Comme vous, je suis les grands mouvements du monde, ses catastrophes, ses horreurs (ses erreurs?), ses bêtises et ses beautés… Et comme vous, parfois je me contente des détails de la vie, de notre propre vie.

La langue française, la manière de nous exprimer, de nous faire comprendre fut toujours un sujet d’intérêt pour moi ; au point d’en avoir fait des émissions, des livres et même de présider un jury qui évalue le bon langage dans le milieu financier !

Aujourd’hui, quelques observations légères (car je sais que tout évolue, peut-être surtout les mots, les expressions qui collent à cette société très vivante) qui ne sont surtout pas des condamnations, des récriminations. Je sais trop combien les mots sont aussi le reflet des modes…

Dans les infos, (et plus les informations) les JT (jité) (et plus les journaux télévisés), dans les pubs (et plus les publicités et encore moins les antiques réclames), bien des mots-modes ont envahi les présentations :

« Merci pour cet éclairage », « Merci pour ce décryptage », « Comme je vous le disais en titre », « Hé bien, écoutez… », « Dans le reste de l’actualité en bref », « Voilà ce qu’on pouvait dire… », sans compter le « a priori » devenu bien encombrant ces jours-ci !

Les questions sont de « vraies » questions, et tout est « un ou une véritable… »

Dans tous les débats, il existe toujours un moment où le journaliste se doit de dire « On en parlera tout à l’heure » pour couper la parole…

On conclut toujours par « Voilà ce qu’on pouvait dire ! »

Dans les bulletins météo, ce sont les « épisodes », les « séquences »

Tout est devenu « ité » pour faire plus scientifique, plus sérieux ! L’attractivité (et non plus l’attrait), la pénibilité, l’opérationnalité (je vous jure)…

Sans compter l’encombrant « prendre ses responsabilités » qui est l’expression langue de bois par excellence !

Au début des phrases survit le « pérenne » : « C’est vrai que… »

Au creux des phrases, combien de « Voilà ! » qui semblent conclure une explication incomplète, de « Hé bien », combien de « hein » qui sont censés rendre plus proches, plus familiers les correspondants…

A la fin des phrases, c’est le « Allez ! » qui pousse vers autre chose… sans aucune imagination.

Et puis, pour certains mots et quelques expressions, le sort semble en être jeté ! Ils sont inscrits dans nos conversations :

Plus rien n’est difficile, tout est devenu « compliqué »

Ce n’est plus « Au niveau de » mais « en termes de » (à l’origine ne s’utilise que pour la langue justement)

Ce n’est plus « important », mais « majeur » !

Le « pronostic vital », « la cellule psychologique mise en place », « le périmètres de sécurité », on « sécurise », sous « haute surveillance », « connu de la police », …

L’ambiance est « délétère »

A vous de jouer ! Je suis certain que vous trouverez encore des centaines d’altérations de la langue, telle que nous la connaissions !

M Dictionnaire (frédéric Latinis) 7

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