Petite entrevue …

Profitant de ces derniers jours de l’été, je vous recopie une interview que je classais dans mes archives. Peut-être aimerez-vous le ton et les thèmes abordés ? (Même si j’ai lu pas mal de nouveaux livres intéressants après ceux que je citais à l’époque). C’est paru chez Ikor éditions. Vous trouverez des liens vers mes livres en dessous…

Quel est le premier livre que vous vous souvenez avoir lu ?

En dehors de la Bande Dessinée (Tintin, Bécassine…), le premier livre en prose est, je pense, Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Mais il y avait les illustrations de l’auteur, qui m’ont sans doute attiré.

Dans quelles circonstances avez-vous écrit votre premier livre ?

J’étais encore aux études et j’avais écrit une nouvelle assez sentimentale, intitulée Le reflet de lune sur tes cheveux, inspiré assez directement d’un roman de François Nourissier Bleu comme la nuit. Une rencontre de deux amoureux le long d’une plage la nuit… A partir de là, j’ai pensé à l’élargir à un roman. Ce fut finalement mon premier roman qui sera publié bien plus tard sous le titre de Parfois. Les premiers mots sont « Parfois une présence nouvelle… ». Ce premier roman a été accepté à Paris chez Calmann-Lévy, mais on m’a demandé d’en doubler le nombre de pages et je n’y suis pas arrivé à 17 ans… J’ai refait ce roman sept fois (avec des conseils judicieux de Françoise Mallet-Joris et de Marcel Jullian, qui m’avaient pris sous leurs ailes !) jusqu’à la publication à 35 ans (depuis lors j’en ai écrit 1 1/2 par an !).

Pensez-vous qu’il faille être un grand lecteur pour être un bon auteur ?

Oui ! C’est d’ailleurs un des nombreux bons conseils que l’ont m’ait donnés à mes débuts. Lire même ce qu’à première vue on n’aime pas : lire tout. Cela donne une vue d’ensemble de ce qui s’écrit (et donc on ne refait pas la même chose), lire pour voir les mots, en découvrir de nouveaux, les mettre dans le contexte, lire car on fait partie de cette grande communauté du livre !

Pour un animateur TV à la retraite, vous avez une bibliographie impressionnante et très variée. Quel genre n’avez-vous pas abordé qui pourrait vous faire de l’œil ?

Il restait jusque il y a quelques mois un secteur que je n’avais pas abordé, le scénario de bande dessinée. Un éditeur (Sandawé) a fait appel à moi pour une série BD qui a pour thème le « chocolat », puisque j’ai écrit quelques ouvrages de référence sur le chocolat belge. Cette série intitulée Xocoatl, du nom aztèque du chocolat, est en cours de réalisation, avec un co-scénariste Bosse et un dessinateur espagnol Alberto Foche…

Après avoir présenté Le jeu du dictionnaire sur la RTBF, vous avez écrit quelques dictionnaires. Une passion pour l’objet ?

J’adore l’objet « dictionnaire », j’adore même le concept et le retrouver en numérique sur le Net ou sur ma tablette. C’est pour moi, dès mon plus jeune âge, une source inépuisable. Cela satisfait ma curiosité et mon envie de bien écrire, avec les mots justes. Donc les dictionnaires d’analogies et de synonymes me plaisent et m’attirent tout autant. J’aime voir le cheminement des mots aussi, l’origine des expressions, pourquoi tel ou tel mot disparaît…

Quels sont, selon vous, les auteurs belges du moment à suivre absolument ?

Dans la littérature belge (mais peut-on classifier ainsi ? Plus de frontières, mais seulement une sorte de culture commune aux Belges…), j’épingle en premier lieu Amélie Nothomb, qui ne m’a jamais déçu d’année en année. Elle vient d’être élue à notre Académie ! Ensuite, j’aime beaucoup Edgar Kosma (son dernier ouvrage Comment le chat de mon ex est devenu mon ex-chat (éditions OnLit) est un monument très « belge », qui se passe à Bruxelles, allie humour, réflexion, poésie, énigme… avec un style unique et qui commence à être reconnu !). Deux parmi d’autres…

La vie d’auteur est une drôle de vie. Avez-vous une anecdote amusante à nous raconter ?

