Un sentier dans les bois

Pourquoi ne pas poursuivre cette re-lecture de mes éditos « Entretemps », avant qu’ils ne fassent partie d’un livre ? Voici un texte écrit en novembre 2001 !

Quand c’est possible, arpenter les chemins dans les bois demeure le meilleur des traitements pour combattre l’angoisse du monde contemporain. Avec quelques règles de base, – vous avez remarqué comme c’est simple : on garde des racines, qui sont les normes, et on évolue en ne les quittant pas de vue ; on y ajoute l’évolution de l’homme. C’est ainsi pour le travail, la vie en société, l’usage de la langue française même ! – des règles comme celle de ne pas regarder sa montre et celle de ne pas s’encombrer d’un téléphone : vous en revenez différents. Tout est concevable quand vous laissez la nature agir, c’est finalement en son sein que l’homme se sent le mieux. Au fil de ces promenades quotidiennes, je redécouvre parfois dans ma mémoire des poèmes. Rien n’est le fruit du hasard : « Les arbres des forêts sont des femmes très belles / Dont l’invisible corps sous l’écorce est vivant. » écrit Pierre Louÿs dans « Les hamadryades ». Ce matin-là en rentrant, j’ai feuilleté « Sagesse des arbres » (Calmann-Lévy) et j’ai découvert la comparaison que faisait Paul Claudel entre l’homme et l’arbre : « L’arbre seul, dans la nature, pour une raison typifique, est vertical, avec l’homme. Mais un homme se tient debout dans son propre équilibre… L’arbre s’exhausse par un effort. » Non, je ne connaissais pas le sens de l’adjectif « typifique » et cela m’a entraîné dans des recherches. Le verbe typifier est rare et signifie qu’on associe facilement à un type. En ce début novembre, alors que les grondements des bombardements lointains mais tellement visibles par l’intermédiaire des médias, cette parenthèse (cet « entre-temps ») m’apporte à chaque fois des réflexions diverses. Je repensais hier matin au film « Bienvenue, Mr. Chance» avec Peter Sellers, où ce jardinier énonce des évidences qui sont prises comme des conseils de vie et de politique par le président des États-Unis. Et si c’était ce qu’il fallait faire ? Pas dans un film, mais dans la réalité. Je découvre les bosquets, les futaies, les clairières différents de saison en saison. Au printemps, je me souviens de l’envahissement des branches feuillues et denses ; à l’automne, hier, ces mêmes lieux me semblent presque rangés, déblayés, puisque le surplus de la flore jonche à présent le sol. Et j’y ai vu une comparaison avec notre vie et les âges : adolescent avec ses possibles, sa fougue et adulte avec son calme, son expérience. Ne devrions-nous pas tous nous ménager des « entre-temps » ? Cela permet d’affronter la jungle de la vie. Et le mot jungle est intéressant et colle au propos. « Une société sans injustice, sans corruption, sans privilèges, et où la règle ne sera plus celle de la jungle : l’entre-mangement universel » écrivait Roger Martin du Gard dans « Les Thibault ». Car après ce moment de décontraction, il est plus aisé ensuite d’être tolérant, d’écouter, de comprendre. Que ce soit au bureau, dans les embarras de la circulation, en famille. Je ne fais pas de morale simpliste, je constate tout simplement. C’est une recette que je vous livre. Je la préfère à celle d’être « pendu », comme dit l’expression (pendu aux basques, pendu au téléphone, pendu au nez), aux nouvelles, aux rebondissements de l’information, tout cela qui nous encombre, qui nous angoisse, qui nous perturbe et contre quoi nous ne pouvons pas faire grand-chose en général. Une exception (rare par définition), mais de taille : la bonne nouvelle. Celle qui réjouit le cœur, celle qui nous fait vibrer avec les autres, celle que nous commentons avec un sourire ému : la naissance d’une jolie petite fille, par exemple. La naissance d’un être est certainement l’événement le plus extraordinaire à vivre au cours de notre aventure terrestre. C’est le prolongement de ce que nous sommes. Mais c’est aussi et surtout cette incroyable et soudaine fusion du corps et de l’âme. En parle-t-on encore assez de cet aspect des choses ?

 

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La minute de silence

En ce moment, je relis une série de chroniques mensuelles que j’avais écrites pour le supplément WE de La Libre. Le thème général était : « l’entre-temps », tout ce qui nous permettait de faire une pause, de réfléchir, d’être avec soi-même… J’en ferai sûrement un livre de chroniques. Voici une des premières rubriques, parue en 2001.

