Un livre pour la fête des pères ?

Si vous voulez offrir un cadeau particulier, comme un livre dédicacé le jour de la fête, nous serons, Christophe et moi, à 15h ce dimanche 9 juin à la librairie Tulitu, 55, rue de Flandre à Bruxelles (parking juste en face)

http://www.tulitu.eu/

Nous vous proposerons en particulier ces promenades, ces découvertes à faire dans Bruxelles et répertoriées dans le livre-guide « Paysages citoyens à Bruxelles » (Editions Racine) Vous viendrez nous y retrouver ?

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Le compte est bon !

Voici une lecture idéale en période estivale : « Le compte est bon », que j’ai écrit avec Noël, (Responsable d’une équipe de conseillers chez BNP Paribas Fortis) le dernier des cinq enfants de ma famille recomposée. Vous trouverez ci-dessous le texte de présentation des éditions Racine et le lien vers leur site. (Mais il est en vente en librairie) La préface est signée par Christophe Giltay. Les illustrations drôles sont de Vincent Rif. Ces expressions de la vie courante – aussi ces mots courants que nous ne comprenons pas toujours – concernent l’argent et la finance. Ne ratez pas les citations, souvent contrepoint drôle ! Bonne lecture.

Monsieur Dictionnaire – Le compte est bon

Jacques Mercier

Noël Van der Schueren

  • Les plus belles expressions sur l’argent

Être plein aux as. L’argent n’a pas d’odeur. Riche comme Crésus. Espèces sonnantes et trébuchantes. Avoir des oursins dans la poche. Travailler pour le Roi de Prusse…

Drôles, désuètes, explicites ou carrément mystérieuses, nous utilisons ces expressions sans parfois connaître leur origine ou leur sens véritable.

Jacques Mercier alias « Monsieur Dictionnaire » et Noël Van der Schueren décortiquent 140 expressions sur le thème de l’argent. Ils en précisent l’usage et accompagnent leur propos d’exemples, de citations et de synonymes qui ajoutent à l’insolite ou à la drôlerie des origines.

https://www.racine.be/fr/monsieur-dictionnaire-le-compte-est-bon

Une bulle de verdure en pleine ville

« Intime et privé, le jardin a été mis en scène par l’artiste et paysagiste Claire Van der Schueren alias « Clair de Terre » qui a habillé le parking bétonné et ceinturé d’une centaine de variétés de plantes et de fleurs et de terrasses rondes en fer forgé. »

C’est ainsi que Déco Idées décrit le jardin de l’hôtel « Jardin secret » situé rue du Berger à Ixelles. Ce fut, du temps de ma jeunesse, un hôtel de charme réputé, le Berger ! Il est rare qu’une transformation d’un lieu soit à la fois conforme à l’âme des lieux et adaptée à l’air du temps.

De son côté la journaliste y a découvert de la féérie et s’est imaginée Alice, elle conclut : « La clé du succès ? L’originalité et la convivialité de cet hôtel de l’ombre qui nous fait retomber en enfance avec son entrée secrète et son côté merveilleux. Vous cherchez encore le lapin blanc ? Peut-être le croiserez-vous au détour d’un couloir ? Après tout, cela n’aurait rien d’étonnant ! »

https://www.clairdeterre.be/

https://jardinsecrethotel.be/

Ma dernière conférence

Hier, j’ai vécu un grand plaisir de partage à Charleroi. Ma conférence « L’origine insolite des expressions » clôturait la saison de L’Université Provinciale du Temps disponible. Il faut dire que Eric Vandevoorde avait bloqué cette date depuis… deux ans !

J’adore ces rencontres car outre le fait d’évoquer les expressions (les meubles de la maison du langage), j’adore faire des apartés, des parenthèses et cela permet un dialogue vivant et, je l’espère, souriant.

Donc entre « Enfoncer le clou » qui date de la période sumérienne, il y a 6000 ans, ou la différence entre sabrer et sabler le champagne, je peux parler de mon coup de foudre personnel (pourquoi dit-on « tomber » amoureux ?) ou de mes petits-enfants (avec les anglicismes nouveaux).

Si cela vous intéresse, vous pouvez passer par le contact sur mon site www.jacquesmercier.be mais aussi réserver chez votre libraire le tout nouvel ouvrage « Le compte est bon » (à propos des expressions autour de l’argent et de la finance) qui sort à la fin de ce mois de mai chez Racine.

