30 ans de « Dictée du Balfroid » !

Incroyable ! La Dictée du Balfroid fête ce week-end ses 30 ans ! Les noces de perles avec son public. Madame Liliane Balfroid assure avec talent cet exercice qui s’adresse aux classes de sixième, mais que de nombreux plus âgés suivent.

J’ai eu la chance d’accompagner Liliane dans la lecture et les corrections de la finale de sa dictée (qui se déroule tout au long de l’année scolaire pour les éliminatoires), presque depuis le début de l’aventure littéraire et pédagogique : sur les antennes de la RTBF avec comme complices : Eve-Marie Vaes, Corinne Boulangier, Gwenaëlle Dekegeleer, Maureen Louys, entre autres et l’apport de La Libre, ensuite présentée par Françoise Bonivert pour RTC, Télé Liège, et sur les télés locales (dimanche soir!), avec l’apport de l’Avenir.

Nous avons un point commun, que je me plais à rappeler à chaque rencontre à Madame Balfroid, c’est qu’elle est née à Awenne, près de Grupont et de Mirwart, village où je venais passer en famille les merveilleux mois d’été de mon enfance !

Comme elle aussi, j’ai pu, tout au long de ma vie professionnelle compter sur des équipes solides et efficaces (dans son cas, des bénévoles, ce qui est encore mieux!)

Aujourd’hui peu de personnes s’élèvent encore contre ce concours, qui n’est qu’un jeu autour des mots, car nous comprenons tous l’intérêt de la bonne orthographe, une forme de politesse et de respect.

Jean d’Ormesson écrit : « Le langage c’est l’homme », rien d’autre à ajouter !

Bon anniversaire !

finale 2016dictée Liliane et Jacques

Le jazz

Le Jazz par Stéphane Mercier ! En voici la présentation, merci de votre accueil et de votre intérêt ! Une façon simple d’entrer dans ce monde-là !

Le Jazz” est le premier ouvrage d’une toute nouvelle collection proposée par les Editions Ikor.

Ce livre s’adresse à tout public. En effet, l’apparition du jazz est présentée dans son contexte politique et social. Les parallèles sont tirés entre l’évolution du jazz et les événements marquants de notre société démocratique et capitaliste: l’immigration, la ségrégation, la prohibition, la Seconde Guerre mondiale, les grandes inventions et les révolutions ont influencé cet idiome en perpétuel changement. La grande Histoire est contée à travers les petites histoires de ces personnalités attachantes.

Aujourd’hui, le jazz est plus que jamais parmi nous, car cette musique créative et interactive se veut porteuse de messages de justice, d’égalité, de tolérance et d’anti-conformisme.

L’auteur vous invite donc à entrer dans la fabuleuse histoire du jazz, qui est d’une certaine manière notre histoire à tous…

Passionné d’histoire du jazz depuis les années 80, le saxophoniste Stéphane Mercier étudie au Jazz Studio d’Anvers, au Conservatoire Royal de Bruxelles et au Berklee College of Music.

Les sept années passées ensuite à New York lui donnent l’occasion de croiser certains acteurs de première main comme Herbie Hancock, Wynton Marsalis, Horace Silver, Tommy Flanagan ou George Benson. Il entend des histoires de proches de Duke Ellington et de Charlie Parker, comme celles de l’éminent professeur Herb Pomeroy.

Rentré en Europe, Toots Thielemans l’aide à rencontrer Quincy Jones, lançant une série d’interviews, dont celle de Kenny Garrett, saxophoniste ayant cotoyé les derniers grands orchestres et leaders de la grande époque.

En 2013, il monte un spectacle sur l’histoire du jazz avec son père Jacques Mercier. “La Boîte de Jazz” attire 27 000 spectateurs en un an et demi, soit 270 représentations à guichets fermés.

http://www.ikoreditions.com

https://www.ikoreditions.com/index.php?menu=voirsesoeuvres&idUtilObject=TQ-OGA119

Le jazz

 

Au début, il y eut Brel !