Quand on écrit, on s’immerge complètement dans l’histoire, on vit dans la peau de ses personnages, on les pense consciemment ou pas, mais tout le temps, même lors d’autres activités… Ainsi lors de la rédaction de Maître Gustave (ma meilleure vente), au cours des neuf mois habituels nécessaires pour mon écriture, j’étais à Cannes et je marchais sur la Croisette. Je pensais à ce que j’écrivais dans ma chambre d’hôtel. Dans la soirée, quand ma femme est rentrée du travail qu’elle y effectuait au Midem, elle m’a expliqué qu’une de nos connaissance m’avait rencontrée lors de cette promenade, que je ne l’avais pas reconnu, tout entier dans ma préoccupation et qu’il s’inquiétait car je murmurais « Je vais le tuer ou pas ? ». Elle l’a rassuré en parlant du roman. Je me demandais si Maître Gustave devait mourir à la fin du livre !!!

Quelle est votre actualité littéraire ?

Un recueil de nouvelles, Mortes Maisons, sorti une première fois en 1999 (et épuisé) sort à nouveau chez Ikor éditions. Comme pour Une diva amoureuse paru l’an dernier chez Ikor, il sera sans doute traduit en espagnol et distribué en Amérique. Je termine aussi un livre à quatre mains avec ma fille Sophie Mercier, conseillère conjugale, intitulé Toute une vie d’amour et qui sera une sorte de petit manuel du couple. Je raconte dix moments clés de la vie d’un couple, du coup de foudre à la séparation, et ma fille commente à chaque fois l’attitude des personnages, donne des conseils.

Avez-vous déjà en tête le thème de votre prochain livre ?

Il s’agira sans doute de mes mémoires, que je voudrais aborder de plusieurs façons, puisque j’ai eu la chance de vivre un certain nombre d’activités différentes. Je pense écrire cela thème par thème, même si tout se mêle : par exemple la langue française (du premier dictionnaire à la télé avec Philippe Geluck), l’audiovisuel (son évolution depuis la télé noir et blanc interdite chez moi jusqu’aux tablettes), la religion, la société, l’amour, le sexe, etc. Ou bien des chapitres ou peut-être si j’ai assez d’inspiration des volumes différents…

Quel est le dernier livre que vous ayez lu ?

Un policier, ce qui est rare pour moi : Tiré à quatre épingles de Pascal Marmet. On a vraiment envie de connaître la clé de l’énigme ! Les personnages sont pittoresques à souhait, le style parfait, on a même droit à quelques mots que je ne connaissais pas ! (Oriel, banche, thérémine)… un vrai polar. Mais c’était pour les vacances ! A présent, je me lance dans des essais sur la vie après la mort…

http://ikor.over-blog.com/2014/06/qui-est-jacques-mercier.html

https://www.amazon.fr/Ma%C3%AEtre-Gustave-Jacques-Mercier-ebook/dp/B01KBZM6NW/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1472195408&sr=1-1&keywords=maitre+gustave

http://www.editions-academia.be/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=50289

regard

Le réel et l’imaginaire !

Voici mon dernier coup de coeur pour les créations d’un peintre de chez nous : Dan Bonet. J’ai écrit le texte ci-dessous pour son dossier artistique. Son univers est très intéressant, merci de le découvrir ! (L’illustration est le tableau appelé « Dolmen ».)

Le réel et l’imaginaire

Tout est image, spectacle, reproduction aujourd’hui. Encore faut-il découvrir la manière la plus profonde et la plus vraie de nous montrer le monde. Dan Bonet est un artiste qui a réussi à transmettre sa vision des choses. On voit, on perçoit, on ressent.

Que ses recherches picturales trouvent leur origine dans la photographie ne nous étonne pas, mais il déclare aussi son besoin « de créer des mondes de plus en plus abstraits ». C’est notre environnement le plus proche qu’on découvre dans ses paysages urbains, des fils électriques au-dessus des rues, de la grisaille des immeubles jusqu’à tout ce qui existe « de l’autre côté » ou « Vu d’en face ». (Oh, ce remarquable « Dolmen » !)

La série des « Ombres » illustre aussi les apparences et la réalité, la lourdeur du réel et la spiritualité. Tout ce qui se cache dans nos âmes est suggérée par l’artiste.

