Les voeux de bonheur

Voici un édito paru dans La Libre en décembre 2001…

Les vœux de bonheur

Que nous le voulions ou non, nous ressentons tous durant la période de fin d’année cet étrange « entre-temps » qui suspend tant soit peu l’avancée du monde.

Même si nous fuyions dans des contrées où l’année ne se calcule pas de la même manière, même si nous nous isolions loin des villes illuminées, des villages en fête, des radios et des télévisions proposant leurs traditionnels bilans, le solstice d’hiver agirait sur nous. Sans doute parce que nous sommes les enfants des étoiles et que les planètes sont sœurs du soleil. Probablement aussi parce que nous avons été créés cycliques, semblables au rythme des saisons.

Si nous mettons à profit ces jours de réflexion et si, en effet, nous dressons un tableau des faits marquants de l’année, voire de notre vie, ce qui me frappe c’est que le danger ne semble pas venir de l’extérieur. « Le danger le plus grand pour l’homme n’est pas un astéroïde ou une comète, mais l’homme lui-même » remarque l’astrophysicien français André Brahic dans « Enfants du Soleil » (Odile Jacob).

C’est au cœur de l’homme imparfait que naissent l’envie, la vengeance, la dispute, la guerre, la haine. Et pourtant quelle capacité étonnante au bonheur possédons-nous, grâce à une régénération possible ! Ainsi l’évocation de la naissance, celle du Christ ou une autre, rafraîchit notre âme, lui redonne un semblant d’innocence qui permet tous les souhaits. Ces vœux mêmes que nous prodiguons à l’occasion de ce passage annuel. La petite enfance matérialisée dans la crèche est l’occasion d’en revenir à la source de notre état d’être humain réfléchi et libre, en tout cas capable de spéculer et de décider. Avec son incroyable capacité au bonheur.

Même si pour certains ce n’est qu’une illusion. Elle est si belle, que je veux y croire ! « Il y a eu autrefois dans l’homme un véritable bonheur, dont il ne lui reste maintenant que la marque et la trace toute vide. » C’est ainsi par exemple que pensait Blaise Pascal. Et s’il se trompait ? Et si l’homme avait la capacité, sans doute accélérée par l’évolution rapide de sa méditation, d’approcher le bonheur.

Le bonheur (Oui, je vais vous en donner des définitions ! Celle donnée par Romain Rolland dans « Jean-Christophe », je l’ai toujours gardée par-devers moi : « Le bonheur est de connaître ses limites et de les aimer. » Et comme souvent c’est aussi par la négative qu’on peut se l’expliquer, ainsi Stendhal dans « De l’amour » écrit : « Ne pas aimer quand on a reçu du ciel une âme faite pour l’amour, c’est se priver soi et autrui d’un grand bonheur. C’est comme un oranger qui ne fleurirait pas de peur de faire un péché. » Car le bonheur naît de l’amour.)

Ce sont des phrases, pensez-vous ? Je suis un optimiste. Je préfère croire et me tromper que refuser et ne rien espérer.

Dans un livre étonnant, Christian Boiron nous explique que le bonheur est accessible à chaque être humain, que les hommes sont égaux devant le bonheur. Ils ne le sont pas devant le plaisir ou la souffrance physique, le statut social, etc. Il ajoute que le bonheur entraîne l’épanouissement de l’individu, qui devient source de rayonnement pour le groupe social, y renforce la cohésion et l’harmonie. Le bonheur de l’individu nourrit le groupe, ce qui n’est pas le cas du plaisir. («La source du bonheur est dans notre cerveau » Albin Michel)

Entre autres réflexions intéressantes, l’auteur dit ceci, qui peut avoir l’air anecdotique, mais qui correspond bien à l’idée d’être d’abord heureux soi-même afin que les autres le soient grâce à nous : «  Le bonheur permet la pleine conscience de ses besoins physiologiques : quand on est heureux, on ressent le besoin ou l’envie de marcher, de prendre l’air, de faire du sport, de bien manger et de moins manger, de respirer l’air des personnes qu’on aime, alors que le malheur anesthésie la sensation de ces besoins essentiels. Avec le bonheur on s’ouvre aux autres, on devient disponible, on accepte son corps. Alors tout devient santé, même ses petits ou ses gros bobos que l’on traite avec amour et respect, et non avec dépit et colère. ”

On nous a appris dans un autre temps qu’il fallait prendre chaque jour une résolution et s’y tenir. Celle d’avoir le cœur en joie pourrait être le meilleur vœu possible pour l’année nouvelle, que je vous souhaite … « heureuse » !

