Depuis quelques mois, des semaines, je vis avec quelques personnages, ceux de mon nouveau roman. Trois sont très présents : Emile, un créatif d’une agence de publicité, Valérie, qui rénove des tableaux anciens à Venise et Cécile, maquilleuse sur les plateaux de cinéma, de télévision et de publicité.

Trois métiers où l’on sauve les apparences, où l’on triche et ment. J’approche doucement de la fin du voyage et comme dans « Antigone » de Jean Anouilh, je suis terrorisé par leur destin que je connais et que je ne peux plus changer. Je ressens de l’émotion, comme si j’étais vraiment entré dans leur âme le temps de cette création littéraire. C’est étrange et sans aucun doute indispensable pour partager avec vous, lecteurs et lectrices. Cela envahit la vie réelle, nous sensibilise, nous enthousiasme aussi. Imaginez le réveil tôt, chaque matin, avec très vite en tête : où Cécile va-t-elle m’emmener ? Comment Valérie va-t-elle réagir ?

Et puis viendra bientôt la relecture, la correction…

Quel bonheur de pouvoir écrire. « Toute phrase que l’on prononce est un monde que l’on construit » !

Voici un extrait pris au hasard dans le roman. Merci de me suivre ! J’en suis très heureux !

Lorsque je rentrai, la grande pièce à vivre avait un tout autre aspect. Des coussins ajoutaient des couleurs vives sur les divans blancs. Les murs étaient de couleur sable. Cécile adorait les bougies et elle en avait allumé partout. C’était féérique !

– Bienvenue, mon amour ! dit-elle en se jetant dans mes bras.

Le long baiser m’ôta toute la nervosité de la journée. Elle avait une façon d’embrasser que je n’avais pas encore connue, dominante, envahissante et j’adorais ça !

Une musique sensuelle brésilienne nous enveloppait, grâce à l’installation faite en mon absence par ses amis. Je l’invitai à danser, puis lui dis à l’oreille :

– J ‘avais une pub sur une bossa de ce style.

– Tu ne peux pas être avec moi ce soir ? Pas dans ton boulot ?

En voyant mon air désolé, elle se mit à rire de bon cœur.

– Je plaisante, Émile ! J’aime qu’on partage nos autres vies, tu sais !

Elle laissa ma main serrer sa taille et descendre un peu.

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