La distance ironique effleure aussi ça et là, pour ne pas se prendre trop au sérieux, pour ne pas devenir pessimiste devant le décor de nos vies quotidiennes. Tel le magnifique « Je vous en prie, asseyez-vous ! », peint dans des teintes plus chaudes.

Dan Bonet crée un univers personnel, c’est la raison d’être d’un artiste. Il fait émerger du chaos des nouveaux mondes en devenir, selon ses propres termes. Mais, bien mieux, il nous invite à y pénétrer pour goûter aux saveurs inédites des fruits de ses jardins secrets.

www.danbonet.com

dolmen bonet

Notes de vacances

Pour vous, je recopie quelques notes de mon « mémo » du téléphone, de l’ipad ou de mon calepin (j’adore le mot) ! Au hasard des pages et sans lien entre elles, si ce n’est que cela me traversait l’esprit…

Tout est devenu « haute » : la haute sécurité, sous haute tension, sous haute surveillance… Pour mieux nous rassurer sans doute.

Chez l’hippocampe, c’est le mâle qui porte le bébé ! J’ai toujours adoré cet animal, ce cheval qui nage contre toute attente. Il continue à me surprendre.

Le ver de terre : on en trouve de 1 à 3 tonnes dans une prairie moyenne. Le poids total des vers de terre est 20 fois supérieur au poids de l’espèce humaine sur la planète.

La surprise d’entendre parfois des expressions désuètes, mais si belles, comme cette phrase de Vincent Dewolf qui dit : « Sous la présidence de votre serviteur » ! Bientôt le retour de « Nous vous savons gré de », « A telle enseigne », etc.

L’intelligence collective est plus importante que la pensée individuelle, déclare Émile Sevran-Schreiber. Est-ce juste ? Dans la même émission, il prédit que le Brexit ne passera pas !

Ces Parisiennes qui parlent toutes avec une voix haut perchée et nasillarde.

Ah, ces diminutifs, ces raccourcis : la sécu, perso, un péno (penalty), un tuto…

Dans la musique, on oublie aujourd’hui – et depuis quelques décennies – que c’est la mélodie qui importe et pas le rythme. Celui-ci rassemble, hypnotise, nous manipule.

Voilà une avancée technologique faite pour moi : les oreillettes de traduction simultanée !

Une des rares chansons sur l’orthographe : « En relisant ta lettre » de Serge Gainsbourg. Une petite merveille ! La grammaire relève de la mémoire, l’orthographe de la politesse.

Peut-être allez-vous acquérir « Maître Gustave » et « L’année 13 » mis en vente numérique Kindle sur Amazon. Je viens de télécharger « La chute d’un ange », un ouvrage incroyable en vers de Alphonse de Lamartine !

Le guano est un mot que j’ai découvert dans un Tintin de Hergé. C’est bien l’engrais à base d’excréments d’oiseaux de mer. Je viens de l’entendre dans une conversation avec un marin.

Dans une émission qui lui est consacrée, Philippe Geluck avoue qu’à Paris, il a l’impression d’être une plante rempotée. Il explique très bien être un entrepreneur plutôt qu’un homme d’affaires. On confond souvent les deux !

Je compte le nombre de fois que dans les JT on parle du « risque zéro » et combien de fois les personnes interrogées dans la rue ne terminent pas leur phrase, mais concluent par un « Voilà ! »

Penser à écrire une liste des mots que j’aime pour eux-mêmes : balsamique, lalique, charmille, etc.

Hippocampe

Maître Gustave … en numérique !

« Maître Gustave » reste celui de mes romans qui s’est le plus vendu, au point d’avoir été l’année de sa sortie la meilleure vente de ma maison d’édition. J’en suis ravi et je le propose en lecture numérique sur Amazon (le lien ci-dessous). Pour vous convaincre de le lire ou de le relire, je vous joins l’excellente chronique proposée par Ghislain Cotton dans Le Vif, un papier qui m’avait fortement ému, et dont je le remercie encore !

https://www.amazon.fr/Ma%C3%AEtre-Gustave-Jacques-Mercier-ebook/dp/B01KBZM6NW/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1471332321&sr=1-1&keywords=maitre+gustave

Merci de noter votre avis de lecture sur le site ?