La minute de silence

Cette minute de silence quasi planétaire, que nous avons observée récemment et à juste titre (à propos des événements tragiques du 11 septembre 2001 à New York), m’a fait songer à l’existence et à l’utilité du silence. Existe-t-il d’ailleurs un endroit où nous l’entendons ce silence ? On le cherche dans le parc des villes, encerclé des bruits de la circulation, dans nos jardins, sillonnés des passages d’avions ou de lointains vrombissements d’autoroutes. Ce n’est jamais le vrai silence, c’est celui de « silence, on tourne ! » qui demande étrangement la parole aux acteurs. En réalité, le silence tout relatif que nous cherchons est plutôt l’absence de paroles. Et « la parole est d’argent mais le silence est d’or », extraite d’une ancienne pièce de théâtre oubliée aujourd’hui, en est la juste définition. Ce silence-là nous renvoie au plus profond de nous, vers la réflexion. Dans un superbe livre « L’esprit de solitude », Jacqueline Kelen écrit : « Le fond de l’être est d’or. Je peux y avoir accès grâce au silence et à la méditation. » Souvent, je me suis demandé ce que les êtres pensaient durant cette fameuse « minute de silence ». D’autant que la définition du dictionnaire est elle-même sceptique puisque je lis : « Silence rendu en hommage aux morts en restant debout et immobile, d’un air recueilli. » Vous lisez comme moi ? D’un « air » recueilli… Autant dire que la plupart de ceux qui l’observent ne le sont pas et pensent à la suite de leur journée, à ce qu’ils vont dire, à ce qu’ils ont oublié de faire, à leurs proches, à tout… et puis pourquoi pas ? C’est bien là l’utilité du silence : creuser en soi, faire le ménage, nettoyer ses pensées et peut-être tout-à-coup en arriver à des choses plus importantes. Longtemps j’ai cru que s’isoler était un peu égoïste. Je sais maintenant que c’est indispensable, que la solitude est une force pour mieux affronter le monde. Je dirai même qu’elle est la liberté et l’insoumission. Quand les hommes sont en groupe, ils ne pensent pas de la même façon et les pouvoirs, quels qu’ils soient, adorent ces rassemblements de masse, ces exercices d’ensemble. Savez-vous que l’Inquisition a envoyé au bûcher une Béguine de Valenciennes qui prôna dans un traité la solitude de l’âme ? Or, être seul c’est se trouver, se retrouver, se connaître, reprendre des forces. Comme j’aime les mots, je me suis demandé d’où venait cette onomatopée « chut ! » qui demande le silence (Ah ! ces bras croisés et le doigt sur la bouche de nos premiers bancs d’école !) et j’ai appris que la racine « chu » évoque le murmure comme dans « chuchoter ». Mais comme les hommes sont ce qu’ils sont, très vite le verbe chuchoter a pris une connotation péjorative de médisance. Oublions ça ! Pour en revenir au silence, on parle beaucoup dans l’actualité de la « loi du silence », l’obligation, dans les associations de malfaiteurs, de ne jamais donner de renseignements à la police sur les agissements de leurs associés. Pour ne pas faire d’amalgame facile, on parle dans les affaires de « secret professionnel », de « devoir de discrétion », de « clause de confidentialité » ou à l’inverse de « délit d’initié ». Une loi de 1978 définit d’ailleurs ce silence dans les contrats de travail. Sans doute, le chauffeur de Jacques Chirac, le chambellan de la reine d’Angleterre ne connaissent-ils pas la loi (du silence) ! Et le vrai silence, le trouve-t-on vraiment sur terre ? Il semble qu’au fond des grottes on puisse le trouver, mais là même le bruit de l’eau qui perle au bout des stalactites doit troubler le silence. Dans un bunker matelassé, une casemate isolée, peut-être, telle celle que le poète Georges Brassens s’est fait construire au fond de son jardin et dont il me fit la confidence, qui me laisse encore perplexe. Dans un cloître plus sûrement. Mais de toutes manières, il ne semble pas facile de faire silence, de trouver le silence. Alors, comme toujours, il faut faire avec ce qu’on a. Certains écrivent à la terrasse des cafés au milieu de la foule, c’est qu’ils peuvent s’en extraire. D’autres ont lors de conversations le regard vague, ils sont ailleurs (il faudra un jour que je vous parle des anges qui passent…), ils sont dans leur silence. Et puis expliquez-moi pourquoi je ne m’endors jamais mieux que devant le téléviseur qui pérore, rabâche, radote, répète et ronronne le soir venu ?

