Nous sommes à la veille de la « première » du spectacle « la Boîte de Jazz » ! Nous y sommes ! La « Boîte » elle-même, grande, noire, insolite, s’est installée sur la place Flagey là où, il y a cinquante ans, jour pour jour, je suis entré à la RTB (plus INR, pas encore RTBF) comme assistant à la Section Jazz ! Non, il n’y a pas de hasard ! Tous les petits chemins de traverse qu’on pense prendre se révèlent une belle avenue toute droite en fin de parcours !

En fin de parcours ? On ne peut rien en dire, on l’ignore. Des amis proches et plus jeunes ont déjà disparu. D’autres qui ont mon âge me paraissent plus âgés. Et alors qu’il y a quelques semaines, quand le projet se concrétisait, je me demandais devant ma femme si j’avais raison d’entreprendre tout cela plutôt que de profiter d’une retraite (ma foi, méritée, après 45 ans d’audio-visuel non stop et intensifs), elle me répondit ceci, qui me tient chaud au cœur depuis : « Tu dois te dire que c’est une chance inouïe de pouvoir encore réaliser cela, un projet passionnant, autour de la musique que tu aimes, sur scène, que tu as découverte récemment et qui t’enthousiasme. Tu travailles en plus avec ton fils, Stéphane…. et de conclure : dis-toi que c’est un réel cadeau de la Vie ! » Elle a raison !

J’y mets donc tout mon enthousiasme et ma disponibilité (non pas que je me dise que c’est la dernière grosse réalisation que je puis assurer – à quasi 70 ans, le 17 octobre… car on pourrait prolonger l’année suivante, car des nouveaux romans vont sortir, etc.) – mais parce qu’à ce moment de ma vie, je n’ai plus rien à prouver, pas d’enjeu, pas de concurrence à susciter. Je me mets donc entièrement à la disposition du projet artistique, avec la patience, l’optimisme, la mise en perspective des petits problèmes, etc. J’essaie de donner l’exemple à tous ces jeunes qui m’entourent : Il faut vivre intensément et passionnément un spectacle tel que celui-là, s’y abandonner, y croire et être emporté par le bonheur !

Pour ma part, je savoure tout ce qui se passe, vraiment : l’essayage de nos costumes années 40 avec Karine, les essais de synchronisation des images et de mon texte avec Aurélie et Virginie, les conversations familiales autour de ce projet avec Stéphane, les anecdotes de métiers avec Ivan, Bruno, François, Vincent, Malou, les échanges sur la vie professionnelle de ses parents avec Casimir, évidemment les annotations tellement justes et bien senties de François, le bonheur d’y être arrivé avec Cédric, les détails de presse, d’interviews, de textes avec Caroline et Emmanuelle, la gérance du site avec Anthony… et restent encore le son, l’image, l’intendance sur place. Tout cela à découvrir aujourd’hui-même !

Je jouis de cette possibilité incroyable qui m’est donnée de communiquer avec un public cette « fantastique aventure du jazz », qui souligne ce qu’est notre société depuis 100 ans. L’idée est que j’ai cet âge et que j’ai vu passer tous les artistes dans « ma » boîte de jazz ! Un partage, une communion entre public, musique, artistes… C’est demain que nous embarquons pour plus d’un an (www.070.be) de ville en ville ! Merci de venir me dire bonsoir, si vous le pouvez ! J’en serais si heureux !
Soit vous aimez le jazz, soit vous ne le connaissez pas bien, soit même vous vous dites que ce que vous avez entendu vous n’aimez pas… je pense qu’on va vous réconcilier avec cette musique – des débuts jusqu’à Miles Davis. Et si vous n’avez jamais osé descendre dans un tel lieu, découvrez avec nous ce club de jazz si bien reconstitué par Karine.

Photo de l’équipe conteur et musiciens de la première : à ma droite Mercedes Gomez, Stéphane Mercier, Ivan Paduart (pas d’inquiétude le sigle « jazz » était projeté sur le mur et donc sur nos vêtements… ce ne sont pas des taches ! mdr)
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