges, je partage cette proposition de ma fille Sophie, Conseillère conjugale et familiale graduée, auteure, conférencière et  coach en mincithérapie :

Et s’il vous manque de l’inspiration pour un cadeau : pensez à notre journée d’éveil pour le couple : innovant, original et carrément bienfaisant pour le couple !

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En regardant la télé…

Quand je jette un œil sur les programmes de télévision, il m’arrive de prendre des notes. Pour vérifier si l’usage des mots est correct, pour inspirer un texte, pour retenir une bribe d’interview…

Voici quelques extraits récents de ce qui n’est ni un journal ni un billet ; autre chose d’indéfinissable, mais que je partage volontiers.

Jean d’Ormesson voyait une grande parenté entre l’écrivain et l’acteur, car l’un et l’autre entrent dans la peau des autres.

En un seul et même quart d’heure, voici les approximations, les tics de langage et les erreurs relevées : L’inévitable « cent euros » sans liaison avec le « t » ; « jusque dimanche », alors qu’il faudrait dire : jusqu’à ; vous « risquez » de gagner, alors que le risque est toujours négatif ; les « Ardennes belges » bien qu’il n’y ait qu’une Ardenne chez nous et une en France et dans la foulée la prononciation « ardeunais » alors qu’il faut dire « ardènnais » ! L’utilisation du verbe « impacter » au lieu d’affecter et bien sûr le « c’est compliqué » (venu directement de l’anglais) au lieu de « c’est difficile » et les « pour le coup », « a priori » et « prendre ses responsabilités » !

Le couturier Jean-Charles de Castelbajac déclare qu’il ne faut pas écouter les musiques liées à nos souvenirs, mais plutôt celles de demain qui nous donnent de l’énergie ; une manière de vieillir moins vite.

Souvent avant de monter en scène, les chanteurs prennent un verre de vin rouge, qui dilate leurs cordes vocales, mais, hélas !, cela leur donne une langue violette !

Je vais retrouver et réécouter cette chanson de fraternité incroyable, interprétée à l’époque par Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois en public au cours du mois d’août 1974 lors de la Superfrancofête à Québec :

« Quand les hommes vivront d’amour ».


Quand les hommes vivront d’amour
Il n’y aura plus de misère
Et commenceront les beaux jours
Mais nous, nous serons morts mon frère

Quand les hommes vivront d’amour
Ce sera la paix sur la Terre
Les soldats seront troubadours
Mais nous, nous serons morts mon frère

Soudain une apparition à la télé de Brice Lalonde ! Qu’était donc devenu cet écologiste, secrétaire d’État et Ministre de l’Environnement de 1988 à 1992 – et qui allait travailler à vélo ? Il est sous-secrétaire général de l’ONU, pour le développement durable !

Jacques Brel explique que vers seize, dix-sept ans un homme peut mourir, il a imaginé ses rêves et ses étonnements. Ensuite, il tente toute sa vie de les réaliser.

En regardant la chaîne Mélody, je me rends compte que je n’ai jamais aimé « Milord » et « Padam » de Piaf, « La polka du roi » de Trenet ou les chansons d’Eddie Constantine : « L’enfant de la balle », « Et bâiller et dormir » ou « L’homme et l’enfant », avec sa fille Tania !

Je note : Tous les moments de bonheur sont des incursions dans le paradis, des moments uniques, intenses dans l’harmonie de toutes nos sensations.

Quelle différence entre les slows de mon adolescence (« Georgia on my mind » et « I can’t stop loving you » de Ray Charles, « I’m sorry » de Brenda Lee, « Put your head on my shoulder » de Paul Anka, etc.) et cette foule immense de jeunes qui sautent – chacun pour soi – sur place au rythme d’un DJ !

Dans les maisons de ma tendre enfance, on trouvait toujours une horloge de cheminée avec le carillon Westminster, sonnant tous les quarts d’heure, une horloge murale ou comtoise avec un balancier qui tictaquait, voire une pendule coucou authentique avec des poids en forme de pomme de pin et un baromètre avec un personnage tenant un parapluie qui sortait pour annoncer la pluie.

Plus que « L’exorciste », c’est le film « Juliette des Esprits » de Fellini qui m’a le plus impressionné lors de sa sortie en 1965. Aujourd’hui, je vais chez ma kiné, rue aux Esprits à Braine-le-Château ! Je vais faire attention !Juliette esprits

 

Les Wallons méritants

Depuis sept ans, j’ai l’honneur d’être le maître de cérémonie de la remise des « Mérites wallons », qui se déroule à l’Elysette à Namur. Sont conviés les récipiendaires et leurs proches ainsi que la presse, qui est toujours en nombre et attentive.

