L’autre soir, j’ai passé quelque moment seul dans une chambre d’hôpital. Je voulais en profiter pour ne pas regarder la télévision. Plutôt me plonger dans la lecture numérique, ce qui me semblait très adapté aux circonstances. Et puis, c’est l’icône « musique » que j’ai choisie, avec des morceaux achetés, copiés de mes CD et téléchargés : Du Chopin pour préparer ma participation avec Daniel Blumenthal à la « Nuit Musicale et Littéraire » au château de Seneffe en août ; du piano si délicat de Nara Noïan, en vue de notre spectacle du samedi 10 mars à Charleroi à la Ruche ; du jazz doux de mon fils Stéphane, avec lequel j’avance dans des projets ; et puis… je me suis mis à écouter avec une émotion de plus en plus forte des chansons, des morceaux qui furent témoins de mes coups de coeur adolescents, des premières soirées, des premières danses (surtout des slows pour moi qui ne savais pas bien danser !). Certains sont passés de mode, comme « Sag Warum » de Camillo, « I’m sorry » de Brenda Lee, « Hello Josephine » de Fats Domino ou « Petite Fleur » dans la version plus carrée de Claude Luter. Une chanson me tord toujours le coeur, car elle était très érotique pour l’époque (écrite par Aznavour et Bécaud) et alimentait ma jalousie : « Puisque d’autres mains sont venues prendre place sur ton corps impudique, où mes doigts ont couru… » disait le début d’un Bécaud des années 50 ! J’écoutais ensuite les Ray Charles « Georgia on my mind », « I cant stop loving you »… et je suis arrivé aux Beatles (c’était plus tard, à mes débuts à la RTBF) avec « Yesterday » (et la première fois que j’ai entendu le morceau en compagnie de Salvatore Adamo) et toutes les chansons de « Help », dont l’incroyable « You’ve Got to Hide your love away ». Dans le film, ils se levaient et s’asseyaient pendant la chanson ! Je me souviens … J’avais traversé la ville pour me rendre dans un cinéma de quartier qui diffusait « Help »… J’étais subjugué et enthousiasmé ! Après le film, dans le hall, je vois un ami technicien de la radio. Je salue Eric et lui demande s’il a aimé le film et ce qu’il fait là ? Il rit et me répond que c’est « son » cinéma ! Pour me prouver le bien-fondé de cette allégation étrange, il va vers la caisse et me fait faire un « passe » gratuit ! J’ai vu ces jours-là huit fois d’affilée le film « Help », avec un excès jouissif qui me reste en mémoire : « Another girl », « I need you », « Ticket to ride »… Je soupçonnais la richesse de tout ce que j’allais pouvoir découvrir dans mon métier, mais j’ignorais que cela irait bien au-delà de mes espérances les plus secrètes ! Comme j’ai aimé vivre ! Comme j’apprécie encore de jour en jour la vie ! J’écoute en ce moment évidemment Whitney Houston et Paul McCartney dans « Another day » et j’ai, comme le soir à l’hôpital, des larmes dans les yeux….

Des Beatles, je n'ai rencontré que George...

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