Et vive la langue française !

(Photo Cédric Alexandre)

Sus aux anglicismes ?

Depuis ma tendre enfance, j’entends parler de cette résistance à l’entrée des anglicismes dans la langue française. Un livre ponctua la lutte dans les années 60 « Parlez-vous franglais ? » d’Etiemble. Et puis, comme toujours, non seulement des avis contradictoires ont été proférés, mais aussi un certain équilibre s’est instauré. Il en ressort que la langue française est assez vivante pour englober et parfois pour franciser ces apports extérieurs (pas seulement anglais, mais arabes, italiens, etc.) !

Il faut être attentif à traduire l’intrus anglo-saxon. C’est parfois difficile parce qu’il y a un « trou linguistique », (aucun mot ne définit mieux l’objet que celui utilisé ailleurs et ce peut être aussi parce que son usage a été entériné très vite ou parce que le mot est plus court, plus joli, sonne mieux…)

Un seul exemple actuel : selfie est difficile à traduire, mais les Québécois disent « egoportrait » et les Français tentent de suggérer « auto-cliché » ou « auto-photo-portrait ».

Si je vous entretiens de cela, c’est que je viens d’acheter et de lire « 100 anglicismes à ne plus jamais utiliser ! » de Jean Maillet, aux éditions Le Figaro Littéraire. Il s’agit non pas d’un simple lexique, mais bien de l’explication des origines du mot, de son utilisation et des propositions pour trouver un équivalent français.

Dans son introduction, l’auteur écrit aussi que si la concision est l’attrait essentiel des mots anglais, le français a des atouts et de l’inventivité à revendre. Comme « exclu » à la place de scoop, « aire d’ouverture » à la place d’open space et « défier » à la place de challenger

Je vous engage à découvrir les anglicismes qu’on peut remplacer, et pour vous mettre en appétit voici ce petit texte (puisé dans la préface) qui illustre tellement bien le propos :

« Fossoyeurs de notre langue, ils boostent au lieu de dynamiser, checkent là où il conviendrait de vérifier, font un break plutôt qu’une pause, débriefent quand il serait mieux de faire un bilan, concluent un deal à la place d’un marché, préfèrent le coaching au mentorat, privilégient le sponsoring au partenariat, le challenge au défi, dispatchent ce qu’il vaudrait mieux distribuer, cherchent à faire le buzz plutôt qu’à défrayer la chronique, décrètent glamour ce qui n’est que charmant, organisent des castings plutôt que des auditions ou des essais, parlent de people plutôt que de célébrités, trouvent fun ce qui n’est que drôle, pratiquent le turnover quand il ne s’agit que de renouvellement, craignent le burn-out plus que l’épuisement professionnel. »

Vive la langue française !

Bon week-end pascal !

Hier, je me suis aperçu que nombreux vous aviez consulté cet article posté le jeudi 2 avril 2015. Volontiers, je vous le recopie aujourd’hui. Il est de circonstance. Amicalement !

Ce matin, j’ai rouvert « La musique des anges », un superbe texte de Catherine Bensaid. Et je ne résiste pas au plaisir de partager les phrases que j’avais remarquées à la première lecture. Je les aime toujours autant. Je vous les livre ainsi, comme « picorées » dans un plat de bonheur !

« Qui n’est pas bien en sa propre compagnie se sent toujours seul. Tandis que celui ou celle qui ne craint pas la solitude n’est jamais seul. »

« Le son de l’âme ne s’enseigne pas car il abolit toutes les limites de la matière, tous les intermédiaires de la technique, et met l’interprète en prise directe, en unité avec la création universelle. »

« J’ai toujours pensé que la première mélodie du monde a dû s’élever dans la pénombre du soir, sur un lac où il n’y avait pas un souffle de vent. »

« (Pour se corriger, changer) Si un autre émet une critique qui va dans ce sens, non seulement cela ne leur est d’aucune aide, mais ils éprouvent davantage d’agacement que de reconnaissance. Il ne suffit pas de dire et de savoir ce qu’il faudrait faire pour que l’autre et nous-mêmes puissions nous transformer. »

« Une fois acceptée l’idée que l’on a toujours le droit de se faire du bien et que ce qui est bien pour nous ne peut être toujours en accord avec ce qui est bien pour l’autre, nous mettons de côté des scrupules inutiles. Ce n’est pas respecter l’autre que de ne pas se respecter. »

« Le douloureux paradoxe de l’homme est d’avoir à descendre dans ses ténèbres pour y trouver la lumière. »

Bonnes fêtes pascales !