Voilà un événement qui est à la fois sérieux et léger, important et futile. Il existe bien des phrases sur les honneurs, les recevoir, les mériter, les accepter. Mais il est vrai qu’outre la fierté d’avoir la reconnaissance pour son travail dans un secteur d’activité, cette remise de décorations peut servir d’incitation aux autres et évidemment mettre en valeur les talents de Wallonie, ici ou à l’extérieur.

Donc c’est une chose sérieuse ; et c’est bien ainsi que l’ont conçue les trois Ministres-Présidents sous les règnes desquels j’ai officié : Rudy Demotte (qui m’avait appelé à l’aide la veille de la première remise, compte-tenu de la longueur des textes biographiques à lire pour chaque personnalité !), Paul Magnette (avec qui j’ai eu de belles conversations sur le génie wallon) et Willy Borsus (que je retrouve depuis quelques années déjà à la finale de la Dictée du Balfroid). J’aime assez cette indépendance qui me permet d’être admis dans tous les cénacles.

Légèreté car nous sommes ainsi faits que nous sourions, que nous exerçons l’autodérision comme personne au monde et qu’il y a toujours des rires, des bons mots, quelque chose de latin aussi, qui rendent ces moments, pourtant officiels, plaisants, agréables, quasi familiaux. Et c’est unique et magnifique !

Pour ma part, je ressens un plaisir particulier à lire ces textes (cette année préparés avec un grand professionnalisme par Pauline Biévez), à saluer mes amis journalistes, à discuter avec toutes ces personnalités attachantes et à bavarder avec les ministres (certains sont là depuis quelque temps : Carlo Di Antonio et René Colin. Valérie De Bue est une « amie » Facebook. Je fis partie d’un jury de concours d’éloquence avec Jean-Luc Crucke à Mouscron, en Wallonie Picarde. J’ai fait enfin la connaissance de Pierre-Yves Jeholet.)

Trois instants parmi d’autres : celui où François Duesberg crie le mot « Passion » pour définir la façon dont chacun devrait mener sa barque ; celui où la Ministre de la Culture, Alda Greoli, me fait signe de venir m’aligner avec le gouvernement, pouvant ainsi faire croire que j’en faisais partie ! et celui où les enfants du regretté Philippe Maystadt sont venus me remercier…

Jean d’Ormesson a écrit : « Les honneurs, je les méprise, mais je ne déteste pas forcément ce que je méprise » !

Tout sur les « Méritants » de cette année :

http://www.wallonie.be/fr/actualites/distinction-du-merite-wallon-promotion-2017

Pour retrouver les « méritants » des années précédentes, en voici la liste alphabétique avec leur biographie, la photo et le texte que chacun a écrit dans le « Livre d’Or » !

http://connaitrelawallonie.wallonie.be/fr/wallons-marquants/merite/index/M#.WjPMwd_ia71

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Un poème pour la mort

Comme vous, j’ai ressenti la disparition d’êtres humains plus connus que d’autres et pour lesquels la fin de la vie sur terre a été magnifiquement célébrée. La foule, l’émotion, les mots, les témoignages et tout ce qui ramène à nos propres défunts ou même à notre propre mort. Ce qui m’a frappé en particulier ce fut le poème de Jacques Prévert (appris à l’école et chanté par Yves Montand, dans un des premiers disques qu’on m’ait offerts) lu avec talent par Jean Reno. Ce qui m’a amené à relire la partie « Mort » d’un de mes propres recueils « Proche des larmes » et en particulier à celui que je partage ci-dessous, où la proximité avec l’actualité me semble incroyable.

A l’instant précis

Où ton corps s’abandonne

Le voile du temple se déchire

Le sang dans les yeux

Comme un vitrail

Et les serres d’un oiseau

Mêlées pourtant de grâce

Pour hurler la vie

La tempête ensoleillée

Tourbillonne dans le ventre

Les émotions en cavale

Les mains déchirées

Tu touches l’au-delà

Tu vois l’invisible

Derrière la courbe de la mer

Et les vagues

Comme la respiration

La lagune est chaude

Tu l’inventes

Sous les Tropiques

Et les fleurs magnifiques

Tu t’évanouis enfin

Tu prends la forme du sable

Tu deviens le plaisir

Pour toujours

« Proche des larmes » http://www.lesdejeunerssurlherbe.com/proche_larmes.html

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