 

Dans deux jours, lors de l’émission « 69 minutes sans chichis », en direct, la belle Joëlle évoquera sûrement ma première rencontre avec Jacques Brel, à 14 ans, élément déclencheur de ma vocation. Mais il y en eut d’autres :

Mes premières retrouvailles avec Jacques Brel – après être devenu animateur de radio – fut un rendez-vous fixé chez lui, une belle maison près du boulevard qui mène à Zaventem. Sa femme, Miche, m’accueillit et m’installa avec deux ou trois jolies jeunes femmes dans le living, coquet avec une mezzanine qui fait le tour de la pièce. Comme on le fait encore souvent, on avait regroupé quelques demandes d’interviews et m’entouraient des journalistes de magazines féminins, belles comme il se doit et qui m’intimidaient. Madame Brel nous prévint que Jacques était rentré tard dans la nuit et qu’il faudra que l’on patiente.

Vingt minutes plus tard, apparût à la mezzanine l’artiste… en peignoir. Il nous interpella, s’excusa, il venait de se réveiller et allait se dépêcher. Il regarda qui l’attendait et vit évidemment ce parterre de jolies filles et moi. Il se ravisa et annonça qu’il viendrait tout de suite et il se mit à descendre l’escalier en peignoir… mais comme il était provocateur, il le laissa entrouvert et est complètement nu en dessous. Les filles riaient, j’étais le plus gêné, rouge pivoine ! Elles devaient en avoir vu d’autres, mais moi pas. De plus, il s’est assis près de moi et voulut commencer par mon interview. J’enregistrai, mais j’étais mal à l’aise. Heureusement, je pouvais le laisser présenter les disques qu’il avait choisis : Brassens, Trenet, Nougaro et Gainsbourg dont les premiers disques étaient récents, mais aussi de la musique classique…

Ici je dois vous raconter deux choses :

La première est que la voix est ce qui nous trahit le plus : Or, la peur rendait ma voix détimbrée… A un moment, au milieu de l’interview, Jacques Brel me dit : « Dites, Monsieur, vous ne dites pas grand-chose ? » Je répondis d’une voix de tête « Non » Il continua : «  Je ne vous fais pas peur au moins ? » Je m’entendis répondre « Si, un peu ! »

La deuxième est que lors de son choix de musique classique il me bluffa ! Il avait choisi Paul Dukas, Maurice Ravel, un extrait du Concerto de la main gauche, mais le largo dans la version de Samson François, pas une autre, etc. J’étais scié, sidéré : un chanteur, dit de variétés, connaissait donc tout cela ! Il ne fallait dès lors jamais coller des étiquettes, ni se fier aux apparences ! Cela fut comme un électrochoc. Si les personnes que j’interviewais connaissaient tout cela, il fallait que j’étudie tout cela aussi ! (Plus tard, je sus qu’ils n’étaient pas si nombreux finalement dans ce cas !)

Je suis sorti de chez Brel, me suis rendu dans la première grande librairie que je connaissais, et j’ai acheté dans la collection « Que sais-je ? » tout ce qui musicalement m’était assez étranger. Sans me douter encore que « Que sais-je ? » était la devise de Montaigne. Ces livres sont toujours dans ma bibliothèque : le solfège, l’opéra, l’opérette, la musique classique française, etc. Pendant deux ans environ, tous les soirs où c’était possible en semaine (j’étais fiancé et je ne la voyais que le WE, pas encore marié – car il fallait attendre que passent les six premiers mois du service militaire) je lisais, prenais des notes comme à l’école – ce que je fais toujours aujourd’hui – et j’écoutais sur mon Teppaz les 33 tours que je pouvais emprunter à la discothèque de programmation de la RTB…

Et à propos de Brel, je vous confirme que sur la fiche « Jacques Brel – « Le caporal Casse-Pompon » et « Au suivant », il y avait la trace d’un grand cachet noir : « censuré – interdit d’antenne ». Dans « le caporal Casse-Pompon » on entendait le mot « baise » et dans « Au suivant » le mot « Bordel ». 

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Le gros oeuf en chocolat

Bonne fête de Pâques !

