Est-ce un bon souvenir d’enfance ? Je n’en suis pas sûr ! Qui aurait la fève cachée dans le gâteau et pourrait en cercler sa tête ? Et puis, qui choisirait-il ou elle pour devenir sa reine ou son partenaire ? C’était déjà une compétition, et le hasard, et les affinités, et la peur d’être laissé pour compte ! Et puis la raisonnement qui suivrait : je ne la mérite pas, normal qu’on ne m’ait pas chois, que sais-je ? C’étaient donc des complexes d’enfant, de petit enfant, de jeune frère face aux plus grands et aux adultes omnipotents. Aujourd’hui avec le temps, j’ai appris à relativiser les choses et à essayer de leur donner une juste importance. Mais combien a-t-il fallu de peurs, de chagrins secrets, d’humiliations ? La sérénité de l’âge est à ce prix sans doute ! J’aime bien, cela dit, le mot « épiphanie », qui vient d’un adjectif grec signifiant « qui apparait ». C’était la manifestation du Christ aux rois mages. En Wallonie picarde, le gâteau des rois est fabriqué avec de la pâte feuilletée, ailleurs ce peut être une brioche, un pain d’anis, etc. La fève à l’origine était un haricot sec, bien entendu, et fut remplacé par un haricot de faïence puis par un poupon. Aujourd’hui la fève est ce qu’on veut ! En Picardie, la coutume voulait qu’on découpe le gâteau en parts égales, que l’on fasse tirer les parts sous un torchon par un jeune enfant, à qui on demandait « Phoebe domine ? » (Pour qui cette part ?). L’enfant désignait alors l’un des convives. Cette phrase est une ancienne invocation celte au soleil ! La tradition, la religion, la famille : tout est intimement lié dans l’avancée implacable de la vie ! Bonne fête et profitez-en !

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