Êtes-vous comme moi à vous demander pourquoi on nous inonde d’images d’un tueur norvégien ? Pourquoi consacrer de précieuses minutes d’information à relayer son point de vue insensé et raciste, son sourire écoeurant, et j’en passe… ? L’ironie indécente est encore, comme je l’ai vu, d’expliquer en nous montrant le tout (en allant de ce fait dans son sens) que c’est donc ce qu’il voulait faire : répandre ses idées ! Mais quelle est cette déontologie journalistique ? Cette indécence ? (Les 77 morts ne suffisent pas ? Les précédents qui ont déjà abouti sur d’autres actes semblables ne suffisent-ils pas ?) Ne peut-on décider (comme un cordon sanitaire) de ne pas faire étalage de ces informations nauséabondes ? J’ai eu un semblant de réponse il y a quelques jours en entendant un responsable d’information déclarer que : « Le journalisme était de tout dire ! » Où a-t-il suivi des cours de journalisme ? J’avais une plus haute idée du journalisme : celui du choix, du respect de celui qu’on informe, de la décence, une déontologie quoi ! Et réfléchissons un instant sur la raison de cet étalage en début de JT (par exemple), c’est non pas l’information, car ce peut être dit de manière condensée, sans image du poing tendu, sans détails scabreux (je parle aussi des victimes et des pleurs)… non, c’est la recherche d’un plus large public, pour forcément des raisons économiques et financières, dans un contexte de concurrence et de surenchère médiatiques. Acceptons-nous comme ce fut le cas ailleurs une page « porno » dans notre journal, afin qu’elle finance le reste ? Pas moi ! Je préfère alors, de loin, ne plus participer à ce voyeurisme malsain et collectif et me promener dans le bois pour découvrir les premières jacinthes bleues, jusqu’à ce que ce monde retrouve son bon sens !

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