A la montagne, pour quelques jours, je relis en numérique le Journal de Jules Renard, toujours source d’inspiration, même aujourd’hui. 
J’ai recopié pour vous quelques réflexions prises dans l’année 1890 !!! 
On peut être poète avec des cheveux courts.

On peut être poète et payer son loyer.

Quoique poète, on peut coucher avec sa femme.
Un poète, parfois, peut écrire en français.

On entre dans un livre comme dans un wagon, avec des coups d’œil en arrière, des hésitations, l’ennui de changer de lieu et d’idées. Quel sera le voyage ? Quel sera le livre ?


Cherchez le ridicule en tout, vous le trouverez.
Un sens de plus, un de moins, qu’importe, pourvu qu’il me reste le bon !
On place ses éloges comme on place de l’argent, pour qu’ils nous soient rendus avec les intérêts.
Qu’importe ce que je fais ! Demandez-moi ce que je pense.

C’est surtout au théâtre que chacun est responsable de ses actes.
On a vingt ans depuis quinze jusqu’à trente ans.
La porcelaine cassée dure plus que la porcelaine intacte.

Nous ne connaissons pas l’Au-delà parce que cette ignorance est la condition sine qua non de notre vie à nous. De même la glace ne peut connaître le feu qu’à la condition de fondre, de s’évanouir.

  

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