Sortie de mes Mémoires ! (Mes drôles de vies)

Alors que peu à peu la lumière revient, que l’on aborde sur un rivage un peu changé, avec notre fragilité, notre nouvel équilibre, etc. je trouve que la sortie la semaine prochaine de mes Mémoires, sous le titre « Mes drôles de vies » chez Racine ( https://www.racine.be/fr/mes-dr%C3%B4les-de-vies ) tombe à point nommé pour mesurer l’évolution entre la dernière grande guerre et celle mondiale contre ce fichu virus !

Pour souligner cette sortie, je me propose sur Instagram (jacquesmercier16) des rendez-vous en direct de « questions-réponses » (vous pouvez envoyer vos questions directement à info@jacquesmercier.be et si vous notez votre adresse postale, j’enverrai quelques exemplaires dédicacés). Je suis très curieux d’en observer le fonctionnement (mes petits-enfants m’ont aidé un peu !) et de goûter au plaisir de communiquer ainsi après tant d’années derrière un micro ou une caméra !

A propos du confinement…

Lundi matin, Sandrine Dans m’a interviewé (par téléphone, hélas) sur BelRTL pendant quelques minutes sur le confinement et la manière dont je le vivais. Je résume ci-dessous.

Si j’avais déjà vécu pareille situation dans ma vie professionnelle ? La seule période qui m’y a fait penser, mais uniquement par les rues désertes, ce furent les premiers vrais « dimanches sans voiture » pour quatre fois dès le 18 novembre 1973. Ce fut déjà le cas entre novembre 1956 et janvier 1957. Il s’agissait non pas, comme ce fut le cas plus tard, de mobilité mais d’économie en crise pétrolière. Aujourd’hui c’est une situation bien plus grave et mondiale et dans beaucoup de secteurs différents, qui nous touchent tous.

Quelles remarques à ce propos ? Déjà, puisque j’aime la langue, il y a le vocabulaire. Chaque crise apporte de nouveaux mots ou la remise à jour d’anciennes expressions, voire l’introduction d’anglicismes, puisque c’est universel. Ainsi « confinement et « déconfinement » qui faisaient partie d’un jargon scientifique, les « gestes barrières », « la distanciation sociale » ou « drastique », celui-ci directement venu de l’anglais. On a rapidement changé ce qui était « anxiogène » : les mots de la guerre, comme front, en première ligne, etc. Et un mot comme tracking, qui fait penser à traquer, remplacé par tracing, et finalement traçage, qui, lui, fait penser à tracer, bien moins terrifiant pour la liberté individuelle.

(C’est sans évoquer les expressions courantes dans les multiples interviews « dans la rue » comme « La boule au ventre », « le coup de gueule », « sortir de sa zone de confort », « le risque zéro », et…. La faute la plus courante demeure encore ce matin : le verbe rouvrir (pas ré-ouvrir !) alors que le substantif est réouverture !

Je me disais aussi que les nouvelles technologies étaient apparues à temps pour adoucir le confinement. Et le mot choisi pour la circonstance sera donc « vidéoconférence », plutôt que « viséoconférence ». Et même si les limites de cet outil apparaissent très vite, c’est mieux que rien. Je pense que la présence d’interlocuteurs en studio manque fort. Et parlons de l’importance des médias et de la culture : ces nouvelles qu’on suit (même si trop de chiffres tue les chiffres et rend anonymes ceux et celles qui existent derrière, travaillent, souffrent, meurent), ces chants, ces musiques, ces films.

Quel bonheur aussi de retrouver ses enfants et petits-enfants par Whatsapp ! Et les amis avec l’humour, par exemple, de Philippe Geluck et de Salvatore Adamo.

Il y a également le sentiment tangible d’appartenir à l’Humanité, de faire partie d’un tout (même si quelques présidents irresponsables devraient être rapidement jetés aux oubliettes de l’Histoire) et les applaudissements de 20 heures sont un signe de cette appartenance : nous témoignons de notre reconnaissance envers beaucoup de personnes, nous croisons le regard des voisins, nous entendons les cloches autant que les cuillers sur les casseroles des enfants…

Que restera-t-il de tout cela ? Parmi bien des conséquences, sans doute la sensation de fragilité face à la nature, et bien entendu face aux problèmes climatiques ; la présence plus évidente de la mort (des proches, des gens connus, du voisinage, d’artistes); l’importance de ce qu’on est plus que ce qu’on a, puisque tout est provisoire. On le disait mais on ne l’expérimentait pas toujours. (La chanson « Foule sentimentale » d’Alain Souchon le disait fort bien) Et ça change tout : le bonheur se cherche en nous et pas à l’extérieur !

