C’est rare, mais je lis plusieurs livres en même temps. Il est vrai que ce sont des essais le plus souvent. Cependant, en finissant la lecture hier soir de « Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit » de Jean d’Ormesson, je ne résiste pas à l’envie de partager deux phrases de la fin du livre, parce qu’elles sont belles et correspondent bien à la dernière partie d’une vie :
« J’ai aimé le bonheur et le plaisir qui est la petite monnaie jetée sur le spectacle du monde par la bonté de Dieu »
et
« La parole est un miracle. La langue française a joué un grand rôle dans l’histoire si courte des hommes. Je m’en sers avec fierté, avec gaieté, avec une ombre de mélancolie ».

Pour la langue française, en effet, la mélancolie est de mise. Elle se métamorphose, comme beaucoup de choses en cette époque de connexions et d’assimilations ; et c’est un bien. Reste qu’on peut regretter le laxisme, le manque d’attention ; et même uniquement par goût d’une belle esthétique. (Les « hein » qui ponctuent toutes les phrases pour faire familier dans les JT, les « c’est vrai que » pour commencer, le « E » aspiré au début du mot « euro », j’en passe et des meilleurs (qui, oui !, s’écrit au masculin et non au féminin ! Vous pouvez vérifier…) Mais passons, la langue française évolue, se donne à tout le monde, se mélange et assimile et si cela permet aux humains de se rapprocher, de s’apprécier et de s’aimer, le prix n’est jamais trop élevé ! Gardons donc, comme d’Ormesson, une « ombre de mélancolie ».

Par ailleurs, j’ai lu une centaine de pages de « L’homme et la mort » d’Edgar Morin ; je lis peu pour ne pas me laisser envahir par l’idée de la mort, puisqu’elle se rapproche nécessairement de moi.
Cette phrase notée il y a quelques heures :
« Le museau est devenu visage, le silex outil, la main s’est faite inventive, et l’esprit s’est trouvé saisi par la mort… »

Cela dit, aujourd’hui c’est le début de la quinzaine de « La Boîte de Jazz », sur le parvis Sainte-Alixe à Woluwe-Saint-Pierre et j’en ressens déjà un grand enthousiaste, doublé d’une bien belle tension. Ma voix est plus solide ; j’ai suivi des cours de consolidation ! Nous avons pu arrondir le spectacle pour le rendre encore plus fluide ! Je sais déjà le grand bonheur que ce sera de partager avec les artistes, la production et le public ce spectacle multi-médias, déjà apprécié (puisque la France, la Suisse et l’Espagne sont en négociation pour la suite…) Mais n’allons pas trop vite ! Vivons au jour le jour ces 100 ans de l’histoire du jazz… sur le site http://www.070.be toutes les infos et les réservations…
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