Mon voisin est poète !

« Mon voisin est poète » est le sous-titre de la revue : « A chaque poète, son univers particulier : tendre ou sanglant, nature ou survitaminé, enfantin, lyophilisé, prosaïque, dénonciateur, voire musical, ou… tout en douceur. Les émotions se suivent et ne se ressemblent pas.

Le Poeticon est comme un voyage : au fil de ses pages, on traverse des paysages toujours changeants. La route macadamisée se transforme en chemin de terre et au bout, on retrouve l’esprit tout ragaillardi de tant d’images et d’émotions.

Prenez votre temps, nul besoin de se précipiter ! »

C’est l’avant-dire que signe François Van Dorpe à propos des trois numéros parus de ce « magalivre » d’expressions poétiques.

Vous les trouvez sur le site www.poeticon.be et pouvez communiquer par mail à dejeunherbe@gmail.com.

Cette revue qui paraît en Wallonie picarde est unique et magnifique, entre livre et magazine, comme l’indique son appellation. On y trouve dans le dernier numéro, qui vient de paraître, par exemple des haïkus :

Gel sur antenne

Plus de télé

Tu accrois ta vie intérieure

(Odile Bonneel)

Mais on y découvre aussi d’autres poèmes, des textes, des photos et, cette fois, mon interview. Si vous voulez savoir exactement ce que je pense de la poésie, comment je la ressens, la situe, comment je l’écris, voici les réponses !

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Le champ de bataille

« Le champ de bataille » de Jérôme Colin (éditions Allary) est un magnifique petit (parce qu’il se dévore et en donne l’impression) roman d’aujourd’hui (dans cette ère du « virtuolithique », comme on le dit sur la quatrième de couverture). Vous ne serez pas déçu du voyage. C’est la plupart d’entre nous en ce moment – ou plus précisément il y a quelques mois en Belgique. C’est une observation juste et sensible de l’histoire d’un couple et de ses deux enfants ado et pré-ado. Les rapports entre les parents, avec les enfants, avec l’école, avec une psy. C’est l’occasion de réflexions tellement pertinentes sur l’éducation, sur les apparences, sur la communication. Et puis, surtout, c’est une fort belle création autour de l’amour entre les êtres.

Le style est superbe. Beaucoup de dialogues. Des énumérations étonnantes (J’ai détesté…), telle celle-ci :

« Nous avons attendu. L’attente est une composante essentielle de la vie de parent. On attend qu’ils s’endorment. On attend qu’ils terminent la sieste. On attend qu’ils acceptent de se laver les dents. On attend qu’ils s’habillent. On attend à la sortie de l’école. On attend après l’entraînement de football. On attend à la sortie du cours de danse. On attend les résultats du bulletin. On attend qu’ils soient rentrés pour pouvoir enfin s’endormir en se disant que, ce soir encore, tout le monde est vivant dans la maison. »

Nous nous trouvons parfois face à des décomptes, face à une succession d’heures précises. Cette diversité est pour beaucoup dans le grand plaisir de lecture.

Jérôme Colin met le doigt sur nos peurs, nos faiblesses. C’est toujours la même chose : nous avons envie de faire, mais on ne le fait pas. Ainsi le héros se réfugie-t-il dans les toilettes pour s’évader :

« Je ne suis jamais allé en Thaïlande parce qu’il y a toujours une bonne raison de ne pas voyager. C’est pour cela que nos vies sont si petites alors que le monde est si grand. »

On trouve aussi, pour l’auteur plongé dans les médias lui-même, une extraordinaire critique de ce que deviennent les médias, entre autres lors de catastrophes. Il met vraiment le doigt où cela blesse !

Quelques petites phrases, pour vous donner le ton du roman : A propos du couple :

« Je lui ai proposé de boire un verre de vin, elle a répondu : « Pas aujourd’hui, faisons plutôt ça demain… » Je détestais cette phrase. Comme si l’on pouvait remettre le plaisir au lendemain. Comme si nos heures n’étaient pas comptées. Car demain n’est pas une certitude, c’est au mieux une éventualité. »

De la femme :

« Le pragmatisme des femmes est une création divine. »

De l’adolescence :

« L’avantage, quand il parle, c’est qu’on n’entend pas les fautes d’orthographe. »

De notre pays :

« J’ai toujours aimé la capacité des Belges à réagir à l’adversité. Nous le faisons avec une sorte de fatalité comique, qui semble dire que rien, jamais, ne nous mettra véritablement à terre. »

Voilà un de ces livres qui vous réconcilie avec le roman ou vous conforte dans votre désir de lecture. Un roman qui comporte toutes les qualités qu’on en attend, perdu que nous sommes entre les réseaux sociaux, l’information permanente et les composantes de notre société qui ne semblent pas avancer au même rythme. (Je suis fier d’avoir un jour aidé Jérôme en étant son invité dans le casting gagnant de « Hep, Taxi ! »… )