Décembre 2001

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« Papy », un livre d’émotions pour les fêtes !

« Papy » est le nom que mes petits-enfants me donnent. C’est le cas de beaucoup de grands-pères. Nous avons la chance de pouvoir vivre plus longtemps que les générations précédentes et mes enfants ont eu le temps de m’offrir treize petits-enfants. Cinq autres se sont ajoutés par le jeu des familles recomposées. Avec ma femme, « Mymy », nous nous trouvons à la tête (et surtout au coeur) d’une bien belle tribu !

Ces grands et petits que j’aime me font un cadeau fabuleux et je suis heureux de le partager avec vous.

Les parents m’ont retrouvé des dessins de leur petite enfance, de courts poèmes ont été jumelés et de plus, ils m’ont tous dessiné aujourd’hui, à leur âge actuel ! Cela donne un objet culturel particulier et qui peut se savourer de plusieurs manières…

Le livre « Papy » vient de paraître aux éditions Les Déjeuners sur l’Herbe, c’est un cadeau à faire pour les fêtes peut-être ?

Voici le lien pour les détails et l’achat sur le site de mon éditeur :

https://www.lesdejeunerssurlherbe.com/crbst_69.html

Se faire masser le crâne !

Depuis quelque temps, j’expérimente avec un bonheur fou les soins d’une esthéticienne et je voudrais partager en deux mots ces moments « douceur ». Chez mon coiffeur (hé oui, la couronne de cheveux, le crâne, la barbe surtout, cela aussi peut se soigner et nous donner une apparence agréable pour tout le monde), j’ai donc croisé Solveig et j’ai testé les soins habituels des ongles ; mais par curiosité (on apprend à tout âge) j’ai aussi demandé un massage crâne et visage. Là, ce fut une vraie belle découverte : non seulement, tout le monde voit la différence après la séance, mais pendant ce massage, mon esprit s’envole sur la musique vers des univers colorés, rêvés, oniriques. C’est d’une grande efficacité dans la décontraction, dans le ressourcement. J’ai décidé de remettre ça régulièrement ! Si, comme moi, et sans doute comme homme, vous n’avez jamais osé essayer ces soins (et l’égalité homme-femme peut se faire dans ce sens-là!), je ne peux que vous le conseiller, car vous serez surpris. Tout ce qui peut nous rendre heureux nous permet ensuite de faire rejaillir ce bonheur sur les autres. Indispensable à notre époque tourmentée, envahie des nouvelles souvent terrifiantes du monde…

https://www.facebook.com/solveigbrillant34/

Vivement jeudi pour apprécier Stéphane au Théâtre 140 !

Saxophoniste belge, Stéphane Mercier, a étudié au Berklee College of Music of Boston, avant de s’installer à New York où il développe sa carrière et signe pour le plus important label indépendant de jazz.

De retour en Belgique, il multiplie les projets internationaux avec des groupes à dimensions variables, du duo intimiste au big band.

Il enregistre six albums, récompensés par différents prix, et met sur pied avec son père, Jacques Mercier, homme de lettre et de média, La Boîte de Jazz, un spectacle itinérant.

Nous l’accueillons en novembre pour la sortie de son tout nouvel album Trip !

Des mesures composées, du swing, du groove, une valse et une touche de reggae, offrent au répertoire de ce nouveau quintet un ensemble à la fois varié et cohérent. Les personnalités et générations diverses des membres du groupe apportent fraîcheur et maturité à une musique aussi audacieuse qu’accessible. Multi-générationnel et idéaliste, ce quintet veut sublimer le quotidien et s’en inspirer pour avancer. Après tout, chaque voyage n’est-il pas initiatique ?

Sax alto: Stéphane Mercier / Guitare: Peter Hertmans / Piano, Fender Rhodes: Nicola Andrioli / Contrebasse: Cédric Raymond / Batterie: Matthias De Waele

Pour retenir vos places et nous croiser sur place :

https://www.le140.be/stephane-mercier-quintet

Courte présentation géniale de l’album « Trip », Igloo Records, grâce au design de Otomn studio sur le site de Stéphane :

https://www.stephanemercier.net/

Ce jeudi 25 octobre à Bozar, Bruxelles

La sortie du livre « Paysages citoyens » à Bruxelles est un gros succès (en réimpression déjà !) et voici encore une façon d’en savoir plus : ce jeudi 25 octobre à 18 heures à Bozar, nous présenterons en paroles et en images le livre et les espaces citoyens de Bruxelles ; la Ministre Céline Fremault sera présente… et vous ? L’entrée est gratuite et il y aura musique (avec un de mes petits-fils, Oscar), boissons, etc. Un début de soirée à partager ! Ci-dessous le lien vers l’évenement facebook, c’est mieux de vous inscrire…

https://www.facebook.com/events/323712215071507/

On se voit chez Tropismes ?