Dans les « Mémoires » que je suis occupé d’écrire, je retrouve cet épisode de mon enfance. Il se déroule durant la période pascale. Je le partage volontiers avec vous :

« Encore enfant, je fus opéré de l’appendicite. On allait encore peu à l’hôpital et je revois ma mère pleurer lorsque le médecin de famille m’emmena dans sa voiture à la Clinique « Refuge de la Sainte Famille », tenue par les Sœurs de la Charité.

Tout se passa bien et lorsque je suis revenu à la maison, je dus garder le lit quelque temps. Je n’éprouvai aucune douleur et trouvai la situation d’autant plus agréable que nous étions dans la période pascale. Tous les visiteurs, la famille, les copains de classe, les voisins, m’apportaient des œufs en chocolat !

Une tante m’en avait apporté un immense, le plus grand que je n’avais jamais vu, et qui contenait lui-même des dizaines d’autres petits œufs enrobés de papiers dorés ou argentés. Je le gardai sur une chaise à côté du lit et je le partageais bien entendu ; on brisa peu à peu sa coque brune ! Mon père seul n’en mangeait pas. Je ne croyais donc pas à un penchant gourmand héréditaire… jusqu’au jour où je lui posai la question.

Mon père me révéla alors qu’il adorait le chocolat, mais qu’il avait été trop gourmand. Lors de son anniversaire, qui réunissait beaucoup de membres de la famille, on avait apporté deux gros gâteaux au chocolat. Au moment du café, il se mit à découper le premier, à en disposer les parts sur les assiettes à dessert et à les remettre aux convives. Alors qu’il allait entamer le deuxième gâteau, on s’écria qu’il ne pouvait pas le partager car il lui était entièrement destiné. On le savait grand amateur de chocolat et c’était un cadeau d’anniversaire !

Par défi et par gourmandise, il l’engloutit tout entier… et en fut dégoûté à jamais. L’excès n’est jamais conseillé. Voilà pourquoi je ne l’ai jamais vu manger de chocolat ; voilà pourquoi je pense que cette passion est peut-être un peu héréditaire ! »

(Un oeuf qui bat des records, chez Guylian)

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Troubles midis : un témoignage impressionnant !

 

Voici le texte et le lien vers mon analyse du roman de Catherine Melchior Sana, que je vous conseille vivement !

« Dès la première phrase, nous sommes avec Catherine Melchior Sana, nous quittons notre monde pour rejoindre le sien », telle est la première phrase de la préface. « Troubles midis » raconte quelques moments de la vie d’une « personnalité limite », soit quelqu’un qui est borderline.

Ce sont de larges pans de vie, des tranches découpées à vif dans l’âme. L’auteure parvient à faire passer des descriptions incroyables de la douleur intérieure. Ce trouble est vertigineux, inquiétant, tellement ressenti à la lecture.

L’avant-propos de Géraldyne Prévot-Gigant, psychothérapeute, éclaire fort bien le roman et donc tous ces problèmes que ressentent les personnes atteintes de ce trouble. Elle nous donne par exemple les symptômes qui sont visibles dans une relation de couple : les efforts pour éviter abandon réel ou imaginaire, l’alternance d’idéalisation et de dévalorisation, l’absence de sentiment solide d’identité, une impulsivité dans deux domaines au moins (dépenses, sexe, toxicomanie, conduites à risque, troubles alimentaires…), des menaces suicidaires et automutilations, une instabilité affective…

Mais une fois que le borderline aura suivi une psychothérapie et trouvé son équilibre, il aura toujours cette générosité dénuée d’égocentrisme et toutes ces caractéristiques : Sympathie, disponibilité, curiosité, ouverture d’esprit, créativité, intelligence, caractère fort, modestie…

De mémoire, je retiens deux « moments » du livre : La vie est pareille à ce retour de pêche en mer, où l’on rejette les trop petits crabes qui en meurent. L’un d’eux sera sauvé par un enfant. Et aussi ce malaise devant l’envahissement de Sandrine, sans que la narratrice n’ose la contrecarrer.