Enfin, à la question de savoir ce que personnellement je fais : entre autres j’ai découvert le temps, celui de lire, celui de me faire des playlistes sur Spotify (j’ai retrouvé mes chansons d’ado et de jeunesse – inaudibles aujourd’hui comme « la révolte des joujoux » d’André Dassary ou « La samba brésilienne » d’Andrex, mais qui remettent soudain en lumière quelques instants lointains de notre vie.

Et, à ce propos, cela m’a permis de mettre la toute dernière main au livre de mes mémoires « Mes drôles de vies » qui sortira fin mai ou début juin chez Racine (on peut déjà le précommander, je pense, sur le site http://www.racine.be/fr/mes-drôles-de-vies)

Et enfin une évidence : l’amour (dit-on encore avec un grand A ?) est l’essence même de la vie et de notre survie.

Quelques détails…

Pendant cette période étrange de « confinement », il nous vient toutes sortes d’idées, importantes, secondaires, légères, qui n’auraient peut-être pas attiré notre attention en temps normal. Normal, c’est-à-dire emporté par le temps compté, les activités multipliées, les obligations. Sans doute, le « normal » devrait-il qualifier plutôt cette époque, si on la considère plus calme, plus ouverte, plus réfléchie.

Je vous livre quelques-unes de ces choses qui m’ont intéressé. J’y ajoute tout de même des fautes de français, tout en les tolérant mieux dans la bousculade des émissions en direct et de l’intervention de non-spécialistes des médias…

Ainsi, nous avons bien la réouverture, mais le verbe c’est rouvrir !

Signalons aussi le grand retour du « suffisamment que pour » !

Les mots inutilement alambiqués : la « conditionnalité » !

Il nous vous étonnera pas que le mot « drastique » (d’origine grecque) nous revient par la langue anglaise, j’imagine ?

Comme j’ai eu le temps de savourer le café du petit matin, je me suis demandé qui avait bien pu avoir cette idée géniale de l’anse de la tasse. Réponse : L’anse a été inventée en Europe par un Allemand du nom de Johann Friedrich Bottger en l’an 1707. Pourquoi inventer cet ajout à la tasse ? En raison du fait que les Européens et particulièrement les Anglais, aimaient leur thé chaud.

Voyant (en visioconférence, comme on dit) une de mes petites-filles souffler sur l’aigrette d’un pissenlit pour faire s’envoler ses akènes à plumes et faire un vœu, j’ai vérifié depuis quand et pourquoi cela avait été le « logo » du dictionnaire Larousse.

Réponse : L’image représentant une femme soufflant sur les aigrettes de pissenlits, due au dessinateur Emile-Auguste Reiber, est la marque du dictionnaire, comme symbole de « la connaissance semée à tout vent », depuis 1876. C’est l’affichiste Eugène Grasset qui l’associe à la nymphe appelée la « semeuse ». Au fil du temps, le dessin s’est adapté et stylisé, souvent par de grands noms comme par Karl Lagerfeld en 1999 et Jean-Charles Castelbaljac en 2014.

La visioconférence ou la vidéoconférence est la technique qui permet de voir et dialoguer avec son interlocuteur à travers un moyen numérique. Alors qu’elle fut montrée lors de l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1958, la Visio téléphonie resta longtemps un objet de curiosité…

Et puis, en vrac :

Le corps contient assez de fer pour fabriquer un clou de 7,5 cm !

Les vaches peuvent monter un escalier mais pas le descendre !

En Uruguay, une prison s’appelle « Liberté » !

Il existe plus de 600 espèces de plantes carnivores !

 

Un peu de sichitimitogarshi ?

Comme j’adore les dictionnaires et les mots, Rudy Smolarek de « Ingrédients du Monde » m’a envoyé quelques épices accompagnées d’un Dictionnaire des épices… Et, en effet, le monde s’ouvre à nous rien qu’à la lecture des mots et des définitions…

Deux exemples :

L’Aspérule odorante est très utilisée en tisane, mais peut s’avérer intéressante en cuisine, dans les bouillons de poissons par exemple…

L’Epazote : D’origine mexicaine, l’epazote est appelée thé mexicain. C’est une plante aromatique, une variété de sarriette, utilisée dans les soupes, les haricots. Son goût d’origan piquant est très complexe, entre moutarde, badiane, sapin, menthe et agrumes.

