Le destin d’un texte est souvent étrange. Au début de ma carrière dans l’audio-visuel, comme j’aimais surtout écrire, je me suis essayé à composer des textes de chansons. J’en avais déjà écrites lors de mon adolescence et je garde une photo, où dans mon bureau à Mouscron, un de mes amis de classe, Pierre-Paul, chante à la guitare un texte que je lui tendais. Il me semble que le texte devait être « Parce que » et s’inspirait des litanies de Jacques Brel.

Dans les années 60, bien des chanteurs flamands me demandèrent de traduire leurs textes en français, ce que je fis avec plaisir. Ce travail artisanal d’écouter les notes, les mélodies, de compter le nombre de pieds, de suivre la traduction littérale et de la rendre francophone me plaisait beaucoup. J’ai ainsi traduit Paul Severs, Johnny White, Jimmy Frey, Bart Kaël, John Terra… Et même un chanteur hollandais incroyable, dont la traduction fit un N°1 chez nous (grâce aussi à l’inspiration de Philippe Picard) : Peter Koelewijn et son « Angeline, ma blonde sex-machine » !

Bien sûr, j’ai alors travaillé avec les chanteurs de chez nous et ai eu avec eux des succès : Claude Barzotti, Frédéric François, Franck Michaël, Art Sullivan, Christian Vidal, Liliane Saint-Pierre…

Il y a quelques années, j’ai eu le bonheur de travailler sur un CD presque complet avec Johan Verminnen et j’ai encore des frissons lorsque je ré-écoute « Quelqu’un dira je t’aime » ( 1996)

Cependant, c’est la première fois qu’une artiste décide de consacrer tout un album à mes textes et que je chante (un peu) en duo sur un disque : « Les regrets inutiles » sort dans quelques jours et je remercie mille fois Nara Noïan pour ce grand bonheur. J’en reparlerai en détails, mais puisque je parle de textes, celui qui a donné le titre à l’album possède une histoire.

Je voyais assez souvent Joe Dassin dans les années 60/70. Je l’avais même suivi tout un séjour en Belgique, de son hôtel jusqu’aux loges et coulisses du Palais des Beaux-Arts de Charleroi, où il se produisait. J’étais un grand ami de son éditeur et attaché de presse belge, Léon. Celui-ci me demanda si je ne possédais pas certains textes pouvant convenir à Joe et je lui montrai « La tendresse inutile » (qui inspirera un de mes romans quelque temps plus tard). Joe Dassin accepta de le mettre en musique ! Imaginez mon bonheur !

Mais nous étions en 79 et Joe mourut quelques mois plus tard, à l’été 80…

Ce texte est resté longtemps à attendre son réveil et la magie de la musique et de la voix de Nara Noïan !

On y ajoute le talent des musiciens, et en particulier du sax de mon fils Stéphane, celui de Dan Lacksman, un des meilleurs ingénieurs du son du monde … Et cela donne sur YouTube, en avant-première des dizaines de milliers de vues…

https://www.youtube.com/watch?v=Hqn_mxy8GQk

A cette époque, j'étais chevelu et sans lunettes... Et Joe avait des

A cette époque, j’étais chevelu et sans lunettes… Et Joe avait des « pattes » ! LOL

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