Oser la poésie ! Merci, Tournai !

La poésie est partout, pour qui veut bien la voir. Elle est partout car elle est en nous. Cependant, il est bon de nous rappeler à son bon souvenir, de soulever un coin du voile, d’ouvrir la porte du jardin secret. C’est ce que fait depuis quelques années la magnifique ville de Tournai (où j’ai passé de si belles heures d’études adolescentes) : proposer sur les panneaux électriques de la ville de courts poèmes. Ils deviennent ainsi des panneaux « poétiques » ! Les passants regardent, les mots se donnent à déguster, les images se nichent dans la tête et atteignent le cœur !

Un merci particulier à Bernadette Bodson !

Les instapoètes

Merci à Vanessa de m’avoir fait suivre l’article ci-dessous (à la fin vous trouverez aussi le lien original), qui explique aussi l’engouement récent pour les haïkus sur Instagram. Je la remercie d’autant plus que ma propre démarche matinale sur Instagram, Twitter, FaceBook et LinkedIn a été spontanée, sans savoir que je m’inscrivais dans ce nouveau courant. C’est le moment donc d’en parler, puisque nous sommes dans la Semaine de la Langue française ! (Et si vous voulez me suivre c’est : jacquesmercier16 – @JacquesMercier et FB : Jacques Mercier…

Comment la poésie devient une arme d’expression massive aux États-Unis

À l’occasion de la Journée mondiale de la poésie, le 21 mars, détour par les États-Unis où l’on croyait cette forme littéraire presque enterrée. Mais la poésie fait un retour en force dans l’Amérique de Trump. Premiers acteurs de ce renouveau : les jeunes et les femmes, qui s’expriment en nombre sur les réseaux sociaux.

En avril 2015, le Washington Post publiait un article qui alliait l’injure aux statistiques avec une efficacité redoutable. Intitulé “La poésie au bord de l’extinction”, cet article – publié, pour comble, au plus fort du Mois national de la poésie – se fondait sur les résultats les plus récents de l’enquête que le National Endowment for the Arts, le NEA mène tous les cinq ans. Cette enquête visait à mettre en lumière, par des chiffres, la relation qu’entretiennent les Américains avec un genre littéraire qui représente, pour reprendre les mots [du poète moderniste américain] Wallace Stevens, “le renouvellement de l’expérience”.

Pour ceux qui s’intéressent à la poésie, les informations très fouillées réunies dans le cadre de l’enquête étaient tout à fait décourageantes. Les courbes plongeantes que le Washington Post avait réalisées pour illustrer l’article enfonçaient le clou. “Depuis 2002, la part des lecteurs de poésie s’est réduite de 45 % – soit la plus forte baisse jamais enregistrée pour un genre littéraire”, affirmait l’enquête, citant des données de 2012. Le journal résumait les choses ainsi : “Depuis vingt ans, la tendance à la baisse est presque parfaitement linéaire – et ne montre aucun signe de ralentissement.”

Un art qui vient se nicher partout

Depuis, il s’est produit quelque chose d’étonnant. Lors de sa dernière étude, menée en 2017 et publiée en 2018, le NEA a découvert que la poésie, loin d’être en chute libre comme l’indiquaient les précédentes enquêtes, renouait avec une popularité record. Bref, les rumeurs concernant sa mort étaient très exagérées. Le nombre de lecteurs déclarés de poésie aux États-Unis a doublé entre 2012 et 2017, d’après l’enquête. Et si la lecture de ce genre littéraire repart à la hausse dans toutes les catégories de population étudiées, dans les milieux urbains comme ruraux, ce sont les jeunes adultes qui présentent l’augmentation la plus importante et la plus forte : la proportion des lecteurs de poésie parmi les 18-24 ans a plus que doublé, passant de 8,12 % en 2012 à 17,5 % en 2017. Les femmes et les personnes de couleur contribuent pour une large part à ce retour en force.

