Ce sont les souvenirs d’anciennes réunions tout d’abord : de l’époque où nous étions petits-enfants nous-mêmes, quand nous ne connaissions pas toutes les personnes invitées à la table, des tantes qui revenaient de pays lointains, des cousins de branches éloignées, mais où la tradition nous rassemblait. Il y avait déjà le sapin de Noël et les vraies bougies dans les branches, sur de petits socles de fer blanc, quelques cadeaux, la crèche (et la ouate qui servait de neige !), les plus petits, cousins et cousines ensemble, dans la salle de jeux tandis que les adultes discutaient et puis chantaient. D’autres chansons de ce temps-là : « Trois anges sont venus ce soir » ou « Le banquet » et « Le fromage » interminables (mais dont les couplets étaient transcrits à la main dans un carnet de chants) de Théodore Botrel. Et puis ce fut à peu près la même chose chez les parents, et nous étions un peu plus grands, presque adolescents. Déjà les fiancées des aînés étaient à table. La crèche était plus stylisée. Et c’est ma mère – mais il fallait insister – qui chantait de sa voix haut perchée, comme c’était la mode (comme les chansons des dessins animés de Disney, qu’on comprenait à peine)… Aujourd’hui, tout est là encore et nous sommes nombreux, recomposés, deux générations plus tard. Le même émerveillement (et l’impatience avant l’ouverture des cadeaux) dans les yeux des plus petits, la même fraternité entre adultes (et les conversations dans tous les sens, de « The Voice » et l’écologie à la vie de Jésus !) et la musique : on sort les guitares, ils sont quatre à l’avoir emportée. On ajoute le saxophoniste de jazz. Pour faire plaisir aux plus âgés, ils commencent par des standards, qui nous mettent tout de même un peu de nostalgie au coeur : « Les feuilles mortes », « La bohème »… Et tout s’enchaîne dans le bonheur ! Enfin, en se quittant, on s’en rend compte et on se le dit : on s’aime !

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