Alors que nous continuons à vivre en état d’alerte, au milieu des contrôles (j’ai fait un aller-retour à Paris…), avec le sentiment d’un changement important dans notre manière de vivre en société, je voudrais recopier ci-dessous un court extrait du dernier ouvrage de Boris Cyrulnik « Ivres paradis, Bonheurs héroïques » (Albin Michel) qui traite d’un aspect du sujet et peut nous amener à y réfléchir :

« On note le schéma habituel : un groupe humain en crise cherche à solidariser ses défenseurs en désignant celui par qui le malheur arrive (le dissident, le voisin, l’étranger, le lépreux, le fou, le Juif). En luttant contre la dissidence qui désolidarise le groupe, les défenseurs de la foi déclenchent un processus de légitime défense qui les déborde rapidement.

Au XIIIe siècle, il a suffi de quelques années pour organiser une dictature religieuse qui a duré plusieurs centaines d’années.

Aujourd’hui, une épidémie de croyances peut se déclencher en quelques jours grâce aux médias modernes, télévision, radio, journaux, et en quelques heures grâce à Internet.

Mais toujours l’épidémie démarre dans une société en crise. La rupture d’équilibre peut être provoquée par la misère, par la guerre, par une désorganisation sociale ou spirituelle, ou même par une modernisation rapide qui provoque un changement brutal de culture.

(…)

C’est alors que surgit un sauveur qui dit : « Je sais d’où vient le mal, et je vais vous dire ce qu’il faut faire pour que le bien revienne. » C’est donc au nom de la morale et pour sauver son groupe qu’un prophète de bonheur apporte le malheur. »

harangue

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