Notre existence sur terre est comme un filament électrique dans l’ampoule de la vie. Il est ténu, tirebouchonné – peut-être semblable aux torsades de l’ADN – et rougit jusqu’à l’incandescence, puis s’éteint. C’est éphémère, mais intense. L’image même de l’ampoule électrique est en passe de ne plus être comprise par les nouvelles générations. Il est temps de l’utiliser ! Et depuis hier, c’est justement la fin des ampoules à incandescence…

Je vois donc les ampoules qui ont fait leur temps, et les fils fragiles qui se sont brisés, déconnectés et ne reliant plus le courant. Elles sont froides, parfois les parois sont un peu noircies, ont donné pourtant de si belles lumières blanches, jaunes. On comprend bien leur utilité, éclairer un pan du long cheminement des années. Il faut qu’on l’allume, qu’on en active le processus. Alors on ne craint pas de descendre dans la cave, ni de trébucher dans l’escalier la nuit. Alors on baigne dans une lueur adéquate à la lecture, à la conversation, aux jeux amoureux. Alors on peut passer du jour à la nuit. Est-on donc chacun cette ampoule électrique, qu’on a créée, qu’on a mise en place, qui s’use sous cette forme ?

On sait aussi qu’on trouve de nouvelles formes d’éclairage, dès aujourd’hui le choix se situe dans le type fluo-compact, LED (diode électroluminescente) ou l’halogène, de même que l’électricité remplaça le gaz, le pétrole, l’huile, la bougie, le feu lui-même. Sommes-nous emboîtés dans un grand destin ? Quelque part (mais hors de l’espace) à un moment (mais hors du temps) une entité (mais inimaginable, dans l’énergie, l’infini, etc.) réalise-t-elle, se rend-elle compte de l’indicible beauté de ces lumières qui brillent ? Toutes ensemble ?

Comme j’aimerais que tout ait un sens, une raison (mais ce terme n’est-il pas justement celui qu’il ne faut pas utiliser ?), alors que je sais que je n’aurai pas de réponse. Parfois une étincelle de réponse, lorsque j’ai le bonheur « infini » d’écrire un poème, inspiré !

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