Tropismes vous invite à rencontrer Christophe et Jacques Mercier à l’occasion de leur parution du livre  » Paysages citoyens à Bruxelles » aux Éditions Racine.

Mardi 16 octobre 2018 de 19:00 à 21:00
Tropismes Librairie, Galeries Royales Saint-Hubert,
Galerie des Princes 11, 1000 Bxl

Savez-vous que Bruxelles possède plus de 300 potagers urbains, que chaque quartier propose un compost collectif, que des friches urbaines deviennent des vergers, des lieux de culture, d’exploration, que les guinguettes se multiplient dans les parcs traditionnels…

Le guide de Christophe Mercier et Jacques Mercier met en lumière l’incroyable énergie que les Bruxellois déploient pour investir les espaces verts.
Commune par commune, les auteurs nous emmènent en images à la découverte de 50 projets à la fois verts et citoyens. Si certains projets sont plus axés « nature » et d’autres davantage tournés vers le social, tous favorisent les rencontres entre habitants « zinneke ».

De plus en plus de villes dans le monde enregistrent la même tendance, mais à Bruxelles, la quantité et la qualité des paysages verts citoyens sont uniques.
Bruxelles a une longueur d’avance et le phénomène n’est pas près de s’éteindre !

Christophe Mercier est architecte. Pour les projets d’espaces publics, comme pour les études d’urbanisme, son bureau d’architecture Suède 36 met systématiquement en place des processus de concertation citoyenne. Christophe milite depuis longtemps pour la mise en place de nouveaux processus créatifs, de concours et de processus garantissant plus de qualité architecturale. Il est en outre guitariste, tromboniste et chanteur.

Jacques Mercier est écrivain et animateur de radio et à la télévision belge. Connu comme « Monsieur Dictionnaire », il est l’auteur de plus de cinquante livres, romans, nouvelles, essais sur la langue, le patrimoine, etc.

Venez assister à cette rencontre qui s’annonce passionnante, dialogue entre père et fils!

Réserver : http://tropismes.com/agenda/dans-nos-murs/13997-rencontre-avec-christophe-et-jacques-mercier

Page Facebook de l’évènement : https://www.facebook.com/events/162294241343991

Les choux de Bruxelles

Toujours en parallèle avec la sortie du livre “Paysages citoyens”, voici un insert qui n’a pas été repris dans l’édition et qui concerne les “maraîchers” !

Christophe et moi présenterons le livre à Tropismes le 16 octobre à 19h :

http://tropismes.com/agenda

et à Filigranes en novembre.

Vous pouvez aussi l’obtenir chez Racine

https://www.racine.be/fr/paysages-citoyens-%C3%A0-bruxelles

Bonne lecture et bon appétit !

Qui dit potager, dit Maraîcher. Et même Maître-Maraîcher ! Bruxelles-Environnement a mis en place leur réseau. On les retrouve lors de grands événements “nature”, mais tout au long de l’année vous pouvez bénéficier de leurs conseils.

Qu’en est-il des marchés bruxellois ? Au 12e siècle, il en existe deux, l’un dans la ville haute, près de la Vieille-Halle au Blé, à l’endroit de l’actuelle place Saint-Jean, l’autre dans la ville basse, proche de l’église Saint-Nicolas, dont la cloche annonçait l’ouverture du marché, l’actuelle Grand-Place. Ensuite, on a construit des baraquements, des halles. La Maison du Roi, par exemple, était une halle au pain. Un marché au poisson existait au 13e siècle entre la petite rue des Bouchers et la rue de la Montagne. Le marché le plus important fut pendant des siècles celui de la Grand-Place, un marché aux légumes matinal qui ne cessa qu’en 1959 !

D’autres maraîchers proposaient leurs denrées dans le Marché aux Herbes, au Sablon, à la Chapelle, à la place Anneessens, à la place des Martyrs et au Marché du Parc, installé dans les bas fonds de la rue Royale.