Mais aussi des dizaines et des dizaines d’autres noms : Matcha, Maniguette, Sansho, Sichitimitogarshi (condiment japonais évidemment) tous les poivres, tous les sels, tous les mélanges, en terminant avec Zanthoxylum, petit arbrisseau d’Asie…

Un régal ! De quoi pimenter notre « confinement » et longtemps après…

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Photo de l’ail noir aomori Japon

Le Jardin de Juan

Avec un grand plaisir, ai commencé la lecture du livre de mon ami Juan d’Oultremont. L’article de Anne-Marie Georges dans La Libre du mois dernier me paraît excellent et je n’hésite donc pas à le retranscrire ci-dessous en la remerciant. Bonne lecture !

Avec « Judas côté jardin », Juan d’Oultremont signe un délicieux roman qui prend place dans les années 60, époque de son enfance. Autant habité par la joie que l’inquiétude.

Il aurait pu sous-titrer Judas côté jardin par « Autobiographie de mon enfance » ou « Mon enfance dans les années 60 » ou encore « Les 400 coups de Juan » et, pourquoi pas, « L’école buissonnière d’un garçon au XXe siècle » ? Il y a un peu de tout cela dans le nouvel ouvrage de Juan d’Oultremont. Cette fois, Judas, c’est lui, un prénom qui revient régulièrement dans ses livres et qui sera encore du prochain – car il s’est déjà remis à écrire. Le jardin, c’est celui où Juan d’Oultremont a passé son enfance, 40 ares sis à Woluwé-Saint-Lambert. Plus on avance dans le récit, plus on se dit que Juan d’O a connu une enfance de dingue. Il a vécu ou assisté à des choses tellement folles que la première question qu’on lui pose alors qu’on le joint par téléphone chez lui (dans cette maison d’enfance où il vit de nouveau !), c’est de connaître la part de réalité et la part d’imaginaire qui habitent son roman. « Tout est pratiquement vrai, assure-t-il, sauf un épisode. »

40, l’indicatif téléphonique de la Roumanie

L’idée de revisiter son passé lui est venue il y a deux ans quand il s’est décidé à relire un dossier stocké dans son ordinateur qu’il allait régulièrement alimenter de souvenirs, mais sans du tout savoir l’usage qu’il allait en faire. « Tout d’un coup, le rapport au jardin m’est apparu comme une évidence ; tous ces souvenirs y étant très souvent liés. »

« C’est un bouquin que j’ai écrit à une vitesse folle, poursuite-il, alors que je suis plutôt du genre laborieux. Tout s’est mis en place comme un puzzle, ce qui m’a d’ailleurs fort surpris. C’est toujours très excitant, quand on est surpris par l’autonomie que prend un récit. Et donc j’ai vu apparaître les choses et c’était vraiment très délectable. » 

Dans ce jardin de 40 ares (« un chiffre abstrait, le numéro atomique du zirconium, l’indicatif téléphonique de la Roumanie »), le petit Juan, pardon Judas, apprend la vie, tout simplement. Il y expérimente le feu, la déforestation, les arbres fruitiers sans fruit, les multiples usages du noyer, les crues du Roodebeek, les nouvelles plantations, mais aussi la menace que représente la construction de trois buildings aux alentours.

Gravitent autour du jeune enfant ses parents, bien sûr, ses grands-parents (les MOINS et les PLUS – entendez les pas sympas et les gentils !), des oncles et des tantes. « Le caractère idyllique du jardin fait que je redoutais absolument le monde extérieur », raconte Juan d’O. Il est vrai que malgré le caractère angélique de l’enfance, Judas-Juan est malingre, rachitique ; sa maman le surnomme Buchenwald (« à la sortie du bain », « torse nu »). Il pleure beaucoup, vomit souvent. Quand, pour ses 12 ans, sa sœur reçoit un 45 tours de Claude François, il relève qu’« avec Claude François, il y a un avenir pour les chétifs et les infra-minces ». Lui-même, quand il atteint cet âge-là, n’est plus « Buchenwald mais seulement une longue mauvaise herbe dégingandée ».