Une enquête aussi poussée que celle de la NEA pose un problème de définition : qu’appelle-t-on en réalité “poésie” ? Doit-on se limiter aux mots imprimés sur une page, soigneusement rangés dans le rayon Poésie de [la chaîne de librairies] Powell’s Books ? Ou s’agit-il d’un phénomène plus large, plus viral, plus musical, culturellement plus vaste, donc bien plus difficile à définir – et dont, par conséquent, on imagine mal qu’il puisse disparaître ? Avec ses vers accompagnés d’illustrations sur Instagram, qui lui ont valu le surnom d’“Instapoète”, Rupi Kaur est parmi les poètes les plus populaires du monde, quels que soient les critères de diffusion auxquels on se réfère.

Les instapoètes

On les appelle des “instapoètes”. Jeunes, souvent autodidactes, ils “partagent sur Instagram des compositions [poétiques] soignées qui évoquent des selfies littéraires, souvent mis en scène avec des polices un peu rétros, à la façon d’une machine à écrire encrassée”décrit The Washington Post. Au premier rang des stars de cette nouvelle vague, on trouve l’auteure canadienne d’origine indienne Rupi Kaur, dont le compte est suivi par plus de 3 millions d’abonnés. “Deux ou trois fois par semaine,explique le journal, elle poste un bref poème aux accents élégiaques illustré par un dessin très simple au trait noir, dont son public se délecte.”

Le réseau de partage de photos n’est pas seul à offrir une fenêtre de visibilité aux aspirants poètes. “La forme ramassée de la poésie fait qu’elle se prête souvent bien à une mise en scène compacte, destinée à être partagée sur Twitter, Facebook et Instagram”notait dès 2016 le magazine The Atlantic. Pour The Washington Post, en changeant “la façon de lire et d’écrire de la poésie, […] les réseaux ont servi de défibrillateurs pour faire revenir à la vie l’art ancien de la poésie”.

Paroles de femmes

Les femmes sont particulièrement représentées dans ce mouvement : les poèmes des réseaux sont, toujours d’après The Washington Post, “en grande partie composés par des femmes – jeunes – pour un public de jeunes femmes[Leurs] poèmes sont des messages très personnels qui ont pour sujet l’estime de soi et l’émancipation, et qui puisent dans ce refus très moderne de se taire – prenant pour cible les pervers, les petits amis qui les font souffrir, et tous ceux (en majorité des hommes) qui les empêchent de s’épanouir, que ce soit dans la chambre à coucher ou au travail.”

Cette tendance des instapoètes n’a pas échappé aux éditeurs, alléchés par les ventes de Rupi Kaur (ses deux recueils parus, dont Lait et miel, publié en français aux éditions Charleston, se sont écoulés à des “millions d’exemplaires”). Ainsi que le souligne une poétesse citée par le journal : “Aujourd’hui tout le monde veut son instapoète.”

https://www.courrierinternational.com/article/litterature-comment-la-poesie-devient-une-arme-dexpression-massive-aux-etats-unis

Un dernier « Jeu des Dictionnaires » ?!

Le Jeu des Dictionnaires
Edition spéciale live au bénéfice de DoucheFLUX

24.03.2019

 

Vous êtes des nostalgiques du Jeu des dictionnaires sur la Première, ou curieux de le connaître ? Le dimanche 24 mars 2019 à 17h aura lieu sa deuxième édition spéciale live au bénéfice de DoucheFLUX et dans le cadre de la semaine de la langue française en fête à Wolubilis.

Le concept ? Un animateur, son assistante et un.e invité.e – ici Julie Rens (Juicy) ! – chargé de choisir parmi les définitions d’un mot proposées par des chroniqueurs celle qui est correcte. Le tout émaillé de billets, sketches et autres tranches de rire parfois cyniques et jamais vulgaires. Cette émission culte, qui a pris fin en 2011, a voyagé des années durant dans toute la francophonie et attiré des milliers de spectateurs.

Seront présents autour de Jacques Mercier et Virginie Swensson : Alain Debaisieux, Bruno Coppens, Catherine Ronvaux, Chloé Von Arx, Eric De Staercke, Fred Jannin, Gilles Dal, Jean-Jacques Jespers, Juan d’Oultremont, Philippe Geluck, Pierre Kroll, Raoul Reyers, Sergio Honorez, Stefan Liberski et Thomas Gunzig !