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Le nouveau roman d’Amélie paraît !

Vous trouverez la suite de cette analyse sur le lien ci-dessous, le site de critique littéraire « Lire est un plaisir ». Bonne découverte !

Voici le 25e roman d’Amélie Nothomb : « Riquet à la houppe » ; et voici donc 25 ans que nous nous connaissons ! Entre autres, en étant chaque année une invitée exceptionnelle du « Jeu des Dictionnaires ». On connaît mon enthousiasme pour ses écrits, mais j’ajoute que je n’ai jamais été déçu par eux. Cette re-création du conte de Charles Perrault (paru en 1697!) se joue sur le thème de la laideur et de la beauté ; un thème qui apparaît si souvent dans les romans d’Amélie.

« Le très laid suscite parfois un peu de compassion ; le très beau irrite sans pitié. La clef du succès réside dans la vague joliesse qui ne dérange personne. »

« Elle savait d’expérience combien le monde haïssait la beauté et ne demandait qu’à la traduire en sottise. »

Et de citer Barbey d’Aurevilly : « Le profil est l’écueil de la beauté ou son attestation la plus éclatante.»

Il s’agit de l’histoire parallèle de deux enfants, un laid : Déodat et une beauté : Trémière.

(à suivre : sur

http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/archive/2016/08/15/riquet-a-la-houppe-le-nouveau-roman-d-amelie-nothomb-8639224.html

 amelie-riquet-houppe

Un roman pour la fin de l’été…

 

L’été nous donne un peu de temps pour lire ; et pourquoi pas en numérique. Essayez avec mon roman « L’Année 13 » que je viens de mettre sur Amazon (voir lien ci-dessous) ?

Voici ce qu’écrit la critique (Chroniques de l’imaginaire ») lors de la sortie :

« L’Année 13 » est un roman qui apporte un peu de fraîcheur dans ce monde de brutes. Tout d’abord, il démontre que l’on peut faire un roman futuriste sans pour autant mettre de la violence, du sexe et des androïdes dans tous les coins. Et puis, il est assez rare de nos jours d’avoir un bon roman où le mot central est quand même l’amour, sans tomber dans un style gnangnan. Pour tout ça, on peut dire que Jacques Mercier a réussi son pari. »

Si vous pouvez, laissez une appréciation sous la présentation de Amazon, cela aidera les autres à se faire une idée. Grand merci ! Bonne lecture !

https://www.amazon.fr/LAnn%C3%A9e-13-Jacques-Mercier-ebook/dp/B01KAOUMCG/ref=sr_1_8?s=books&ie=UTF8&qid=1471169075&sr=1-8&keywords=l%27ann%C3%A9e+13

Année 13 new

Yolo ? Waouh ? …

Le langage, comme la société, évolue de jour en jour. De plus en plus vite aussi, puisque nous communiquons en instantané. Cela m’intéresse depuis toujours : la racine d’une mot, sa naissance, sa transformation, parfois son changement de sens… C’est un reflet de ce que nous sommes.

Pendant près de 12 ans, j’ai assuré une rubrique langagière quotidienne dans La Libre Belgique ; aussi, est-ce avec grand plaisir que j’ai accepté l’offre du Bon Usage (de André Goosse, qui m’avait précédé à La Libre) de proposer un court billet à propos des mots nouveaux dans les colonnes du Figaro en France.

La rubrique existe pour l’instant sur le site et est testée durant ce mois d’août avant d’être officialisée en septembre. Je proposerai sans doute un mot par semaine. Voici ci-dessous les liens des quatre premières rubriques. Si vous avez des suggestions, c’est le moment ; si vous avez des remarques à faire, faites-les aussi sur le site adéquat du Figaro ? Merci de votre intérêt pour notre belle langue française !

http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/2016/08/04/37002-20160804ARTFIG00091-yolo-quand-le-rap-mene-a-la-philo.php

http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/2016/08/04/37002-20160804ARTFIG00086-conf-call-update-soyez-snob-et-parlez-francais.php

http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/2016/08/04/37002-20160804ARTFIG00083-soyez-a-la-page-et-refusez-les-modes.php

http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/2016/08/04/37002-20160804ARTFIG00082-waouh-d-o-viens-tu.php

 

geluck

Les amis inconnus

Dans une ancienne anthologie, que nous utilisions en Secondaires, je suis retombé sur un poème magnifique de Jules Supervielle « Les amis inconnus »; je me propose de le partager avant de pouvoir à nouveau écrire ici plus régulièrement après le 15 août.