De sa mère, « qui se moque des règles comme d’une guigne », fille des grands-parents PLUS, il note qu’« à tous les instants de sa vie, (ma) mère fera honneur à cette tendance des PLUS à être plus que PLUS. Pas un jour où elle n’aura ajouté de l’horreur à la tragédie, de l’amour à l’amour, de l’humour au joyeux et du merveilleux au déjà magnifique. »

Son père, c’est Dieu. Entre ses 2 et 12 ans, Juan-Judas le confond avec le Tout-Puissant, le Créateur : c’est quand même lui le maître du Paradis, entendez le jardin.

Huit enfants, huit téléviseurs

Dans Judas côté jardin, Juan d’O nous plonge dans une fameuse tranche de vie où la petite histoire rejoint la grande ; l’intime, l’universel. Et où tout un chacun se retrouvera d’une façon ou d’une autre. Si toutes les enfances ne sont pas les mêmes (et celle de Juan fut particulièrement extra-ordinaire), elles ont des points communs.

Sans doute pas au point de passer un Noël avec une Granny PLUS, qui a huit enfants, et offre à chacun un téléviseur. Mais c’est cela aussi qui fait tout le suc de ce roman car de cet épisode, l’auteur parvient à nous faire partager l’angoisse qu’il ressent ainsi que sa sœur si jamais leur père venait à refuser la télé. Un autre type d’écrans que ceux d’aujourd’hui, mais déjà « une lucarne contraire à son éthique ».

On l’aura compris, l’écriture de celui qui est aussi artiste plasticien et qui a été membre du Jeu des dictionnaires et de la Semaine infernale (RTBF) prête régulièrement à sourire voire à rire – ce qui, en ces temps incertains où la peur le dispute à l’angoisse, est plutôt salvateur. Quelle définition donne-t-il à l’humour ? « Cela m’a toujours semblé un outil assez élégant. Qui permet de faire passer des choses et puis d’éviter l’arrogance. L’humour est surtout dans le doute, il n’a pas beaucoup de place dans les certitudes. Je suis plutôt quelqu’un dont la forme d’inquiétude pousserait à douter. Et douter le sourire aux lèvres m’a toujours paru meilleur qu’avec un air contrit ».

  • Judas côté jardin | Juan D’Oultremont | Onlit Editions | 363 pp, env. 19 €. Le livre peut être commandé sur www.onlit.net

EXTRAIT

« Ce soir-là, mes parents nous embarquent, ma soeur et moi, pour assister sous le chapiteau du village western à un concert de Françoise Hardy. Ma mère nous a épargné la honte d’avoir à porter des gants blancs. J’ai déjà été au théâtre, au cirque, au jumping, à la foire… Assister à un concert, jamais. (…) Pour le jeune Judas que je suis, assis au deuxième rang et incapable de quitter des yeux ceux de la belle interprète, c’est une évidence : c’est pour moi et moi seul qu’elle chante cette chanson. Subjugué par la façon minimale avec laquelle elle se déplace, je suis bluffé qu’elle connaisse à ce point le Paradis. Tout dans ce qu’elle évoque est raccord. La maison dont elle parle, nous y avons grandi côte à côte sans nous en rendre compte.  Le jardin est le nôtre. Les roses de la roseraie, les arbres, je n’ai rien à lui apprendre qu’elle ne sache déjà. »

Comment vivre sans poésie ?

Les premiers mots de la préface du recueil de poèmes « Cette vie insensée » de Philippe Colmant sont « Comment vivre sans poésie ? Comment ? La question ne se pose plus à qui tient un recueil entre les mains. Quelle chance qu’il ait abouti entre nos mains ! Ce miracle de mots et de papier, au parfum subtil, au toucher délicat… »

Ce sont des mots de Claude Donnay qui introduisent bien les poèmes et les superbes aquarelles de l’auteur. (voir ci-dessous « La liberté »)

Loin d’une analyse, je veux simplement vous donner à savourer quelques vers au fil de ma lecture…

Nous n’étions que fumée,

Nous n’étions que poussière,

Et nous étions ce vent

Qui courait sur la crête

De la dune insoumise.

C’est le début du premier poème ! La poésie c’est l’enfance.

Je convoque souvent

L’enfant tapi en moi

Et nous passons des heures

A jouer à la vie.

J’aime aussi ces phrases poétiques, qui sont aussi comme des vers, autrement.

Aussi loin que je remonte dans l’enfance, je ne me rappelle que le soleil.

Pourtant, il a bien dû pleuvoir.

Mes souliers sous l’escalier sont encore mouillés.

Magnifique, non ? Je pourrais vous en citer encore beaucoup, mais je vous laisse découvrir ce livre et je vous donne encore celui que je préfère pour l’instant, et qui parle encore de l’enfance.