Mais le style est, lui aussi, de la meilleure facture ! Voici, par exemple, le premier paragraphe du premier chapitre : « C’était une partie d’elle. Elle ne savait ni pourquoi ni comment revenaient à son esprit de vastes champs pourfendus par un chemin droit goudronné et, plus loin, ces arbres grandioses dessous lesquels un petit sentier de terre incrusté de cailloux plongeait dans l’ombre fraîche des branches lourdes de feuillages gras entremêlés. »

Et quelques bribes picorées dans « Troubles midis » :

« J’imagine combien les gens sont inaptes à se comprendre. Il suffit de regarder les informations télévisées pour en avoir la preuve. Guerres à gogo, internationales, nationales, de voisinage, de couples. »

« C’est l’insatiabilité de la « passoire » laissant écouler l’amour au fur et à mesure qu’il est offert. »

« Que dois-je faire ? – Apprendre – Apprendre? – Que tu existes en être de bien, qu’il y a un nom pour chaque émoi et que tout ce qui te trouble peut te rendre forte. »

Ce roman témoigne, décrit, donne à penser par l’émotion de l’histoire et la qualité de l’écriture mise à son service. On en sort enrichi et grandi.

Jacques MERCIER

« Troubles midis », roman, Catherine Melchior Sana, Ikor éditions décembre 2016, A5 14,8X21 cm 208 pp, 16,20 euros.

http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/archive/2017/04/10/troubles-midis-un-incroyable-temoignage-8717710.html

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La science des ânes !

Voici un excellent billet écrit par le poète Philippe Colmant la semaine dernière, à l’occasion de l’édition 2017 de la Semaine de la langue française et de la francophonie. Cet article de circonstance est paru sur le site intranet de la Cour des comptes européenne, où l’auteur travaille.

L’orthographe, « science des ânes » ?

Dans sa réponse à une lettre d’insultes comportant de nombreuses fautes d’orthographe, le poète français Léon-Paul Fargue avait écrit : « Monsieur, je suis l’offensé, j’ai le choix des armes, je choisis l’orthographe. Donc, vous êtes mort. »

En cette Semaine de la langue française et de la francophonie, comment ne pas évoquer l’orthographe, cette mal-aimée ? De plus en plus foulée aux pieds, torturée, contournée, cette convention d’écriture peine, malgré ses réformes successives, à faire l’unanimité. Entre partisans et détracteurs, le fossé est parfois immense, les premiers reprochant aux seconds une coupable fainéantise, les seconds moquant les premiers pour leur conservatisme dépassé.

Certes, la langue française passe pour être la plus difficile du monde lorsqu’il s’agit de l’écrire, tant elle est truffée de pièges et d’exceptions. Rédiger sans fautes relève donc pour beaucoup du parcours du combattant, même si apparemment, Napoléon considérait l’orthographe comme la science des ânes. Il est toutefois notoire que les écrits de l’Empereur n’étaient pas des exemples de rigueur orthographique, et l’Histoire raconte qu’il aurait transformé pour sa défense l’adage original (« L’écriture est la science des ânes »), qui faisait référence au fait qu’il ne fallait pas être grand clerc pour avoir une belle écriture.

Alors, l’orthographe est-elle à la portée du premier venu ? Non. Connaître les règles ne suffit pas : il faut aussi de la logique… et du vocabulaire, beaucoup de vocabulaire, qu’il est indispensable de maîtriser. En d’autres termes, une bonne orthographe n’est pas seulement affaire de contenant, mais aussi de contenu. Et s’il est vrai, comme le prétendait Stendhal, que l’orthographe ne fait pas le génie, elle ne l’empêche pas et contribue quand même grandement à la compréhension du message écrit. D’aucuns la considèrent comme une forme de savoir-vivre dans le savoir-écrire : Alain-Fournier y voyait une forme de respect, tandis que pour Jean Guéhenno, l’orthographe n’était ni plus ni moins que la politesse de la langue.

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Les abonnés absents !

Quelques expressions de notre langue française (avec quelques belgicismes en prime) ont été expliquées dans ma causerie inaugurale du Congrès des Professeurs de français de La Haye. Je suis vraiment très heureux des réactions positives et souriantes qu’elle a suscitées. Au point d’épuiser le stock de dizaines d’ouvrages commandés par la librairie hollandaise locale et que j’ai dédicacés. Les éditions Racine viennent de rééditer ce livre « Les 500 expressions de Monsieur Dictionnaire » …

(http://www.racine.be/fr/les-500-plus-belles-expressions-de-monsieur-dictionnaire-1)

… tandis que vous pouvez suivre tous les jours vers 19h18 sur la Une TV RTBF les nouvelles courtes séquences enregistrées avec Philippe Geluck !