Au 14e siècle, la culture maraîchère prit son essor à Saint-Gilles qui, à l’époque, était extérieure à l’enceinte de la ville. On y transforma toutes les terres arables en surfaces de cultures. C’est donc à Saint-Gilles qu’un nouvel hybride de chou naquit, vers 1685: il se cultivait verticalement, ce qui rentabilisait le sol. On surnomma les Saint-Gillois les “Kuulkappers”, coupeurs de choux.

Ces “choux de Bruxelles” furent exportés vers la France et l’Angleterre au 19e siècle. Les Maraîchers vous expliqueront que ce légume vert d’hiver peut se cuire à l’eau, sauté à la poêle, en gratin ou en salade…

Quant au grand “marché matinal” (Mabru, depuis 1992), il s’est installé dès 1973 au quai des Usines, le long du canal et regroupe plus d’une centaine de commerçants. Ce “ventre de Bruxelles” propose un large assortiment de produits pour les professionnels, les chefs coqs (Lionel Rigolet du Comme chez Soi fait partie du conseil d’administration), les traiteurs, etc. Plus de 10.000 tonnes y sont écoulées chaque semaine.

La forêt de Soignes, paysage citoyen !

Alors que le livre « Paysages citoyens à Bruxelles » est réellement bien accueilli *, je voudrais vous proposer des textes qui n’ont pas pris place dans l’ouvrage et qui peuvent vous intéresser. Par exemple, ceci sur la Forêt de Soignes.

Au-delà du Bois de la Cambre, en direction de Waterloo, s’étendent les 5000 ha de la forêt de Soignes, à peine à 4 kilomètres du centre de Bruxelles.

A l’époque de Charles-Quint, elle couvrait 20.000 hectares !

La forêt est en majeure partie composée de hêtres; l’une des parties est d’ailleurs appelée “la hêtraie cathédrale” compte-tenu de la haute futaie. Pour cette raison surtout, 270 ha de la forêt de Soignes ont été classés en 2017 “patrimoine mondial de l’UNESCO”. Cette sylviculture du hêtre était source de rentabilité, aujourd’hui les essences sont plus mélangées pour de nouvelles raisons sociales et écologiques.

C’est une des plus grandes forêts périurbaines d’Europe. Il reste en ville et dans la périphérie des morceaux de l’ancienne forêt : le bois de la Cambre, l’arboretum de Tervuren, le parc Tournay-Solvay, le domaine Solvay de La Hulpe, le domaine du Rouge-Cloître.

Y vivent une quarantaine d’espèces de mammifères (chevreuils, sangliers, renards, écureuils, etc), plus de 130 espèces d’oiseaux (pinsons, rouge-gorge, geais, hérons, etc.) et de nombreux reptiles, amphibiens et insectes (tortues, papillons, abeilles, fourmis, etc.). On répertorie aussi plus de 1000 espèces de champignons. L’accent est mis depuis quelques années sur la connectivité écologique avec la création d’écoviaducs, qui relient des parties de la forêt morcelées par les chemins pour les promeneurs, les cyclistes et les cavaliers; mais aussi avec l’installation de clôtures qui proègent les animaux sauvages.

Le mot “Soignes” a comme origine le mot celtique “senne, senna ou sunnia”, qui signifie “eau calme”.

*https://www.racine.be/fr/paysages-citoyens-%C3%A0-bruxelles

*explications et signatures chez Tropismes , le mardi 16 octobre à 19h. http://tropismes.com/agenda/dans-nos-murs/13997-rencontre-avec-christophe-et-jacques-mercier

 

Les paysages citoyens

Alors que s’est ouverte à Bozar la Biennale du Paysage urbain bruxellois, avec une exposition et de nombreuses manifestations, j’ai le bonheur de vous présenter mon dernier ouvrage. Il présente 50 lieux où la nature et l’humanité ont repris leurs droits : « Paysages citoyens à Bruxelles ». J’ai eu la chance d’y travailler avec mon fils aîné, Christophe, architecte. Le lancement du guide s’est passé au Palais des Beaux-Arts en présence de la Ministre bruxelloise de l’Environnement et de la Qualité de vie, Céline Fremault. Vous trouverez ci-dessous des photos, des pages aussi du livre et la manière de vous le procurer chez Racine si vous ne pouvez le faire chez votre libraire, où il se trouve déjà en bonne place. Comme moi peut-être, vous serez étonnés de la richesse de ces lieux parfois cachés et tellement rassurants sur l’avenir des relations entre les hommes dans les quartiers, entre les quartiers et la nature. Vous découvrirez des lieux incroyables et insolites.

https://www.racine.be/fr/paysages-citoyens-%C3%A0-bruxelles