Alors que l’année s’achève dans le brouhaha des informations internationales, qu’on nous sert jusqu’à saturation, je mets de l’ordre dans mes notes, dans mes écrits, dans ma bibliothèque même. Je vais reprendre la rédaction de mes Mémoires, laissées il y a quelques mois en 1993 avec 530 pages déjà… Alors, en vous souhaitant une année nouvelle sereine, zen, calme, remplie de bonheurs – si pas du Bonheur inaccessible -, et amoureuse, je fais le voeu qu’elle soit en accord avec ce que vous êtes plutôt qu’avec le reflet et l’apparence qu’on perçoit.

A ce propos, je repensais au totem scout, ce nom d’animal suivi d’un qualificatif acquis ou à acquérir. Ce qui m’a toujours frappé c’est précisément la lucidité des chefs qui nous dirigeaient : comment devinaient-ils aussi bien ce que nous étions réellement ?

Dans mon cas, c’est facile : c’étaient mes frères qui dirigeaient ma troupe mouscronnoise et bien sûr ils savaient que j’étais rieur et percevaient en plus mon ironie sur les gens et les évènements. Faon ironique convenait à ma réserve timide mâtinée d’une regard malicieux qui me permettait de survivre.

Les deux grandes personnalités généreuses qui m’ont aidé à réaliser ma vie avaient aussi des totems adaptés : Jacques Brel était Phoque hilarant et Hergé s’appelait Renard curieux. Peyo fut un Bélier humoristique, François Walthéry une Autruche dynamique, Pierre Kroll une Belette rayonnante et Tibet un Coq artiste. On ne pouvait pas mieux dire !

Je me suis amusé à rechercher les totems des femmes et des hommes politiques. Récemment, à l’occasion de la sortie du livre « Paysages citoyens », j’ai fait la connaissance de Hermine flamboyante, qui convient si bien à Céline Frémault. Tandis que Joëlle Milquet était Pongo beau fixe et Isabelle Durant était Tshikapa go on (Tshikapa est une rivière, mais peut-être me donnerez-vous l’information sur l’animal?).

Du côté des hommes politiques, épinglons Olivier Deleuze qui était Mouflon Hilarant, Didier Gosuin était Aiglon assidu, Richard Miller était Castor tout-sourire, Charles Picqué était Belette courtoise et notre premier ministre Charles Michel était et est toujours, me semble-t-il : Poulain tenace !

Je me souviens d’un dessin paru dans un calendrier scout (que nous devions vendre de porte à porte) qui montrait un jeune scout qui attendait derrière la porte du très sérieux Conseil d’Administration d’une grande société et d’un employé qui y demandait à haute et intelligible voix, tandis que le grand patron rougissait en se levant : « Il y a le jeune Hamster souriant qui demande à parler à son chef, Ornithorynque malodorant ? »

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