Comme je l’ai déjà indiqué, je trouve le nouveau roman « Soif » d’Amélie Nothomb (Albin Michel) sans doute le meilleur, le plus surprenant, le plus « intéressant » (des 28 ouvrages publiés), car il contient tant et tant de pistes de réflexions ! Je ne veux rien révéler de trop précis avant votre propre lecture, je ne vais donc que vous noter ci-dessous quelques courtes phrases – hors contexte –  parmi les très nombreuses que j’ai recopiées pour moi-même. Bonne lecture, bonne découverte, bon plaisir !

(Le roman ne sera en vente que le 22 août, mais vous pouvez le précommander)

L’énigme du mal n’est rien comparé à celle de la médiocrité.

On n’excelle que dans ce dont on a la pratique quotidienne.

On est quelqu’un de meilleur quand on a eu du plaisir, c’est aussi simple que cela.

L’amour est énergie et donc mouvement, rien ne stagne en lui, il s’agit de se jeter dans son jaillissement sans se demander comment on va tenir, car il n’est pas à l’épreuve de la vraisemblance.

C’est à cela que l’on sait si l’on est amoureux : à ce que l’on ne choisit pas.

On dit que l’amour est aveugle. J’ai constaté le contraire. L’amour universel est un acte de générosité qui suppose une lucidité douloureuse. Quant à l’état amoureux, il ouvre les yeux sur des splendeurs invisibles à l’œil nu.

Aucune jouissance n’approche celle que procure le gobelet d’eau quand on crève de soif.

Partition délicieuse, subtilement changeante, rhapsodique sans esbroufe, toute pluie tient de la bénédiction.

C’est une expérience commune : quand on gravit une montagne, on la regarde d’abord du bas, d’où elle ne paraît pas élevée. Il faut arriver au sommet pour se rendre compte de l’altitude.

On n’apprend des vérités si fortes qu’en ayant soif, qu’en éprouvant l’amour et en mourant : trois activités qui nécessitent un corps.

Je n’ai pas la force de tendre la langue pour attraper la pluie, mais elle mouille mes lèvres, et j’éprouve la joie sans nom de respirer encore une fois le meilleur parfum du monde qui portera un jour le beau nom de pétrichor.

Une mère qui a le talent de faire sentir à son enfant combien elle l’aime, c’est la grâce absolue.

Si vous aimez vos morts, faites-leur confiance au point d’aimer leur silence.

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