On les entend de loin,

Les souvenirs d’enfance

Piaillant dans leur nid.

Ils ont les yeux fermés

Et le bec grand ouvert.

Il y a là des oeufs

Qui n’ont jamais éclos.

Sait-on combien de cris

Sont restés en travers

De la gorge du temps ?

« Cette vie insensée » Philippe Colmant, édition Demdel

www.demdel-editions.com

A vous le studio !

Avec Alain Van den Abeele, j’ai eu un merveilleux fou rire en direct le matin en radio. Il en parle dans ses Mémoires. L’article paru dans L’Echo en novembre dernier le présente fort bien, sous la signature de Jean-Paul Bombaerts.

Pour les plus anciens, Alain van den Abeele (aujourd’hui 72 ans) était une voix familière à la radio dans les années septante et quatre-vingt, lorsqu’il animait les directs sur le Tour de France et les circuits de Formule 1. Il publie aujourd’hui ses mémoires qui brossent un demi-siècle dans les coulisses de la RTBF.

Peu appliqué à l’école et davantage porté sur la musique des Rolling Stones, il découvre sa vocation au contact du journaliste René Hénoumont.

Après un bref passage au Soir, il entre à la RTB (sans F à l’époque) en 1969, c’est-à-dire au moment précis où Eddy Merckx et Jacky Ickx portent le sport belge au sommet. Le Cannibale gagne son premier tour, tandis que Ickx devient vice-champion du monde de F1 et remporte ses premières 24 heures du Mans, au terme d’une incroyable arrivée au sprint.

Alain van den Abeele vit ces instants magiques aux premières loges, que ce soit à moto sur les routes du Tour ou dans les stands des grands-prix qui ressemblaient, à l’époque, à un immense bivouac.

« Les grands champions ont un rôle curatif, ils aident les gens à mieux supporter la vie de tous les jours« , estime-t-il.

Homme de réseau, il participe, en 1980, à la création du « Rallye de Bruxelles » pour voitures anciennes et, un peu plus tard, à celle du musée « Autoworld » au Cinquantenaire. Il fait même une brève apparition dans un album de Michel Vaillant (Des filles et des moteurs).

Il écorne en revanche le mythe de Luc Varenne, qui s’avère être un personnage imbu de sa personne et désagréable avec ses collègues.

Militantisme

Dans un autre registre, Alain van den Abeele dénonce le militantisme qui s’est progressivement emparé de la chaîne publique. Son entrée à Flagey coïncide avec l’arrivée d’une génération de soixante-huitards, tels André Menu, Nicole Cauchie, Hugues Lepaige, Jean-Jacques Jespers ou Jean-François Bastin. « Leur plan d’action est simple: monopoliser les journaux parlés matinaux et prêcher la bonne parole, leur bonne parole nourrie de visions marxistes-léninistes. (…) La déontologie journalistique est désormais une coquille vide. Les nouvelles qui ne plaisent pas à une certaine gauche vont à la poubelle.« 

En désaccord profond, Alain van den Abeele entre en résistance en intégrant le groupe des « Autonomes » où se retrouvent des dissidents comme Jean-Pierre Gallet, Henri Coenjaerts, Michel Konen et René Thierry, soutenus par une partie du personnel qui ne supporte plus la mainmise de la CGSP.

Ce militantisme qui prévaut à Reyers n’a guère évolué depuis, déplore Alain van den Abeele. « À longueur de journal radio ou télé, reportage, sujet, commentaire et billet d’humoriste, la RTBf nous sert une soupe tiède de militantisme de gauche à peu près sur tous les sujets: l’économie, la N-VA, l’immigration, l’islamisme, les grèves, la politique américaine ou française, etc.« 

Il regrette aussi le peu de considération dont jouissent les journalistes sportifs au sein de la maison. « Le journaliste sportif compte pour du beurre, bien que surveillé de près par des envieux. Les reportages à l’étranger, les déplacements de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines, sont considérés comme des vacances. » Et il contre-attaque: « Pourquoi les fleurs de la pensée seraient-elles réservées aux philosophes, aux hérauts de l’économie ou de la politique intérieure ou extérieure?« 

Ceci étant, Alain van den Abeele admet qu’il s’est quand même bien amusé, y compris en fin de carrière lorsqu’on le sort du placard où il avait été relégué bien malgré lui pour l’envoyer en reportage aux Etats-Unis pour suivre la tournée de Sandra Kim.

