Sur mes réseaux, je reçois une demande d’explication linguistique ce matin : « Dans les reportages sportifs, on utilise toujours le terme « compatriote », mais peu ailleurs, sauf dans les discours de nos souverains. » Il en est forcément beaucoup question avec l’Euro et les matchs des Diables Rouges !

Le mot est entré dans la langue française à la fin du XIVe siècle et nous vient du bas-latin « compatriota », de « com-  » (cum), et « patria « , patrie. Le compatriote est la personne originaire du même pays qu’une autre. Ce peut être également la personne originaire de la même province, de la même région (à l’intérieur d’un même pays). « Tous les étrangers ne sont pas barbares, et tous nos compatriotes ne sont pas civilisés . » Cela se lit dans « Les caractères de Théophraste, traduits du grec, avec les caractères ou les moeurs de ce siècle » (le titre complet) de Jean de La Bruyère et reste de mise ces temps-ci plus que jamais !

Mais quelle est donc la différence avec « concitoyen », synonyme de compatriote ? Le concitoyen est, dit le dictionnaire, le citoyen d’une même ville, d’un même Etat. Si le mot « ville », cité, semble imposer sa nuance, c’est oublier que le citoyen est la personne considérée comme personne civique.

Pas d’autres synonymes à compatriote et concitoyen ? Un seul encore, mais vieilli, c’est « pays ». « Un seul soir il s’était grisé avec des pays, parce que c’est l’usage; ils étaient rentrés au quartier, toute une bande se donnant le bras, en chantant à tue-tête. » (Pierre Loti, « Pêcheur d’Islande. »

Pas de souci donc, nous pouvons continuer à utiliser ce joli terme de compatriote, qui contient aussi le mot « patrie » ! Je repense souvent à ce mot superbe du poète et chanteur québécois Gilles Vigneault : « A celui qui me dit : « Je suis de tel pays », je réponds : « De quel arbre ? Et de quelle fontaine ? »

diables

 

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