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Au-delà des apparences…

C’est un constat : on se fie le plus souvent aux apparences. Le monde tourne autour de l’apparence. Ce n’est pas un phénomène de mode, encore qu’accentué par l’arrivée de l’image, de la télévision dans l’histoire de notre société humaine, c’est un fait lié à l’utilisation de nos sens.

Pourtant le vieux proverbe nous met en garde : « Les apparences sont souvent trompeuses » ! Il faut sauver les apparences : « Les apparences sont donc bien en péril puisqu’il s’agit toujours de les sauver ! » (Natalie Clifford Barney) Et tous les penseurs nous ont avertis.

Ainsi François de La Rochefoucauld, au XVIIe siècle, porte à notre réflexion dans ses « Réflexions ou Sentences et Maximes morales » : « Le monde récompense plus souvent les apparences du mérite que le mérite même. »

Ainsi Charles Perrault dans « Grisélidis » qui décrète que : « Rien au monde, après l’espérance, n’est plus trompeur que l’apparence ».

Il n’est nul besoin de beaucoup d’exemples pour illustrer que nous ne nous attardons qu’à la surface des choses et des êtres, nous en sommes tous victimes et nous avons tous succombé à cette légèreté. Le temps qui s’accélère aujourd’hui ne peut pas nous aider à approfondir cette connaissance ! A l’image des reportages, des interviews, du survol des titres de la presse ! Le commentaire du journaliste en télévision (avec un prompteur qui lui donne une apparence de mémorisation) explique, alors que quelques images apparaissent, quelques secondes de violence, d’un pays lointain, d’un homme politique s’engouffrant rapidement dans une voiture blindée.

Le présentateur s’entretient avec son invité : dans son « oreillette » (qui lui donne une apparence de tout retenir par cœur) lui dit-on vraiment toutes les vingt secondes qu’il faut lui couper la parole, même si son idée n’est pas développée, pour enchaîner avec une autre question afin de maintenir l’intérêt ?

Nous parcourons les titres du quotidien, nous arrêtant parfois sur un mot, une photo, un titre plus accrocheur… lisons-nous le texte avec attention ou bien « zappons-nous », comme nous pouvons le faire avec les chaînes de télévision, certes nombreuses ?

Et dans bien des magazines, avez-vous remarqué que les noms propres étaient imprimés en gras pour que l’œil s’y arrête ?

Bref, nous survolons à toute vitesse alors que nous devrions parcourir ce paysage médiatique à pied, flâner, humer, comprendre, apprécier ! Le résultat est que nous ne connaissons que peu de choses en profondeur. C’est la couleur du décor, la coiffure de l’interlocutrice, la reliure d’un livre qui président à nos jugements ! Ce n’est alors que provisoire, superficiel.

George Sand écrit dans « Le beau Laurence » : « La beauté de l’apparence est seulement le charme de l’instant ; l’apparence du corps n’est pas toujours le reflet de l’âme. »

Et avec humour Marcel Pagnol dit : « Si l’on jugeait les choses sur les apparences, personne n’aurait jamais voulu manger un oursin. »

Nous sommes multiples, heureusement. C’est une richesse, mais l’on doit creuser un peu pour la découvrir et la partager. Ceux qui ont « plusieurs casquettes », comme dit la locution familière, ont plus que d’autres ce problème d’image. Par facilité, on a tendance à étiqueter, à cataloguer, à classer.

Ah ! Ces classements… de l’école jusqu’à la fin de sa vie, des premiers résultats scolaires jusqu’au bilan de ce qu’on a entrepris ! Tel humoriste ne peut que difficilement se faire admettre sur une scène de théâtre classique ; tel écrivain peut-il se compromettre dans un rôle plus médiatique ? Dans notre vie personnelle aussi, les malentendus peuvent être nombreux. Un sourire peut être perçu comme de l’ironie, par exemple.

L’amour est une façon de dépasser les apparences, on le sait. A propos du regard que l’homme pose sur la femme, Victor Hugo dans « Post-scriptum de ma vie » avait noté avec justesse, faisant fi des apparences : « La femme a une puissance singulière qui se compose de la réalité de la force et de l’apparence de la faiblesse. »

 Plus proche de nous, Christiane Singer déclare : « L’amour est visionnaire. Il voit la divine perfection de l’être aimé au-delà des apparences auxquelles le regard des autres s’arrête. »