Chaque matin, je partage avec vous une citation qui peut nous aider à mieux aborder la journée. Souvent optimiste, ayant trait à l’amour, à la réflexion, à la vie intérieure, je la choisis après avoir jeté un coup d’œil (avant l’aube le plus souvent) sur les titres de l’actualité, car il pourrait arriver que cela tombe mal.

On me demande comment je procède ? Tout d’abord, depuis mon adolescence et mes premières lectures, j’ai toujours noté (dans des cahiers, dans des dossiers électroniques aujourd’hui) les passages qui me semblaient intéressants – non pas dans le vide, non pas dans un domaine particulier, mais plutôt des écrits qui m’aidaient à mieux vivre. C’est une habitude qui m’a toujours accompagné. Au début, ce furent des extraits – très connus depuis lors – du « Petit Prince » de Saint-Exupéry ou des vers de Jacques Prévert, qui passaient à l’époque pour provocateurs dans cette éducation religieuse qui fut la mienne. Aujourd’hui, j’ai eu le bonheur de parcourir les grands philosophes (Nietzsche, Lavelle, Sénèque, par exemple) et les essayistes (Cyrulnik, Sitchin, par exemple) ainsi que les grands romanciers (Proust, d’Ormesson, Sollers, par exemple) et ma moisson de phrases s’est agrandie.

Comme j’ai gardé (et pourtant je garde peu de choses, je ne suis pas collectionneur ; j’estime qu’il faut tourner les pages et évoluer) mes premiers carnets de notes, je peux vous redonner les deux premières citations recopiées dans les années 1950. La première est extraite de la pièce « Les hommes proposent » d’un auteur écossais un peu oublié A.J.(Archibald Joseph) Cronin et concernait déjà l’amour : «L’Amour, c’est la foi aveugle l’un dans l’autre, la communion absolue de deux âmes. » La deuxième est prise dans « Le Journal » de Julien Green : « L’enfant dicte et l’homme écrit ».

Ce matin, on me pose une autre question, essentielle : Comment faites-vous pour garder cette apparente sérénité en face du « chaos » de l’humanité ? Avant tout, comme j’écris – lentement – mes « mémoires », je vois très bien la transformation de notre société sous l’influence de l’image et de la mondialisation. Déjà, lors de la diffusion en son temps du feuilleton américain « Dallas », (pétrole, pouvoir, richesse, amour, jalousie) je me demandais comment pouvaient réagir les populations éloignées et souvent pauvres. Cela n’a fait que s’accentuer : les images de cinéma, de télévision, d’internet ont véhiculé presque sans contrôle le pouvoir, la richesse, la violence ; en réalité, ce que nous avons gardé en nous de nos instincts primitifs : celui de la reproduction, de la nutrition et de la conservation.

Une solution est d’équilibrer une vie extérieure avec une vie intérieure. Ce n’est pas nouveau. Mais c’est très important face aux agressions (dont la vitesse qu’on nous impose, la rentabilité, etc.), face à cette dérive de sa propre mise en avant individuelle, etc. Je revendique le secret, le calme, l’intimité, le silence. En nous, nous pouvons poursuivre une bien plus existentielle recherche, celle du beau, de l’harmonie, de la bonté et de l’amour. « Nous ne vivons que pour découvrir la beauté » (Khalil Gibran) En nous, nous pouvons nous connaître – et nous ne devons plus le faire face aux autres, à l’apparence, au statut, etc. « S’habiller à sa taille, et se chausser à son pied : voilà la sagesse » (Horace. -65 av. J.-C./ -8 av. J-C.)

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