Comme tout « semble » s’accélérer, on utilise de plus en plus de « petites phrases » dans la communication. On appelait cela un slogan, quand ce n’était pas encore trop lié à une propagande. Un mot gaélique qui littéralement veut dire « cri de guerre » ! On parle beaucoup de « petites phrases » en politique aussi (alors, elles peuvent être assassines), car ce sont les extraits de conversations qu’on répercute et qui simplifient les choses. Ce qui bien entendu est dangereux et souvent déforme la réalité de la pensée. Mais soit ! On se dit qu’une fois qu’on se trouve dans le domaine « public », entouré de journalistes ou même de collègues, il est essentiel de garder le contrôle de sa parole, qu’ils ne sont pas aussi naïfs de croire à l’anglicisme « off the record » ! Aujourd’hui ces « petites phrases » sont souvent des « twits » ( « tweet » ou « twit » conviennent mieux que gazouillis, mais on ne sait jamais… l’usage nous étonne parfois). On insiste sur les 140 signes du message et sur son efficacité. (Comme tout change tout le temps, tout indique qu’on n’en restera pas là, que d’autres innovations viendront modifier la communication… ) Je dois avouer que je prends grand plaisir à résumer ainsi les choses, c’est un excellent exercice, et je prends plaisir à découvrir les formules écrites par mes abonnés. Parfois je note sur du papier des petites phrases qui m’intéressent. J’aimais bien ces jours-ci : « N’insultons pas l’avenir » ou « Je re-signe des deux mains », comme ça, sans plus. J’ai un faible pour les phrases qui parlent de notre existence, comme : « Ne pas continuer sa vie, mais toujours la recommencer » ou « Comprendre plutôt que savoir » ! J’aime les courtes citations : « L’orage rajeunit les fleurs » de Baudelaire ou « La forêt est un état d’âme » de Bachelard. Cette transmission s’ajoute aux autres, ne l’efface pas. C’est ce que je répondais encore ce matin à propos du livre numérique. Il ne nie pas l’édition papier, mais ajoute un nouveau véhicule au texte. On sait que pour la première fois, aux Etats-Unis, lors du premier trimestre de cette année, les ventes des livres numériques ont dépassé celles des éditions imprimées; mais on sait aussi que le plus gros libraire de New-York est devenu aussi le plus grand pourvoyeur (par un système installé dans ses locaux, entre autres) de ventes numériques ! Ce n’est pas le fond, mais la forme qui change. Mais par ailleurs, en conclusion, mes « twits » ne m’empêchent aucunement d’écrire des romans – et peut-être qu’ils l’alimentent (puisque « L’orage » – le premier livre numérique retenu dans la première sélection du prix Rossel cette année ! Un bon titre de fierté déjà ! – se développe justement autour de cette troisième grande mutation, après le passage de l’oral à l’écrit et de l’écrit à l’imprimerie !

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