De jour en jour, les nouveautés technologiques et leur utilisation m’émerveillent. Et parfois, sans nostalgie, je compare ce qui existait dans mon enfance (et du temps de la génération de mes parents) à ce qu’on nous propose aujourd’hui, et sans doute encore demain. Car, je me souviens très bien d’un grand-oncle d’Amérique qui était venu nous rendre visite juste après la guerre. Il était vraiment très américain physiquement : lunettes rondes cerclées, etc. Il possédait un objet d’écriture qui nous a fascinés. C’est la première fois que nous voyions un « portemine » ! Un progrès incroyable (même si le premier portemine fut inventé en 1822 en Angleterre), nous semblait-il, pour nous écoliers maladroits qui devions utiliser si souvent un taille-crayon ! Oh, le souvenir du taille-crayon électrique sur les bureaux de certaines sociétés… Bref, hier je me rendais chez ma fille Sophie à Villers-Poterie. Comme j’avais prêté mon GPS, j’ai essayé celui qui était installé sur mon téléphone portable. Un vrai miracle : la voix, la carte, les couleurs, (le relief via Streetview si je cochais « à pied ») etc. Et je me suis souvenu des détours, des recherches des plaques de rue la nuit, des cartes recopiées, des discussions lors des premières randonnées en voiture dans un lieu que nous ne connaissions pas ! Autre exemple, le café du matin. Juste après la guerre, à Mouscron, on le mélangeait encore avec de la chicorée dans une sorte de chaussette pendue dans la cafetière. Il fallait y verser de l’eau bouillante par petites quantités. Mais avant cela, prendre des mesures de grains, les mettre dans l’encolure du moulin à café, tourner à la main, en le coinçant entre ses genoux, puis vider le tiroir de bois – et cet arôme qui se dégageait déjà ! On méritait sa première tasse, ou jatte ! Je fus envieux – bêtement ! – du premier « moulin à café électrique » accroché sur le mur de la cuisine d’une tante et qui permettait d’éviter la corvée du moulin ! Aujourd’hui, je mets la capsule de la couleur désirée dans la machine vantée (avec talent et humour) par Georges Clooney et John Malkovich) et tout est programmé ! On arrive si vite (le mot est important) à la première gorgée odoriférante ! Je ne vais pas multiplier les exemples : téléphone sans fil, machine à écrire, voitures, climatisation, chaussures, téléviseur, home cinéma, iPad et jusqu’aux livres numériques, auxquels je m’habitue tant que mes derniers livres y sont édités (LiBook) et que mon tout prochain livre y sera proposé (« L’orage » OnLit)… Je pourrais vous parler des sacs de charbon livrés par le soupirail de la rue, de la charrette et du cheval de trait qui passaient avec les fruits et légumes, du garçon-boucher qui livrait à vélo, des glaces des repas de fête qui n’étaient servies que dans l’après-midi parce que les frigos n’existaient pas encore… D’une époque à l’autre. C’est émouvant ce temps qui passe, ces personnes aimées qui disparaissent l’une après l’autre dans le paysage qu’on connaissait, avec les maisons transformées elles aussi, ces instituteurs qui nous parlaient du système métrique… toutes ces pages qui se tournent.

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