(Texte du site « lire est un plaisir »)

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L’eau, notre patrimoine bleu

Demain commence une magnifique opération de huit jours à Bruxelles autour de l’eau et à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, le 22 mars. Jetez-vous à l’eau et participez aux nombreuses activités gratuites organisées sur ce thème passionnant ! Découvrez le programme des activités, les villages de l’eau et le programmme spécial pour les écoles.

http://www.environnement.brussels/news/journees-bruxelloises-de-leau-2018

Le ‘Guide de l’eau à Bruxelles’ édité à l’occasion des Journées bruxelloises de l’Eau, vous invite à découvrir les multiples facettes de l’eau à Bruxelles. 

Disponible en pdf sur le site :

http://www.coordinationsenne.be/eauabruxelles.pdf

sur les Villages de l’Eau et à la demande chez Bruxelles Environnement.

J’aime ce proverbe chinois mis en exergue dans la brochure : « Il faut boire l’eau en pensant à sa source ». J’aime aussi l’enthousiasme de la ministre de l’environnement bruxelloise, Céline Fremault, qui explique : « Au Sud comme au Nord de notre planète, les sécheresses sont devenues une réalité. Elles se répètent aujourd’hui trop souvent. L’Afrique du Sud connaît actuellement une pénurie d’eau catastrophique. En Europe, les ressources en eau potable deviennent parfois problématiques. L’eau est un bien précieux et est au cœur du développement durable. Les ressources en eau, et les services qu’elles offrent, ont une grande part de responsabilité dans la réduction de la pauvreté, la croissance économique et la protection de notre environnement. L’eau est primordiale dans notre alimentation et nous assure une qualité de vie en matière d’hygiène notamment. Cette journée bruxelloise de l’eau est l’occasion d’informer de manière ludique et de sensibiliser les Bruxellois sur ces différents enjeux »

Et j’adore les termes « patrimoine bleu » !

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Une conscience collective

A l’instant, je termine un livre magistral de Lynne McTaggart : « Le champ unifié » (La force secrète de l’univers). Je vous en donne quelques extraits qui vous permettront d’entrevoir la vue incroyable et les perspectives que cela donne sur nous, êtres humains sur la Terre et dans l’univers.

Il est question de champ quantique et de toutes ces choses-là !

Voici :

« S’il est vrai qu’un champ quantique nous englobe tous dans sa trame invisible, il va nous falloir redéfinir qui nous sommes et ce qu’est au juste un humain. Si nous sommes bel et bien engagés dans un dialogue constant et instantané avec notre environnement, et si un flux d’information émanant du cosmos circule chaque instant en nous, alors notre compréhension actuelle du potentiel humain n’est qu’un pâle reflet de ce qu’elle devrait être. »

« Avec l’existence du champ du point zéro, toute la matière contenue dans l’univers était reliée par des ondes s’étalant dans le temps et l’espace, pouvant même aller jusqu’à l’infini et relier toute partie de l’univers à toutes les autres. »

« En premier lieu, notre cerveau se parle à lui-même, ainsi qu’au reste du corps, non pas en employant des mots, des images, ni encore des bits ou des impulsions chimiques, mais dans un langage d’ondes interférentielles, un langage de phase, d’amplitude et de fréquences, éléments qui appartiennent tous au domaine du spectre. Nous percevons un objet parce que nous entrons en résonance avec lui, nous nous syntonisons sur lui. Appréhender le monde, c’est littéralement être sur la même longueur d’onde que lui. »

« L’univers serait donc un vaste réseau dynamique d’échange d’énergie, avec un substrat fondamental contenant toutes les formes possible de matière. La nature ne serait donc pas aveugle ni mécanique, mais plutôt ouverte, intelligente et agissant à dessein, puisqu’elle fait intervenir un processus de rétroaction fondé sur un apprentissage homogène, processus au cours duquel l’information va et vient entre les organismes et leur milieu ambiant. Ce mécanisme unifié ne serait pas une erreur fortuite, mais de l’information ayant été encodée et transmise partout en même temps. »

« Par ailleurs, la théorie selon laquelle ces découvertes sont fondées cautionne scientifiquement quantité de mythes et religions auxquels les humains croient depuis le début des temps, mais qui jusqu’ici ne reposaient que sur la foi. En définitive, toutes ces découvertes ne font que fournir un cadre scientifique à ce que les plus sages d’entre nous savaient déjà. »

« Loin de détruire Dieu, la science prouve au contraire son existence pour la première fois, puisqu’elle démontre la présence d’une conscience collective supérieure. Désormais, il n’y a plus deux vérités, celle de la science et celle de la religion, car nous avons enfin une vision unifiée du monde. »

Tout cela est sorti du contexte de ce gros livre très intéressant, mais cela en vaut la peine, car cela donne une vision renouvelée et optimiste de notre présence sur terre !