Octobre 2001

#sharethecolor

Ayons le respect de la diversité de genres et de sexualités. On en parle à Bruxelles durant le mois de mai et début juin.

Le but est de pousser toute la population bruxelloise (et plus si possible) à « partager la couleur », c’est à dire à montrer ouvertement son engagement et son soutien envers la communauté LGBTQI+ dans la vie de tous les jours, afin que ces personnes puissent vivre normalement sans être la cible de railleries, moqueries, harcèlements voire d’agressions. Vu la récente actualité et l’agression homophobe qui a encore été commise il y a quelques jours à Bruxelles, cette campagne est vraiment cruciale…

Des personnalités font des selfies avec l’ongle du doigt peint !

https://twitter.com/hashtag/sharethecolor?src=hash

Mince sans régime ?

Comme c’est une préoccupation pour beaucoup de personnes : ne pas trop prendre de poids, et comme j’en ai beaucoup discuté, que j’ai lu des textes et entendu des conférences à ce sujet, je suis convaincu. Et puis je fais confiance à ma fille Sophie, avec laquelle j’ai écrit « Toute une vie d’amour » ! Ce que cette thérapie propose me semble tellement intéressant que je vous donne ci-dessous le communiqué reçu par la presse (Par ailleurs Sophie en a parlé sur diverses antennes de radio et de télévision avec conviction ; elle s’occupe de la région de Charleroi )…

Perdre du poids autrement grâce à la Mincithérapie .

L’éthique de la Mincithérapie :
La Mincithérapie n’est pas un régime.
C’est une philosophie de vie, un travail de reconnexion à soi, au corps, à son identité véritable, à ses besoins profonds. Nous n’y parlons pas de diététique, ni de nutrition. Nous y parlons de stress, de frustrations, de compensation, d’émotions, mais aussi de découverte, de libération, de rencontre avec le soi vivant, le soi vibrant.
La Mincithérapie n’est pas un régime, c’est bien plus que ça : c’est est une méthode respectueuse du corps et de l’esprit, c’est l’art de vivre avec Soi-M’Aime.

La conceptrice de la Mincithérapie :
France Verheyden est thérapeute depuis plus de 12 ans. Elle a créé sa méthode en faisant le constat que certains patients perdaient du poids au fur et à mesure qu’ils amélioraient leur qualité de vie.
Quand on s’aime suffisament, on a envie de se faire du bien. Quand on célèbre suffisament la vie on a besoin de lui donner du sens, de la vivre mieux et de ne plus chercher la compensation dans la nourriture.
Forte de ce constat, elle a créé sa méthode en se basant sur ses années d’expériences professionnelles et sur ses nombreuses formations : PNL, hypnose, Analyse transactionnelle, yoga du rire, thérapie du jeu de sable, Approche Neuro cognitive et comportementale, …

Le pourquoi de la Mincithérapie:
Nous savons maintenant que les régimes sont inefficaces et mêmes parfois mauvais pour la santé. Nous savons aussi que les images véhiculées dans les publicités ne sont pas représentatives de la réalité physique des femmes. Le temps est venu non plus de correspondre à des standards ou à des fantasmes, mais de prendre soin de soi , d’apprendre à se respecter. Nous sommes dans l’écologie et le développement durable !
On ne maigrit pas par rapport à ce qu’on mange, on maigrit par rapport à ce qu’on est.

Les fondements de la Mincithérapie.
Il s’agit d’enlever des couches, celle de protection qui anesthésie, celle de la peur qui pétrifie, celle du manque d’estime qui démoralise et toutes les autres : celles qui empêchent de lâcher prise, de rayonner, de s’épanouir, de s’alléger.

Les outils de la Mincithérapie :
La méthode est contruite et réfléchie de façon à détricoter les schémas automatiques limitants pour se recontruire dans quelque chose de plus juste, de plus éthique. C’est un processus de libération et de nettoyage psychologique.
Psychologie positive, Approche Neuro Cognitive et Comportementale, yoga du rire, PNL, hypnose, Coaching, autant d’outils qui font de la Mincithérapie une méthode sur mesure, qui va s’adapter à chacune, à son propre rythme.