Mais pour la rentrée, j’écris en ce moment un deuxième volume avec 200 nouvelles expressions, dont quelques « branchées » pour la nouvelle génération. C’est un plaisir toujours renouvelé de se plonger dans l’origine des mots, des expressions : c’est souvent drôle et insolite !

Voici en avant-première la toute première expression qui ouvrira le futur livre :

(Non, il n’y aura pas « Non, mais allo quoi ! » Vive la belle langue française !)

Être aux abonnés absents

Ne pas donner signe de vie

Jusque dans les années 1960, pour atteindre un correspondant par téléphone, il fallait passer par une opératrice. Celle-ci répondait de vive voix et dans sa centrale téléphonique établissait la connexion avec le correspondant souhaité à l’aide de fiches enfoncées dans un panneau mural. Comme le « répondeur » n’existait pas encore, lorsqu’on souhaitait signaler une impossibilité de répondre au téléphone, on pouvait utiliser le service des « abonnés absents » en se faisant inscrire sur une liste. Dans ce cas, l’opératrice informait l’appelant que la personne demandée était absente.

Avec l’arrivée des répondeurs automatiques et des nouvelles technologies, le service a disparu, mais l’expression s’utilise encore au figuré pour signifier que quelqu’un ne répond pas à un appel ou à une demande. Et même le plus souvent, c’est refuser de répondre.

Exemple : « Bicentenaire de Waterloo : la France aux abonnés absents » titrait le site de France 24 quand les autorités françaises déclinèrent l’invitation en juin 2015.

Un standard de telephone typique en 1943

Le français, ça marche !

Il faut que je l’avoue : je suis « honoré » d’être invité ce vendredi à donner la conférence inaugurale du Congrès des professeurs de français aux Pays-Bas ! J’évoquerai les expressions de la langue française (en tant que « Monsieur Dictionnaire » et en référence aux livres et aux émissions), mais aussi quelques jolis belgicismes. Cette biennale a fait le plein – depuis des semaines – des 550 professeurs de français hollandais et nous fêterons ensemble la Semaine de la Francophonie.

Ont été mis sur pied des ateliers, des conférences, des débats, des soirées (Philippe Claudel, par exemple, est l’un des invités).

Tout cela se déroule dans le Palais des Congrès de Noordwijkerhout, entre Amsterdam et La Haye. Je salue le travail de la Délégation Wallonie-Bruxelles et de la Région Wallonne sur place, avec M. Marc Clairbois, et l’enthousiasme du Président, M. Marcel van den Munckhof, avec lesquels nous échangeons de nombreux mails pour que tout se passe au mieux.

Je parlerai dans ma conférence, par exemple, de la plus vieille expression existante : « Enfoncer le clou » qui date de Sumer, il y a 6000 ans ; mais aussi de l’expression « Laisser la porte contre », un merveilleux belgicisme… Sans oublier de revendiquer le mot « praline », que bien des auteurs avaient erronément attribué au duc de Plessis-Praslin.

Le slogan du congrès de cette année est « Le français, ça marche ! » Pour faire sourire mes spectateurs, j’essaierai de trouver des synonymes, comme « ça baigne » ou « ça roule » ! (Si vous avez des idées à me transmettre, avec plaisir)

Vive la langue française !

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C’est le printemps !

C’est le printemps ! Aujourd’hui à 10 heures 28 minutes 38 secondes précises, ce sera l’équinoxe de printemps, le moment où le soleil se trouve au zénith de l’équateur. La durée du jour égale celle de la nuit. (En Météo, le printemps commence au début du mois).

