On a beau dire, c’est un spectacle encourageant que cet engouement général pour la « Dictée du Balfroid » ! Voir ces quatre-cents jeunes finalistes de sixième primaire s’escrimer à écrire sans faute et pour deux d’entre eux y réussir, c’est un bonheur pour tous ceux et toutes celles qui sont amoureux de la belle langue française.

C’était la vingt-neuvième édition et je retrouve toujours avec plaisir les dictées préparées par Liliane Balfroid : « Les potagers, si petits soient-ils, que vous avez aperçus foisonnant dans les terrains incultes… » Ce n’est ni ringard, ni inutile !

Malgré l’évolution inévitable de la langue française et sans doute son appauvrissement dû à la mondialisation et aux nouvelles technologies, nous sommes nombreux à l’utiliser. Nous sommes deux-cents-septante-cinq-millions de francophones dans le monde. Le français est la deuxième langue, après l’anglais, dans les organisations internationales et il existe 900.000 professeurs de français sur terre.

Quant aux difficultés, vous devez savoir que la langue française n’est que la dixième langue la plus difficile à apprendre (Vous remarquerez que j’emploie encore « difficile » et pas le « compliqué » qui fleurit aujourd’hui sur les ondes, venu tout droit de la traduction anglaise !). Avant elle, on trouve le finnois, le japonais, le danois, le grec, l’islandais… Dans la langue islandaise, le même mot peut parfois avoir septante sens différents ! La plus difficile à étudier semble être la langue chinoise (ou les langues chinoises).

Quoi qu’il en soit, la langue demeure la musique de l’âme. Comme le disait Jean d’Ormesson dans un éditorial du Figaro en 1983 (Mais ç’aurait pu être dans le ton de L’avenir, qui parraine la dictée): « Une langue claire, maîtrisée, sans fioritures de routine ou d’idéologie, sans traces de graisse ou de paresse, sans ambiguïté et sans flou, ouverte à l’extérieur parce qu’elle serait solide à l’intérieur, voilà le but qu’il faut se fixer » et surtout ceci : « La langue est un instrument. Conservons-le en bon état et faisons-le aussi tranchant et efficace que possible. »

Puisque j’évoquais l’évolution, c’est un détail mais pour la première fois, j’ai bravé l’interdit de Madame Balfroid en me présentant sur scène, près de la talentueuse Françoise Bonivert de RTC Télé Liège, sans cravate… et je me suis aperçu avec plaisir que la ministre de l’Education, Marie-Martine Shyns, elle-même, était en jeans !

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