Les mots s’entrechoquent parfois et font naître des correspondances dans le temps, dans l’espace. Ce matin, j’entends passer – avec ce bruit caractéristique et cette relative lenteur – le camion-poubelles… Et je repense à l’évolution du traitement de ces déchets ménagers, leur tri, leur recyclage. Lorsque j’étais enfant, à Mouscron, dans ce qu’on nomme aujourd’hui la Wallonie picarde, au sud-ouest de la Belgique, nous appelions « bac » cette poubelle d’aluminium (un mot de Eugène-René Poubelle), qui attendait toute la semaine près de la cuisine à l’extérieur et dans laquelle, en soulevant avec dégoût le couvercle, nous allions jeter les « restes » des repas… (Bonjour les « microbes »… tiens un mot qui tend à disparaître aussi !) Et puis passaient les éboueurs (vidangeurs, au Québec ! Agent de propreté urbaine, aussi !) et nous suivions leur avancée au bruit fracassant des poubelles (presque) vides qu’il rejetaient sur le trottoir… Aujourd’hui le mot « bac » fait toujours partie du vocabulaire des animateurs de radio branchés, comme « opus » ou « éponyme ». On annonce la sortie d’un CD en disant qu’il est « disponible dans les bacs » (les rayonnages des disquaires ou des grande surfaces, avec leurs têtes de gondole). Et puis, à peine le temps d’en discourir, et le mot devient presque obsolète. Les téléchargements (payants, je vous en prie ! Pour le salaire des artistes, au moins !) balaient en quelques années cette façon de consommer ! La vie évolue avec une telle rapidité ! Alors je pense à tous les autres sens de bac : ce bateau plat qui sert à traverser un cours d’eau (oh, celui qui nous menait dans l’île du Bois de la Cambre !) ; le baccalauréat, dont on a raccourci le terme et surtout le « bac à sable », que les journalistes emploient souvent comme métaphore lorsque les politiciens se chamaillent !!!

Un bac à sable attendant les enfants ou les politiciens !

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