En radio, je me souviens d’une fin d’émission un samedi soir au studio de Mons. Jean Vallée est notre invité. Je lui ai toujours trouvé un visage qui ne convient pas à ses chansons tristes; j’ai toujours l’impression qu’il va rire; je sais que ce n’est qu’une impression, mais j’y pense chaque fois.

Ce soir là donc il a emporté sa guitare et se propose de nous faire entendre en avant première les chansons qu’il vient de composer… Nous sommes les premiers à les découvrir. On installe les micros. je sais que restés gamins, nous avons gardé un esprit assez mal tourné. Et voilà qu’il se met à chanter (heureusement dans un premier temps il ferme les yeux, comme c’est son habitude) : « Mon merle ne chantera plus… »

Tout de suite, je contiens difficilement un fou rire qui reste silencieux. « Mon merle » c’était un peu « Mon oiseau, mon zizi » !

Il poursuit: « Mon merle ne chantera plus, il ne fera plus le beau devant les filles… » Avouez! Je n’ai pas tenu longtemps. Lui non plus…

Eh bien, il y a une suite à cette anecdote. Il m’a expliqué que quelques semaines plus tard, il se trouvait à Paris dans le studio d’enregistrement. Il n’a jamais pu enregistrer ce texte tant il riait en se souvenant de notre fou rire et de l’allusion grivoise. Sur le disque, et vous pouvez vérifier, c’est devenu « Mon père ne chantera plus… ».

merle

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