Mon nouveau roman vient de sortir : « La Francisque de Tournai ». On en parlera dans la célèbre librairie de la Grand-Place de Tournai, Decallonne, samedi prochain, après-midi – le 22 novembre. Entre-temps No Télé, Hainaut Matin, la presse locale l’évoquent déjà. (Je serai aussi le lendemain  après-midi dimanche 23 au Salon du Livre belge, rue rouge, 47 à Uccle)

Voici pour vous les premières pages, qui vous donneront le ton de ce roman policier dont l’action se passe en grande partie dans la ville de Tournai, où je fus étudiant et vécu mes premières amours.

Si vous n’avez pas l’occasion de venir, vous pouvez vous procurer le livre sur le site de l’éditrice :

http://new.lucpire.eu/2014/11/04/jacques-mercier-la-francisque-de-tournai-2/

« La gare de Tournai n’a pas changé, elle est telle qu’il l’a traversée en quittant la ville. La place libre dans le parking juste en face de l’entrée lui apparaît comme le présage d’une journée réussie. Sans sortir de sa voiture, il détaille le bâtiment de briques rouges. Au centre, par-dessus les pilastres et la demi-rosace, l’horloge indique neuf heures. Il a roulé toute la nuit pour traverser la France et passer le poste frontière, qui n’existe d’ailleurs plus aujourd’hui. Il a échangé sa voiture immatriculée en Suisse contre une voiture identique mais avec des plaques belges. Il éprouve une réelle satisfaction à avoir calculé son horaire avec précision car, depuis toujours, il met un point d’honneur à réaliser au pied de la lettre ce qu’il entreprend. Cela semble encore être le cas, même si cette fois l’enjeu est d’une autre taille : le plus grand défi de sa vie !

Les deux bips et le clignotement des feux de position signalent le verrouillage des portes, il monte les marches et entre dans la gare. À droite, une petite salle de restauration. Il fait la file, choisit une viennoiserie et paie à la serveuse en robe noire. C’est ici qu’il avait attendu le train qui allait l’éloigner de la ville historique.

À une autre époque, dans le grand « Buffet », les publicités au néon vantaient une bière ambrée locale, la Bush. Il ne sait plus si l’orthographe est celle des deux présidents américains ? Un « sch » ou un « sh » ? Il a cependant une excellente mémoire visuelle. Les noms qu’il lit s’impriment dans sa mémoire. Depuis la lecture de Nietzsche : « Chaque homme cache en lui un enfant qui veut jouer », il connaît l’ordre délicat des lettres « z », « s », « c », « h » ! Il décide que le mot Bush est identique pour les présidents et la bière.

– Voulez-vous autre chose ?

Il fait non de la tête et tend un gros billet.

– Vous n’avez pas plus petit ? La caissière fait la moue.

Comme il n’a pas de monnaie, elle grommelle qu’elle n’a décidément pas de chance aujourd’hui. Elle cherche le change dans les casiers du tiroir et dépose en soupirant une dizaine de pièces sur le comptoir.

– Mademoiselle ?

Elle se tourne, un peu excédée.

– Puis-je vous poser une question ?

Elle ne dit rien.

– Vous travaillez depuis longtemps ici ?

Elle pense que cela ne le regarde pas, mais répond:

– Depuis l’an dernier. Pourquoi ?

Il dit simplement qu’il aime la Grand-Place. Ensuite, il s’excuse pour l’indiscrétion et repousse une partie de la monnaie vers elle. Elle ne se fait pas prier et empoche le pourboire. Puis, comme s’il s’agissait d’un échange, elle lui tend deux clés. Il les prend, passe devant les armoires frigorifiques, sort et regagne sa voiture.

Sur son passeport suisse, à couverture rouge garnie d’une croix blanche, figure un faux nom, mais son vrai prénom : Daniel. Le « petit » Daniel, disait-on à l’époque où il travaillait sur la Grand-Place de Tournai dans un magasin de matériel photographique. »

couve francisque

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