Alors que sur ma page FaceBook j’évoque ce matin le début des vacances scolaires et tout ce que cela fait ressurgir en nous, me reviennent maintenant quelques « moments » des étés d’enfance… et le bonheur les accompagne. La hauteur des choses, bien entendu : les épis des champs de blés me dépassaient et s’y aventurer était risqué ; on tâchait de ne pas s’éloigner du chemin (un peu comme les premiers essais de nage dans une piscine !), au bord duquel poussaient les bleuets, les coquelicots et les marguerites. D’autres champs encore : toutes les variétés : l’orge, l’avoine et le maïs – et mes parents, habillés comme je ne les voyais jamais, aidaient avec enthousiasme aux moissons ; ma mère en fichu rouge à pois, mon père en marcel. C’était le plus souvent à Awenne, en Ardenne, pas loin de Mirwart et de Saint-Hubert. Je me souviens des têtards dans le bénitier d’une grotte dédiée à la Vierge, du bruit strident et lointain d’une scierie, d’un nid de guêpes sur lequel on avait malencontreusement marché, de la naissance de petits cochons à la ferme et qu’on transportait dans une bassine, des toilettes à l’extérieur avec un petit coeur découpé dans la porte de bois, des prunes si violettes dans le verger, des mûres cueillies dans les buissons et dégustées sans attendre, du café sur la place, où à la fin de la promenade, nous pouvions boire une limonade et dont le gentil patron, pour qu’on puisse jouer sans payer, mettait des cartons de bière sous les trous du billard pour empêcher les balles d’y disparaître  ! Je me souviens aussi d’un endroit près du village qui était surnommé le « coin du paradis » : c’était un bosquet au milieu des champs et des prairies. Parmi les sortes d’arbres, il y avait surtout celle qui portait des baies rouges par grappes : le sorbier. On faisait des provisions de boules rouges avant de décider de deux camps et de se les lancer ! Surtout ne pas les avaler, c’était du poison – nous disait-on prudemment – mais ce ne l’était pas pour l’homme ! Combien de rêves dans cet îlot, de discussions entre copains… Comme notre imagination était sollicitée et combien l’avenir nous semblait fabuleux (oserai-je avouer que ma vie a été bien plus belle et passionnante que je ne l’ai jamais rêvée) ! Un été d’alors, lumineux et innocent !

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