L’été avec Jules Renard (1)

Comme j’ai relevé de très nombreuses et de si superbes réflexions en relisant l’éternel « Journal » de Jules Renard, je me propose durant ces semaines estivales de les partager de temps en temps avec vous. Je les donne par ordre chronologique ; mais vous verrez qu’elles sont toujours actuelles. Elles abordent toutes sortes de sujet et c’est un bonheur d’y réfléchir. L’été avec Jules Renard ? Prêts ?

 1887

C’est en pleine ville qu’on écrit les plus belles pages sur la campagne.

1888

Un mot si joli qu’on le voudrait avec des joues, pour l’embrasser.

On a beau faire : jusqu’à un certain âge, – et je ne sais pas lequel, – on n’éprouve aucun plaisir à causer avec une femme qui ne pourrait pas être une maîtresse.

1890

On peut être poète avec des cheveux courts.

On peut être poète et payer son loyer.

Quoique poète, on peut coucher avec sa femme.

Un poète, parfois, peut écrire en français.

On entre dans un livre comme dans un wagon, avec des coups d’œil en arrière, des hésitations, l’ennui de changer de lieu et d’idées. Quel sera le voyage ? Quel sera le livre ?

Cherchez le ridicule en tout, vous le trouverez.
Un sens de plus, un de moins, qu’importe, pourvu qu’il me reste le bon !

A bientôt pour la suite ! N’hésitez pas à donner votre avis ! Que votre été soit magnifique !

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