Jules Supervielle est un poète franco-uruguayen, mort en 1960 (au moment où j’étudiais et récitais le texte suivant) à l’âge de 76 ans. Mon premier directeur littéraire parisien, Alain Bosquet, fut un de ses fervents admirateurs, avec Claude Roy, René Guy Cadou, Philippe Jaccottet. Il était très lié avec le poète autrichien Rainer Maria Rilke.

Laissez-vous porter par les mots, les émotions, les images qui naissent; laissez-vous envahir par la grâce, l’élégance, la création magnifiques. Le poète est un ange, un intermédiaire entre le Tout et notre moi. Il nous apporte un reflet de bonheur, vivons-le, baignons-nous, en ces temps troublés, dans cette autre lumière. Elle parle d’amour et d’amitié, de bonheur.

Il vous naît un poisson qui se met à tourner
Tout de suite au plus noir d’une lampe profonde ,
Il vous naît une étoile au-dessus de la tête,
Elle voudrait chanter mais ne peut faire mieux
Que ses sœurs de la nuit les étoiles muettes.

Il vous naît un oiseau dans la force de l’âge,
En plein vol, et cachant votre histoire en son cœur
Puisqu’il n’a que son cri d’oiseau pour la montrer.
Il vole sur les bois, se choisit une branche
Et s’y pose, on dirait qu’elle est comme les autres.

Où courent-ils ainsi ces lièvres, ces belettes,
Il n’est pas de chasseur encor dans la contrée,
Et quelle peur les hante et les fait se hâter,
L’écureuil qui devient feuille et bois dans sa fuite,
La biche et le chevreuil soudain déconcertés ?

Il vous naît un ami, et voilà qu’il vous cherche
Il ne connaîtra pas votre nom ni vos yeux
Mais il faudra qu’il soit touché comme les autres
Et loge dans son cœur d’étranges battements
Qui lui viennent de jours qu’il n’aura pas vécus.

Et vous, que faites-vous, ô visage troublé,
Par ces brusques passants, ces bêtes, ces oiseaux,
Vous qui vous demandez, vous, toujours sans nouvelles
«Si je croise jamais un des amis lointains
Au mal que je lui fis vais-je le reconnaître ? »

Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence
Et les mots inconsidérés,
Pour les phrases venant de lèvres inconnues
Qui vous touchent de loin comme balles perdues,
Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux.

(Jules Supervielle et sa photo officielle. Il a le regard d’un autre monde intérieur, riche et halluciné)

JulesSupervielle

Mais voyons, Monsieur !

Voilà un livre qui est d’une rare beauté intelligente, et dans lequel j’ai eu l’honneur d’écrire quelques lignes à la demande de la talentueuse photographe ! Un « beau » livre ! Un livre à garder et à regarder. Au fond, vous retranscrire la préface est encore le mieux que je puisse faire pour vous le présenter. Virginie Delaby y explique sa démarche : (Cette Hulpoise a quitté son métier dans une grande entreprise pour se consacrer entièrement à sa passion de la photographie)

L’histoire a commencé lors d’un voyage en 2014.

Mon mari et moi avions fait la découverte de cette jolie chambre d’hôtes dans laquelle, hasard ou non, un magnifique livre des photographies d’Edward Steichen était mis à notre disposition. Je suis vraiment admirative de ce grand photographe des années ’20 et ’30.
Et je ne pouvais détacher mes yeux de ce livre…

La question vient alors immédiatement illuminer mon esprit:
« Et si je faisais un livre photos ? »

On aurait pu en rester là, tellement la phrase semblait (presque) anodine.
Au contraire, elle n’a jamais quitté mon esprit et y prit une place des plus importantes.

En faisant ce livre, j’ai souhaité mettre à l’honneur quatre-vingt femmes, trentenaires et plus, de tous horizons, sans aucun critère physique particulier.