La Mincithérapie de façon pratique :
Les cours se déroulent en groupe, en séances hebdomadaires réparties sur une année.
Cette durée permet d’installer de nouveaux réflexes à long terme.
Le groupe permet de partager ses propres expériences et de se reconnaître au travers des autres. C’est un appui qui permet de se sentir comprise et soutenue, portée.

Où se donnent les cours de Mincithérapie ?
Pour le moment à Waterloo et à Dion Valmont, mais à partir du mois de septembre de nouveaux cours verront le jour à Bruxelles, Gembloux, à Charleroi et dans la région de Namur. L’idée est que chacun puisse trouver un cours près de chez elle, partout en Belgique.

Quel est le prix des cours de Mincithérapie ?
Le prix est de 195€/module de 7 semaines. Ce prix comprend les séances de cours et les séances de coaching en vidéo.

Qui contacter pour suivre les cours de Mincithérapie ?
Terry au secrétariat : 0477/777.027 ou via notre site : http://www.mincithérapie.org

Témoignages disponibles
Virginie a perdu 35kg grâce à la Mincithérapie
Julie a subi un Bypass et suit le programme de Mincithérapie pour ne pas retomber dans ses travers alimentaires
Sophie est médecin généraliste et suit le programme de Mincithérapie afin de pouvoir orienter ses patients vers une méthode globale.

 

Mai 68, c’était hier !

La collection Opuscule aussi se souvient de mai 68. Suis heureux d’avoir pu fournir un texte sur cette époque, que j’ai vécue en étant déjà depuis cinq ans à la RTBF, mais toujours à la place Flagey. L’émission « Dimanche Musique » battait des records d’écoute… Mais vous découvrirez la suite et d’autres textes dans le petit livre, dont je donne les coordonnées ci-dessous. (Merci à Fred pour la caricature !)

Le Hors-Série est disponible en ligne sur http://www.lamiroy.be et plus précisément sur https://lamiroy.net/collections/vitrine/products/hors-serie-02-mai-68-a-50-ans

La finale de la dictée du Balfroid

Cela reste un merveilleux moment pour toutes celles et tous ceux qui aiment la langue française, la communication, le dialogue, les mots et les expressions : les dictées de madame Liliane Balfroid. Samedi eut lieu la 31e édition !

Ma « première » en télé RTBF se déroula le 1er mai 1999 ! La finale est passée par plusieurs phases, celle de l’origine était un grand spectacle au Heysel co-produit avec notre télé nationale (des cars de captation, deux salles du site prestigieux, sept caméras, une co-présentatrice (Eve-Marie Vaes, Corinne Boulangier, Maureen Louys, etc.), un reporter dans les coulisses et des invités de tous les milieux qui se pliaient à l’exercice, l’émission était annoncée en direct par un duplex dans le JT), mais on sait que les choses évoluent vite dans notre société et les priorités, les attentes ne sont plus les mêmes. On veut changer à tout prix, renouveler, accélérer… Alors, une dictée (ce qui semble à première vue de l’anti-télé, mais qui peut justement par cette antinomie être un succès), vous pensez ! D’ailleurs doit-on encore « bien parler » ? Le nombre de fautes dans les médias, la pub, le net n’atteste-t-il pas d’un appauvrissement général, qu’on met aussi sur le compte de la mondialisation, alors qu’il est surtout produit par une sorte de paresse de l’esprit… Bref ! (Je garde les révélations de tout cela pour mes « Mémoires » en cours d’écriture)

Ce samedi, la finale eut donc lieu au Palais des Congrès de Liège et je vous en propose ci-dessous le compte-rendu et le texte parus sur le site http://www.todayinliege.be , mais vous avez d’autres pistes notées en dessous. Pour ma part, outre l’enthousiasme rassurant des élèves qui participent, de leurs parents et de leurs professeurs, de la presse, outre la belle persévérance de cette ASBL Le Balfroid et de Liliane elle-même, cela va de soi, j’aime aussi que certaines personnalités politiques soient fidèlement présentes pour encourager cette opération culturelle : la Ministre de l’éducation de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Marie-Martine Schyns, le Ministre-Président de Wallonie, Willy Borsus (présent bien avant qu’il ne soit nommé à ce poste), sa directrice de communication, Pauline Biévez et Willy Demeyer, bourgmestre de Liège. Qu’ils soient remerciés du fond du coeur ! Et que l’année prochaine puisse bénéficier d’une réalisation encore plus belle et avoir un plus grand retentissement !

