Quand on remonte dans ses souvenirs aujourd’hui, on peut les compléter, les préciser grâce au Net. C’est incroyable. Peut-être n’est-ce pas si important, mais c’est un fait. Ainsi, en écrivant mes « Mémoires » en ce moment, je me souvenais d’un chahut d’étudiant adolescent. Cela se passait dans la salle ancienne de la Halle-aux-Draps de Tournai. A l’époque, existait un plancher en pente sous les sièges. C’était une manière discrète de frapper tous des pieds sans que les surveillants ne nous voient ! Nous étions sans pitié pour les comédiens en représentation scolaire. Inconscients, désinvoltes, un rien nous faisait rire et réagir. Je me souvenais donc d’une pièce où les acteurs se présentèrent sur scène en jupette romaine et les jambes nues. Mais de plus, ils se balançaient tous ensemble pour simuler le mouvement du pont d’un navire.

Le directeur de la troupe « Le Rideau de Bruxelles » était Claude Étienne, il a dû interrompre la représentation et venir devant le rideau fermé nous faire la morale et nous demander avec insistance de ne plus faire du bruit. Cela n’a pas marché et la représentation a été définitivement interrompue cet après-midi-la ! Bien sûr, j’en ai un peu honte aujourd’hui !

En faisant diverses recherches, j’ai retrouvé la pièce. C’était « Antoine et Cléopâtre » de Shakespeare. L’adaptation était de Georges Sion, académicien qui présida le jury qui m’accueillit comme journaliste littéraire à la radio et télévision nationales. Et le principal comédien était Henri Billen, qui serait un de mes directeurs à la télé ! M’auraient-ils pardonné s’il l’avait su ? Oui !

Justement, à propos de Cléopâtre et de son nez, une expression (on approche de la diffusion des nouveaux épisodes – en janvier – de Monsieur Dictionnaire sur la RTBF avec Philippe Geluck) utilise « le nez de Cléopâtre » pour dire qu’une chose anodine peut avoir un grand retentissement. La Cléopâtre dont nous parlons est la reine d’Égypte Cléopâtre IV (-69, -30), la reine la plus célèbre de l’Antiquité, connue pour ses relations avec Jules César et avec Marc Antoine, empereurs romains.

Sa légende racontée par ses ennemis en a fait un quadruple danger pour la civilisation romaine : elle était reine et était donc contre la république, elle avait du caractère et pouvait mettre en danger la virilité des hommes, elle était ambitieuse et pouvait menacer la liberté et enfin elle était étrangère et séductrice, ce qui pouvait mener à la débauche, à la luxure et mettre en cause la vertu romaine !

Quant à son nez, il semble quelconque d’après le seul portrait que nous en ayons, gravé sur un denier d’Antoine ! C’est le philosophe Pascal qui a lancé la légende et l’expression avec cette « pensée » de 1669 : « Le nez de Cléopâtre : s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé ! »

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