En leur demandant de choisir un thème qui serait le fil conducteur de leur séance photo, ma volonté était de les mettre à l’aise et en confiance dans un exercice qui était, pour la plupart, une première expérience.

Un livre de femmes photographiées par une femme qui n’est pas celle que vous croyez !

Parce que toutes les femmes sont belles, je vous laisse admirer la beauté non retouchée, non photoshopée, non dissimulée.

La beauté, l’élégance que toutes les femmes portent en elles…

Oui, le terme « élégance » est également de mise ! Bonne vision.

(Une partie de la vente du livre sera versée à l’association « La Villa indigo » à Bruxelles. Cette jeune association tient beaucoup à coeur à Virginie Delaby qui s’implique depuis le début pour cette association. La maison de répit « Villa Indigo », est un havre de paix accueillant pour de courts séjours, les enfants atteints de maladies qui demandent une prise en charge importante et dont le pronostic est souvent réservé.)

*Aussi François De Brigode, Pascal Vrebos, Alain Raviart, Grandgeorge, Hugues Hausman, Stefan Cuvelier, Laurent D’Elia, Olivier Leborgne, Marc De Roy, Richard Ruben, Alex Vizorek, Barbara Abel, Carlos Vaquera, Jean-Charles Della Faille, Olivier Arnould, Christophe Bourdon, Frédéric Maltesse, Brice Depasse, Vincent Maréchal, Eric Lamiroy …

http://www.chataile.com

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Un bras d’honneur

Alors que l’attitude des Anglais nous rend perplexes, je voudrais revenir sur une curiosité linguistique évoquée lors de mon « speech » pour le prix qui porte mon nom à l’ICHEC.

Mais pour parler du Brexit et des démissions qui suivirent par ceux-là qui l’avaient souhaité ou pas, comment comprendre ? Comment d’ailleurs se faire une opinion ? Nous ne sommes le reflet que de ce que nous entendons, lisons, voyons dans les médias. De ce qu’on peut nous révéler, ni plus ni moins ; et sans doute avec toutes les distorsions des pouvoirs qui agissent. (Le meilleur exemple est tout de même l’incroyable influence, via ses sociétés de presse et de télévision, de l’Australien installé aux Etats-Unis, Murdoch, et qui sans doute depuis de longues années milite pour en arriver là. Nous saurons – peut-être ? – un jour les raisons financières ou autres qui ont dirigé cette grande manipulation)

Ainsi les enquêtes dans la rue ne me paraissent toujours n’être que du remplissage un peu vivant des JT. Que pouvons-nous répondre sur les grands sujets que ce que nous en avons appris par ces propres médias qui nous interrogent ? Même le pronostic d’un match est souvent la copie des prévisions des commentateurs ! Alors, que dire des sujets de société et de politique !

Pour en revenir à mon sujet et à la linguistique, j’ai souvent remarqué que dans les expressions anglaises, ils utilisaient souvent des animaux. On connaît leur amour immodéré pour la gent animale.

Quand nous disons : « Il pense être sorti de la cuisse de Jupiter », soit : il se croit exceptionnel, les Anglais disent : « He thinks he’s the cat’s whiskers ». Littéralement : Il pense qu’il est les moustaches du chat …

Quand nous disons : « Jeter un pavé dans la mare », soit : jeter brutalement le trouble, les Anglais disent : « To set the cat among the Pigeons ». Littéralement : Mettre le chat au milieu des pigeons…

Et enfin, quand nous disons : « Faire un bras d’honneur », soit : marquer sa réprobation, les Anglais disent : « To give someone the bird ». Littéralement : Donner l’oiseau à quelqu’un…

Pour le reste, soyons attentifs à ce que l’on nous raconte… si peu, je le crains ! Il y a quelques années, « clairement » était dans tous les discours, et j’ai toujours pensé que c’était pour masquer justement le mensonge et l’enfumage. Aujourd’hui, je pense que le « prendre ses responsabilités », qui veut tout et ne rien dire, est un nouvel exemple de langue de bois et de dissimulation, car c’est sans doute ce que personne ne fait : être responsable et agir en conséquence !

cv-en-anglais

 

 

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