Comment vous décrire cette « Nuit Musicale » au Château de Seneffe ? L’ambiance, le charme, le soleil et le crépuscule ? La musique, les textes, le public, les applaudissements ? La chaleur des échanges, le respect du spectateur tellement attentif, l’émotion des notes du piano ? Les frissons, les sourires, les évocations, les rencontres ?

Quelques instantanés, comme ils me viennent à l’esprit, alors que je me remets doucement, avec presque de la tendresse, d’une journée que je sais déjà inoubliable – et probablement unique !

Evidemment la gentillesse des personnes croisées, depuis le bénévole qui accueille les voitures sur les parkings jusqu’au régisseur qui règle l’alignement des chaises, en passant par toutes ces personnes qui me sourient et me parlent de « Monsieur Dictionnaire », des rires, des souvenirs que l’on a en commun. Comment ne pas en être touché ?

Dans l’orangerie du château, nos loges, des tentures nous séparent des musiciennes, des figurantes qui enfilent leurs robes d’époque – et l’arrivée de mon partenaire prestigieux, Daniel Blumenthal, accompagné d’une tourneuse de page et d’une amie qui sera comme un ange pour nous, nous entourant, nous commentant, nous aidant ! Nous rions, mais nous sommes aussi conscients du bonheur qui se prépare : celui de partager avec le public dans ce cadre si particulier. Je relis le texte que j’ai écrit autour de Frédéric Chopin et de George Sand…

La scène 8, où nous allons nous produire, se trouve devant la volière du parc, où de vrais oiseaux exotiques accompagneront de leurs trilles les valses de Chopin dans une  mystérieuse communion, car dans mon texte, sans le savoir, j’évoque les oiseaux que Sand entendait par la fenêtre de Nohant quand Chopin jouait en été !

La surprise d’un public si nombreux que beaucoup se tiennent debout derrière les centaines de chaises ou assis dans l’herbe ! Le soleil descend derrière les arbres et devient orangé. Parfois une voix, des violons traversent le parc et viennent jusqu’à nous, sans nous déranger, comme dans une grande harmonie. Je raconte la passion et puis je m’assieds régulièrement pour suivre Daniel au piano dans les morceaux qui ont été justement composés au cours de cette passion amoureuse. Et je suis ému, je vous jure, jusqu’à la fin de leur amour qui me serre le coeur. Et ces applaudissements qui accompagnent ce spectacle !

Et puis, se dire qu’on rejouera encore trois fois, puis deux fois, puis une dernière fois dans l’obscurité à la lumière de spots doux, des bougies qui dessinent les chemins, dans le bonheur d’un soir d’été magnifique ! Les autographes, les mots si amicaux, le regard, en un mot l’âme qui vibre en vivant intensément tous ces instants que l’on sait déjà précieux et qui resteront à fleur de mémoire…

Merci à Cedric et Emmanuelle qui ont cette bonne idée à « Idée Fixe » des « nuits musicales » et du thème de cette année, la littérature, qui m’aura permis de me plonger dans cet univers ! Merci à vous toutes et tous !

Une photo de Luc Siccard qui reflète si bien l’atmosphère… Bravo !

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