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Tournai, la poétique

Comme l’an dernier, le printemps est poétique à Tournai. J’ai eu la chance d’y faire mes études secondaires et d’avoir mes premiers conseils de littérature auprès de Robert-Lucien Geeraert*, un poète tournaisien qui présidait aux destinées d’Unimuse. 

Il n’est pas étonnant que cette merveilleuse initiative des « panneaux lumineux poétiques » soit reprise – compte-tenu de l’engouement de l’an dernier –  en ce moment-même dans cette ville historique (et jusqu’au 8 avril). Merci à Bernadette Bodson, qui a photographié hier soir mon texte – qui suivait le sien. Bravo à Brigitte Martin, coordinatrice de l’opération, qui a ouvert la poésie non seulement aux écrivains mais également aux enfants, aux ateliers d’écriture, etc.

Cette enclave poétique dans le monde tourmenté donne de l’espoir à tous !

*En 1949, il fonde avec Roger Foulon, Remo Pozzetti, Gilbert Delahaye et quelques autres le groupe Jeune Tournay, section des Jeunes Écrivains du Hainaut. En 1952, avec le concours de J. Élan, il crée une association plus vaste, UNIMUSE, qui regroupe sans distinction d’âge les écrivains du Tournaisis, surtout les poètes. Dès lors, ses activités d’animateur se multiplient : récitals, conférences, concours de poésie, expositions, édition de recueils, publication d’anthologies diverses : Les poètes face à l’atome, Le mysticisme dans la poésie française contemporaine, Poésie du nord, De Jeune Tournay à Unimuse, jeune Tournay trente ans après…

mercier

Bodson

Juliette Greco, la séductrice

Mes souvenirs s’égrènent au fil de l’écriture de mes mémoires :

« Un soir, c’est au récital de Juliette Greco que j’assistai et nous avons eu une conversation très sympa à l’entracte et le rendez-vous pour l’interview fut pris le lendemain à l’hôtel Amigo, grand-place, où descendaient les stars. L’autre interview du week-end devait être celle d’un auteur-compositeur-interprète célèbre et homosexuel, Jean Tranchant (« Ici, l’on pêche » est la plus connue de ses oeuvres, mais il fut chanté par Marlène Dietrich et Lucienne Boyer); ce qui convenait parfaitement à l’orientation de Jacques Careuil. C’est alors que Pierre Delhasse , mon producteur, intervertit nos rendez-vous. J’avais cru un moment que c’était par facétie, mais en réalité, il m’avoua que voyant l’intérêt que me portait Juliette Greco au concert, il avait eu peur de me jeter dans la gueule du loup. Elle avait une certaine réputation de séductrice. Je me retrouvai donc dans l’appartement bruxellois d’un ami gay de Tranchant ; et je le vois encore se trémousser, en vraie folle, sur le divan et ne voulant pas commencer l’interview si je ne lui donnais pas mon numéro de téléphone personnel (Je m’exécutai avec cette astuce qu’une fille m’avait apprise : donner son numéro en changeant les derniers chiffres)! Quant à Jacques, le voici frappant à la porte de la chambre de Juliette Greco avec un énorme bouquet de roses rouges. Elle le fit entrer. C’est moi qu’elle attendait dans son lit en sous-vêtements de dentelle noire ! Mon ami Jacques mit tout de suite les choses au point et il enregistra une excellente émission. Mais je ne suis pas sûr que quelqu’un lui ait un jour révélé la vraie raison de son déshabillé sexy ! »

avec juliette greco

Le nouveau Salvatore Adamo !

Lire, voir ou écouter la nouvelle œuvre d’un ami est un moment délicat. Il s’agit d’être nuancé lorsque des choses nous plaisent moins. Mais quel bonheur lumineux quand on découvre une réussite ; le plaisir semble multiplié et on a envie de le partager.

C’est ce qui vient de se passer ce week-end avec Si vous saviez…, le 25e album en français de mon ami (depuis l’adolescence) Salvatore Adamo.

Et pour une fois, les mots de la critique coïncident avec mon propre sentiment. Je vous cite Olivier Nuc du Figaro : « Si vous saviez… révèle une nouvelle dimension chez cet homme pudique et réservé. Auteur-compositeur, il a été très inspiré, et les arrangements entre pop et classique de l’ensemble mettent en valeur le timbre brisé qui est sa signature vocale. (…) Adamo casse joliment son image de chanteur inoffensif. S’il n’abandonne pas la chanson d’amour, c’est avec Camille qu’il la sert le mieux, le temps du duo Juste un « je t’aime » et son déluge de corde. »

Les chansons prennent leur temps, comme si aucune contrainte ne leur avait été imposée cette fois, par entre autres Clément Ducol et Maxime Le Guil qui ont travaillé sur la réalisation des meilleurs disques de la chanson française actuelle (Christophe, Vincent Delerm). Ce qu’en dit Salvatore ? « J’aime beaucoup l’écriture des cordes symphoniques de Clément, qui a l’humilité de tendre l’oreille aux musiques les plus simples. Il n’y a aucun sectarisme chez lui : il capte la sincérité d’une musique et il l’enrichit, il l’anoblit et la sublime. »

Ces 13 chansons nous donnent à la fois le Salvatore que nous avons toujours apprécié et aimé, mais dans une atmosphère nouvelle, différente, douce et terriblement agréable et compréhensible pour ceux et celles qui vivent aujourd’hui, dans notre temps.

