La nostalgie est inévitable. C’est chaque fois pareil. La féerie de Noël nous envahit l’âme, avec ses souvenirs, ses parfums, ses lumières dans les rues et dans les maisons. Le sapin orné, les cadeaux, les retrouvailles de la famille… On pense évidemment à ceux qui ne sont plus là et à leur absence autour de la table ; on repense à notre propre enfance. Le bonheur est de transmettre la joie dans les yeux des enfants qui nous suivent.

Et pourtant, il semble bien que depuis quelques années, la violence, la cruauté, l’incommensurable bêtise de certains nous assombrissent cette célébration de la paix. A moi qui suis né pendant la guerre de 40, on promettait que c’était la dernière, qu’on allait enfin vivre sans angoisse. J’ai voulu y croire longtemps. J’ai bien dû me rendre compte que l’homme n’était qu’un homme, que ses connaissances progressaient bien plus vite que son humanité ; que ses pulsions animales (la force, le pouvoir, l’égoïsme, le territoire, etc.) ne parvenaient pas toujours à être dominées par une lumière intérieure, spirituelle, silencieuse, fraternelle.

Et pourtant, je ne perds pas mon optimisme : je pense encore qu’un regard est plus important que l’indifférence, un sourire qu’une colère, une oreille attentive qu’un jeu vidéo violent. J’espère encore que la lecture demeurera malgré l’invasion des images et qu’on découvrira dans les livres les exemples qui nous mèneront à la douceur. Une étincelle en nous demeure au-delà de toutes les horreurs. C’est le moment de la retrouver… malgré tout.

Bonnes fêtes !

 noel

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