Le premier mot qui vient à l’esprit c’est renaissance. Les poètes ont évoqué maintes fois le printemps :

(Johan Friedrich von) Schiller : « La fantaisie est un perpétuel printemps »

(Pierre de) Ronsard : « Amour et les fleurs ne durent qu’un printemps »

Paul-Jean Toulet : « Il y a des pluies de printemps délicieuses où le ciel a l’air de pleurer de joie »

(Alfred de) Musset : « Ainsi va le monde ici-bas. / Le temps emporte sur son aile. / Et le printemps et l’hirondelle/ Et la vie et les jours perdus. »

(William) Shakespeare : « A Noël, je n’ai pas plus envie de rose que je ne voudrais de neige au printemps. J’aime chaque saison pour ce qu’elle apporte »

(Arthur) Rimbaud : « Salut ; c’est le printemps ! C’est l’ange de tendresse ! Ne devinez-vous pas pourquoi je bous d’ivresse ? Ange de ma grand-mère, ange de mon berceau, ne devinez-vous pas que je deviens oiseau, que ma lyre frissonne et que je bat de l’aile comme l’hirondelle ? »

Mais aussi :

« Le printemps naît chaque fois que rit une jeune fille et meurt chaque fois que pleure un enfant » (Germaine Beaumont)

« Les fleurs du printemps sont les rêves de l’hiver racontés, le matin, à la table des anges » (Khalil Gibran)

Je souris à ceci : « Le printemps est la saison où les garçons commencent à comprendre ce que les filles ont su tout l’hiver. » (O.Henry)

Dans les pensées de Charles Joseph de Ligne, on trouve : « J’avance dans l’hiver à force de printemps »

Mais, à l’étape de ma vie où je suis, j’aime surtout cette réflexion optimiste de François Maynard : « L’hiver de ta vie est ton second printemps » !

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Lettre à Dieu

Il y a quelques jours, un dossier spécial était consacré dans L’Avenir aux attentats de Bruxelles, un an plus tard. La rédaction a demandé à plusieurs personnes d’écrire une lettre, à qui l’on voulait : témoins, pouvoirs, victimes, etc. J’ai choisi d’écrire une Lettre à Dieu. La voici :

Cher Dieu,

Bien sûr, on Vous connaît sous plusieurs noms différents (et même parfois, il est interdit de prononcer Votre nom), mais il me semblait que l’idée générale de toutes Vos religions était l’amour ? Pas la haine, mais l’amour. Que se passe-t-il ? Qui dévoie le message ? Nous ne sommes que des hommes, mêmes les religieux sont des hommes, nous commettons beaucoup d’erreurs, mais comment peut-on être en Votre nom à l’opposé de l’amour ! Ne pouvez-Vous rien faire ? Les plus sages d’entre nous peuvent-ils convaincre que le fanatisme aveugle et cruel ne sert à rien ? Je sais que Vous avez inspiré quelques figures marquantes de notre Histoire. Gandhi, par exemple, qui a dit ces mots qui correspondent bien à la situation tragique : « Il y a beaucoup de causes pour lesquelles je suis prêt à mourir, mais aucune pour laquelle je suis prêt à tuer ».

Cher Dieu, dites-moi si je me trompe ? Normalement, on naît, on grandit, on existe, on meurt. Ce trajet sur Terre, dans le temps et dans l’espace, est plus ou moins émaillé de bonheurs et de malheurs. Chaque fois que c’est nécessaire, on tâche d’encaisser et de tourner la page (C’est une des plus belles chansons de Claude Nougaro : « Il faut tourner la page – Changer de paysage – Toucher l’autre rivage… ») et on se reconstruit. Mais avec de tels carnages, comment faire ?

Le week-end dernier, je suis passé par le hall entièrement refait de l’aéroport, où le drame a eu lieu l’an dernier : tout est neuf, rutilant, aseptisé ; pas une trace ne subsiste… Et pourtant, un sentiment trouble nous remplit d’émotion. Cette émotion, cette empathie, personne ne pourra nous l’enlever : on pense à ceux qui étaient présents, à ceux qui sont désormais absents. Le bâtiment a beau être remis à neuf, notre conscience, notre esprit, notre âme ne pourront jamais se remettre de cette brutalité.

Cher Dieu, je Vous en prie (oui, comme la prière) dites-nous encore que l’avenir ce n’est pas « assassinez-vous ! » mais bien « aimez-vous les uns les autres !»

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