Voici le texte de ma préface de ce livre essentiel de Fatiha Saidi « Dans la peau d’une femme mendiante » aux éditions La Boîte de Pandore, en espérant non seulement que vous le lisiez, mais que cela vous apporte une vue nouvelle de l’humanité.

« Payer de sa personne »

C’est exactement ça : l’autrice a payé de sa personne. C’est rare et d’autant plus digne d’admiration.

L’expression signifie : se mettre courageusement en danger et triompher des difficultés, s’impliquer personnellement dans quelque chose. Et plus encore, en anglais on dit to make sacrifices !

On a tous croisé des mendiants aux feux rouges, qui deviennent verts si vite ou si lentement, c’est selon. Nous avons tous imaginé les fraudes, les excuses, les légendes urbaines. Parfois nous nous pardonnons en étant généreux, mais souvent nos bonnes résolutions sont balayées par le cours de notre vie. Cette fois, Fatiha Saidi a sauté le pas et elle s’est mise « dans la peau d’une femme mendiante ». Bien sûr avec une sensibilité et une émotion qui nous touchent d’autant plus qu’elle écrit et décrit avec un grand talent. Mais nous trouvons aussi une sorte de recul scientifique qui rend l’expérience non seulement vivante, vraie, pathétique mais ancrée dans la réalité, aujourd’hui et maintenant.

Nous sommes à ses côtés quand elle remet son saut dans l’inconnu du premier jour, qui devient le jour zéro, parce qu’elle a mal dormi, qu’il pleuvine et qu’elle a peur.

Mais nous sommes là aussi quand elle pleure de bonheur en recevant une première pièce et qu’elle croise le regard d’empathie d’un passant anonyme.

De cette vie de mendiante, on retient tous les détails. Quelqu’un ose donner 5 centimes. En quatre heures, on croise 952 personnes, et pas un sou, etc. C’est vous dire combien le texte frappe fort.

Et puis, le livre est complet. On y évoque la maraude de nuit, le samu social, le resto du cœur…

L’autrice nous livre un ouvrage bouleversant, propre donc à nous bouleverser. Il témoigne, il dénonce, il nous interpelle comme un appel au secours. Nous sommes tous égaux, des êtres humains, mais certains souffrent plus que d’autres.

Dans la peau d’une femme mendiante