Tout est dans tout, autrement dit : chaque pensée et chaque action ont une influence sur soi, sur les autres, sur la marche du monde. Nous le savons. Alors que veut dire ce discours angélique, entendu plusieurs fois depuis les récentes tragédies ? J’entends dire que la violence (des jeunes, relativement nouvelle, et des autres) n’aurait pas du tout été inspirée par les images de brutalité, par la télévision, par le Net, par les jeux vidéos ? Vous pensez que tout le monde peut faire la part des choses entre la réalité et la fiction ? Vous pensez que le sang, les armes, les guerres ne s’impriment pas dans notre cerveau avec plus ou moins de force, de récurrence et que cela ne banalise pas, n’incite à rien ? Que mettre en tête de journal tout ce qui va mal n’a aucune conséquence ? Qui peut le croire ? Dans d’autres domaines, les dommages sont les mêmes : l’incivisme (on l’a déjà évoqué), la langue française, que j’aime… Je pense d’ailleurs que la manière incorrecte et vulgaire de parler dans les médias a une plus mauvaise influence sur la langue que les raccourcis pratiques des sms ou des twits ! Quand j’entends « pallier à », « la gente féminine », « solutionner » (au lieu de résoudre », « waouw » (?), etc. ; de même quand j’entends « foutre », « ta gueule », « merde »… même si ces mots vulgaires sont affadis par justement leur usage intensif, on ne va pas me dire que cela n’influence pas la manière de parler de ceux et celles qui regardent ! Vous allez me dire que c’est le cours normal du temps, la lente dégringolade vers la médiocrité, la désinvolture, (et même la démocratisation est un de ces alibis, qu’on nous oppose au bien parler), le manque de travail (combien de fois un journaliste vérifie-t-il le genre d’un mot dans le dictionnaire usuel ? (« un » interview ?) Et vérifie-t-il son sens pour ne pas exagérer : « le chaos » sur nos routes ? Quel terme utiliser ensuite à propos des combats dans les villes de Syrie ? Un « super » chaos ? … Peut-être est-ce ainsi que les choses se passent, mais je crois surtout qu’à force de se pencher vers le bas, on y tombe ! Et c’est à ceux qui ont le pouvoir (médiatique dans ce cas, mais aussi politique, familial, scolaire et toutes les autorités) de faire le nécessaire pour tenir bon, inverser ce laisser-aller… Comment ? En suivant simplement les règles de déontologie, celles de la grammaire, celles du bien-vivre ensemble, celles de la décence… et en fin de compte, l’idée d’un certain optimisme, qui engendrera une espérance qui fait tellement défaut. Je ne veux surtout pas donner de leçon, je sais combien tout cela est difficile (et non « complicated/compliqué » comme on dit aussi !) ! C’est simplement les remarques d’un prétendu spécialiste qui affirmait que rien n’avait changé depuis l’arrivée de la télévision, du net… qui m’ont fait bondir ! Et vous ?

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