Toujours, il reste fidèle à son principe de vie: « Essayer de mener une existence qui ne soit pas trop contraire à mes désirs« .

A vous le studio », Alain van den Abeele, éd. Luc Pire, 336 pages, 24 euros

Le moment de la poésie ?

Serait-ce le moment de la poésie ? Notre « confinement » nous apporte-t-il le temps nécessaire à cette lecture, à cette écoute ?

Les mots prennent une saveur et une profondeur particulières ; on les laisse infuser dans notre âme, comme un thé délicieux. Nous ressentons plus aisément le frissonnement de notre coeur.

Le mot utilisé dans le poème correspond à une vibration en nous, parfois oubliée, parfois ravivée. Il ne faut pas comprendre un poème, il faut le ressentir, s’y laisser porter par le courant des vers… alors nous découvrons des paysages insoupçonnés sur les rivages que nous longeons. On se sent reliés aux autres, au monde, à l’univers, à tous les mystères !

Dans mon recueil « Proche des larmes », j’écris ceci, qui avait été relevé à l’époque par un éminent critique littéraire :

Le parfum des jardins

La douceur d’un animal

La Pavane de Ravel

Et quelques saveurs

Passent dans mon âme

Et vont se perdre ailleurs.

https://www.lesdejeunerssurlherbe.com/proche_larmes.html

https://www.lesdejeunerssurlherbe.com/envers_monde.html

https://lesauletetart.be/produit/papy-jacques-mercier/

Voulez-vous me lire (en numérique) ?

Dans un article du Soir, je découvre que la lecture numérique a fait un bond de 70% ! Je vous propose avec plaisir via Amazon deux de mes livres, en format numérique. Les liens se trouvent ci-dessous.

D’une part, « Maître Gustave« , le roman qui s’est le plus vendu (un écrivain confiné en fin de vie) et « L’Année 13 », le seul qui se passe dans le futur. Ce dernier a, plus encore, quelques ressemblances avec ce que nous vivons en ce moment !

Je vous en souhaite une excellente lecture et merci de m’écrire ce que vous en avez pensé, si vous en avez l’occasion ?

https://www.amazon.fr/Ma%C3%AEtre-Gustave-Jacques-Mercier-ebook/dp/B01KBZM6NW

https://www.amazon.fr/LAnn%C3%A9e-13-Jacques-Mercier-ebook/dp/B01KAOUMCG/ref=asap_bc?ie=UTF8

Texte prophétique de Marc Moulin

Un texte prophétique de notre ami Marc Moulin, paru en 2003, dans sa rubrique « Humoeurs » (TéléMoustique). Incroyable ! C’est Jan Hautekiet qui l’a publié sur FB. Merci

Je nous vois déjà dans 20 ans. Tous enfermés chez nous. Claquemurés (j’adore ce verbe, et ce n’est pas tous les jours qu’on peut le sortir pour lui faire faire un petit tour). Les épidémies se seront multipliées: pneumopathie atypique, peste aviaire, et toutes les nouvelles maladies. Et l’unique manière d’y échapper sera de rester chez soi. Et puis il y aura toujours plus de menaces extérieures: insécurité, vols, attaques, rapts et agressions — puisqu’on aura continué de s’acharner sur les (justes) punitions en négligeant les (vraies) causes. Et le terrorisme, avec les erreurs à répétition des Américains, sera potentiellement à tous les coins de rues. La vie de « nouveaux prisonniers » que nous mènerons alors sera non seulement préconisée, mais parfaitement possible, et même en grande partie très agréable. Grâce au télé-travail qui nous permettra de bosser à la maison tout en gardant les enfants (qui eux-mêmes suivront l’école en vidéo-conférence). Grâce à Internet qui nous épargnera bien des déplacements: on n’aura plus besoin ni de poster les lettres, ni d’acheter un journal « physique », ni d’aller faire la file dans les administrations. (…). Dans les rues, il ne restera plus que des chiens masqués qui font seuls leur petite promenade (pas de problème, sans voitures), et du personnel immigré sous-payé en combinaison étanche, qui s’occupera de l’entretien des sols et des arbres. D’autres s’occuperont de la livraison de notre caddy de commandes à domicile. Alors nous aurons enfin accompli le dessein de Big Brother. Nous serons des citoyens disciplinés, inoffensifs, confinés, désocialisés. Nous serons chacun dans notre boîte. Un immense contingent de «je», consommateurs inertes. Finie l’agitation. Finie la rue.