Dictée du Balfroid : la finale remportée par une Bruxelloise

Avr 30, 2018

Pas moins de 368 enfants ont participé à la grande finale organisée au Palais des Congrès de Liège ce samedi. Le texte a été, comme il se doit, lu par Liliane Balfroid, la fondatrice de l’épreuve, assistée de Jacques Mercier. Le ministre-président de la Région Wallonne et Marie-Martine Schyns, ministre de l’enseignement, étaient également présents.

C’est une jeune fille originaire d’Uccle qui a remporté la Plume d’or : Laetitia Van Hecke.

Voici le texte

Les pendules à l’heure

Il y a peu, il a fallu remettre les pendules à l’heure, autrement dit les avancer d’une heure, passant ainsi au régime estival. L’horloge et la montre que vous avez achetées étaient sûrement préalablement programmées, ce n’était pas le cas d’autres appareils manuels. Mettre les pendules à l’heure a une autre signification, imagée celle-là et souvent employée. Elle veut dire se mettre d’accord, ramener un débat à son sujet, appeler chacun à la raison afin que la discussion entamée ne dégénère pas. C’est aussi rétablir la vérité que certains ont bafouée, tenter d’apaiser les esprits, planifier les conflits naissants. Chacun a le droit de donner son avis tout en tenant compte de celui des autres. Vouloir absolument avoir raison en politique, par exemple, c’est méconnaître les règles de la démocratie. il faut faire le point, examiner le pour et le contre, parler posément si l’on veut remettre les pendules à l’heure.

Dix mots difficiles

Il était aussi demandé aux participants d’orthographier dix mots. Ceux-ci étaient corrigés en cas d’ex aequo et devaient départager les lauréats.

Les mots : une calebasse, la dénucléarisation, un éventaire, un goujat, pathétique, une paillote, une rambarde, une salangane, synchroniser et un trial.

 

http://www.lameuse.be/225100/article/2018-04-28/dictee-du-balfroid-une-bruxelloise-lemporte-liege

http://www.la-dictee-du-balfroid.be/

http://www.lavenir.net/cnt/dmf20180429_01164179/la-merveilleuse-finale-que-voila

Un soleil de mois d’août !

Le soleil d’aujourd’hui me fait penser aux étés d’enfance « à la ferme » à Awenne, en Ardenne.

Mon père s’épongeait le front. Il transpirait en rassemblant les bottes de paille. C’était la moisson de fin août. Ma mère s’était coiffée comme une paysanne d’un foulard à pois rouges. Nous passions des journées idylliques, emportant avec nous un pique-nique et des bouteilles d’eau. Elles étaient mises au frais dans le ruisseau proche, attachées à une branche par une corde.

J’ai hérité de sa calvitie précoce. Il portait des chapeaux gris cerclés d’une bande soie noire. Le moindre courant d’air sur le crâne lui donnait la migraine. Son crâne précisément était allongé, avec une sorte de bosse à l’arrière, que l’on semblait retrouver sur les momies des pharaons égyptiens. Entre frères, on imaginait parfois une lointaine descendance, le temps d’une conversation à mi-voix. Mon père essayait de remonter dans son arbre généalogique. Mais il devait bien s’arrêter aux incendies révolutionnaires des registres.

Nos aïeux semblaient tous des artisans lainiers. L’un d’eux s’appelait, à la fin du XVIIIe siècle, Jean Le Merchier, mais rien de noble là-dedans, malgré notre envie ! Le nom désignait son activité de vendeur et le « merchier » tenait de la prononciation patoisante soit du père, soit de l’officier de l’état-civil qui l’avait noté. Cela ne dura qu’une génération, on en revint aux Mercier !

On étoffa l’arbre grâce aux lumières d’un abbé Mercier, d’un lointain cousinage, qui avait eu accès à des archives épiscopales et qui vint montrer à mon père le fruit de ses propres recherches. Finalement, du côté de ma mère, les généalogistes en herbe ne remontèrent pas aussi loin dans le temps.

moissons

Accro au smartphone

Encore un mot anglais que nous devrons essayer de remplacer ou d’intégrer mieux dans notre langue française : le phubbing. Le mot existe depuis quelques années et est la contraction de « téléphone » et de « snob » en anglais. On pourrait donc dire « télésnob », mais cela ne rend pas exactement cette addiction, cette façon nouvelle d’être en société.