Mais il ajoute de la vérité, lui qui n’a sans doute jamais menti que par omission : Si vous saviez… ou Méfie-toi (y’a pas plus gentil que moi) expliquent cela dans la poésie. On est aussi touché par Ma mère disait et la voix italienne mêlée au disque « Ma mère et son rire de soleil, ma mère avait l’humour du bonheur » (Et je revois sa « mama » nous faire un plat énorme de spaghettis…). J’adore Toujours forever, avec sans doute la plus jolie mélodie de l’album et au-delà ! Il est vrai qu’il parle de « la poudre d’or de notre jeunesse » et qu’en effet, comme il me l’a écrit dans un sms : « Il doit y avoir quelques chansons dans lesquelles tu te retrouves » !

Et puis l’album se clôt avec un fabuleux Racines. Derrière les vitres fumées de sa berline il retourne sur les lieux de son enfance, où les gens ont encore un rêve de retard. Lui, il est « perdu dans l’ennui de l’Olympe » (à la fois séjour des dieux et l’Olympia des artistes, j’imagine). Salvatore a grandi avec les Beatles et A day in the Life (en 1967) a peut-être influencé la fin sublime, où les 48 musiciens de rejoignent tous dans l’émotion pour accentuer les derniers mots du disque : « Il se fait déjà tard ».

Découvrez ces nouvelles chansons de Salvatore, un grand artiste.

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Le poète est celui qui inspire…

C’est une création discrète aujourd’hui, mais sans doute la plus valorisante pour celles et ceux qui s’y adonnent : la poésie ! Coup d’œil sur des recueils reçus récemment et dont les poèmes sont des frémissements de l’âme qui touchent le lecteur.

Lucien Noullet écrit dans « Les travaux de la nuit » (Éditions du Pairy) :

Se baigner 

C’est étrange, nous ne savons rien.

Nos paroles vont se baigner

dans un aquarium.

Nous ne savons rien, mais

nous faisons des bulles. C’est parfois drôle,

souvent triste.

Se réveiller

Le silence m’a réveillé cette nuit.

Il est très rare

entre les avions et les oiseaux.

Il passe

après le torrentiel chahut des rêves.

Le silence est profond, si lointain.

Et quand il frôle,

on dirait que la terre tremble.

Martine Seyns (avec une bien jolie phrase de Alfred de Musset en exergue : « La poésie, cette langue que personne ne parle et que tout le monde comprend. ») écrit dans « Au gré des envies »

L’encre à la plume

Dans l’oubli d’un monde agité

Sous son ciel de vigne

L’amie ma plume écrit

Trempée au fond de l’encrier

De l’encre la plus noire

Elle exécute les traits

Serrée entre mes doigts

Comme à son habitude

Elle court sa fantaisie

Pour que je me souvienne

Dans cet extraordinaire « magalivre » d’expressions poétiques « Poeticon » N°2 (Éditions les déjeuners sur l’herbe), on va de bonheur en bonheur…

Jean-Pierre Nicol écrit :

Ce bleu

dans la fracture

ouverte du ciel

là où la lampe blessée

a cessé de brûler au chevet du silence

Colette Nys-Mazure écrit autour des œuvres d’Alexis Lippstreu :


La boîte à outils

Un crayon noir une gomme

un taille-crayon parfois un cutter

dans son carquois

les armes élémentaires

hacher ou balayer

recourir à la palette peut-être

La main courroucée

s’acharne en quête de l’inaccessible

En conclusion, un mot de Paul Eluard sur le thème : « Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré. »

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Bonne fête, les amoureux !

Sous la glace de l’étang

Comme des plantes étranges

Et la nuit descend

Les livres sont rangés

Les regards ont disparu

Voici l’éternité

Il aura suffi de suivre

Les spirales du temps

Les feux allumés

Au coin des forêts

Les dessins d’enfants

Les signes à la craie

Il aura suffi d’entendre

Le coeur dans la poitrine

Les doux battements

Sous la peau nue

Le sang sous la paupière

Pour que soudain

L’amour jaillisse

Dans des couleurs inouïes

Fasse naître les galaxies

Et fondre la neige

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