Quel bonheur de voir réussir l’admirable collection hebdomadaire de nouvelles « Opuscules » lancée par Eric Lamiroy. Chaque vendredi un nouveau texte, ce qui donne un panorama de plus en plus impressionnant de notre littérature ; mais aussi la sensation d’avoir une culture un peu différenciée de nos voisins français. En effet, nous avons, plus qu’eux, un intérêt (jusqu’à présent surtout anglo-saxon) pour ce genre de la « nouvelle », que j’aime appeler dans ce cas de « petit roman ».

Voici un extrait de mon ouvrage paru dans cette collection : « Des matins lumineux », qui se situe après quelques pages et décrit le premier jour de travail matinal de l’animateur de radio, héros de mon histoire et ce qui déclenchera l’intrigue et le suspens.

« Au réveil, j’ai l’agréable sensation d’être seul au monde. Je m’habille en silence. Je prendrai mon café à la radio car mon cœur bat déjà comme si j’en avais bu plusieurs. Dans la rue, quelques rares passants semblent avoir fini leur nuit de travail. Je rentre dans l’immeuble du Studio Babylone, tape le code et descends au sous-sol. Ma sensibilité d’acteur est enchantée par le décor dont la lumière tamisée délimite deux espaces. La technique où l’ingénieur du son s’affaire devant ses écrans et, au fond, « mon » studio. Nous faisons des essais voix, déterminons le volume du casque audio et testons enfin la ligne téléphonique. Le générique de 5 à 7 le matin, une mélodie jouée au sax de jazz, retentit à 5 heures précises. Je trébuche bien sûr sur l’annonce de la première chanson, j’enchaîne avec une citation de Renard « Ne pas se lever trop matin, la nature n’est pas prête » et prends au téléphone un insomniaque un peu bougon. Puis, je donne les prévisions du temps : ce samedi, les températures seront agréables. Seize degrés au lever du jour et jusqu’à vingt-sept dans l’après-midi. Les mois d’été s’annoncent radieux. Déjà très pro, je regarde l’heure sur l’horloge numérique.

5h51.

Le temps s’est soudain arrêté malgré le clignotement rouge des secondes qui s’égrènent. La voix de mon auditrice au bout du fil ressemble à nulle autre : harmonieuse, douce, sensuelle. Elle me désarçonne, je lui fais répéter son prénom : « Inanna ? – Oui, mais on simplifie en disant Nina ! » J’entends jusqu’à son sourire. »

Si vous voulez lire entièrement mon opuscule « Des matins lumineux », et me donner votre commentaire, ce dont je vous remercie déjà… voir : https://lamiroy.net/products/04-des-matins-lumineux

matins

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