Il s’agit donc de privilégier le smartphone (j’aurais préféré portable, mais bon…) aux échanges de vive voix avec son entourage.

On a tous des exemples en tête ou sous les yeux : votre conversation est interrompue par la sonnerie (enfin, ce peut être un rire d’enfant, une trompette, un sifflement, une cloche, ha ha ha!) du téléphone de votre interlocuteur, un coup d’œil et il dit « Je dois répondre ! »… Ou bien au restaurant, on jette un coup d’œil sur son écran et on fait rouler les images ou les messages, etc. aux dépens de la conversation.

On rapproche cette pratique du phubbing à cette de la « nomophobie », soit : la peur d’être éloigné de son téléphone, ainsi que du FOMO, l’acronyme en anglais de Fear Of Missing Out (la peur de rater quelque chose). Il s’agit d’un lien quasi permanent qui démontre surtout que notre « smartphone » est devenu bien plus qu’un téléphone, qu’un simple objet d’usage courant, c’est le prolongement de notre liaison avec nos proches, avec les autres, avec les nouvelles du monde entier.

Deux remarques : Tout d’abord, comme le fait remarquer une sociologue parisienne, « On idéalise un peu le monde d’avant, où l’on avait de vraies conversations, car le plus souvent dans les familles on mangeait en silence et ensuite devant la télévision ! ». Ensuite, le point le plus négatif (en dehors de l’impolitesse) est que nous fatiguons notre cerveau en le faisant sauter en permanence d’une chose à l’autre, engendrant des problèmes de concentration et de fatigue.

Évidemment, le plus évident est que nous pouvons chacun décider de ce que nous allons faire, si l’on en prend conscience. On peut décider de désactiver les notifications durant un repas, de mettre en mode silence, etc. le temps d’un entretien, d’un tête-à-tête, d’un moment de silence ou de méditation qui devient indispensable au milieu du brouhaha permanent du monde.

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L’oeuf en chocolat

Alors que nous entamons le week-end pascal (Bonne fête de Pâques !), il me souvient de cette anecdote qui concerne cette époque et mon enfance :

Encore enfant, je fus opéré de l’appendicite. On allait encore peu à l’hôpital et je revois ma mère pleurer lorsque le médecin de famille m’emmena dans sa voiture à la Clinique « Refuge de la Sainte Famille », tenue par les Sœurs de la Charité.

Tout se passa bien et lorsque je suis revenu à la maison, je dus garder le lit quelque temps. Je n’éprouvai aucune douleur et trouvai la situation d’autant plus agréable que nous étions dans la période pascale. Tous les visiteurs, la famille, les copains de classe, les voisins, m’apportaient des œufs en chocolat !

Une grand-tante m’en avait apporté un immense, le plus grand que je n’avais jamais vu, et qui contenait lui-même des dizaines d’autres petits œufs enrobés de papiers dorés ou argentés. Je le gardai sur une chaise à côté du lit et je le partageais bien entendu ; on brisa peu à peu sa coque brune !

Mon père seul n’en mangeait pas. Je ne croyais donc pas à un penchant gourmand héréditaire… jusqu’au jour où je lui posai la question. Mon père me révéla alors qu’il adorait le chocolat, mais qu’il avait été trop gourmand. Lors de son anniversaire, qui réunissait beaucoup de membres de la famille, on avait apporté deux gros gâteaux au chocolat. Au moment du café, il se mit à découper le premier, à en disposer les parts sur les assiettes à dessert et à les remettre aux convives. Alors qu’il allait entamer le deuxième gâteau, on s’écria qu’il ne pouvait pas le partager car il lui était entièrement destiné. On le savait grand amateur de chocolat et c’était un cadeau d’anniversaire ! Par défi et par gourmandise, il l’engloutit tout entier… et en fut dégoûté à jamais.

L’excès n’est jamais conseillé. Voilà pourquoi je ne l’ai jamais vu manger de chocolat ; voilà pourquoi je pense que cette passion est peut-être un peu héréditaire ! Après les poèmes et les romans, cette passion fut l’objet de mon premier essai et fut suivi de quelques autres.

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