Depuis toujours, je pense, j’ai été inquiété par la mort. Inutile de dire qu’en ce moment, tout me la rappelle : mon action dans « Testament.be » ou « comment mettre une bonne cause dans son testament » et évidemment le Jour des Morts ! (Ce 2 novembre heureusement adouci par le fait que c’est l’anniversaire de mon ami Salvatore Adamo et que nous bavarderons ensemble tout à l’heure comme chaque année – nous avons quasi le même âge, à quinze jours près, et c’est une rituel que nous n’oublions jamais – je me souviens d’appels donnés pendant une tournée en Russie et l’autre au Japon, à l’époque où il n’y avait pas encore de GSM !) Bref, à propos de la mort, je sais que c’est vers 7/9 ans qu’on en prend conscience, en même temps que le temps qui passe. Dans mon cas, cela a coïncidé avec la mort de ma grand-mère, chez moi, dans un lit placé au rez-de-chaussée… J’ ai eu le pressentiment de sa mort à l’école et je suis rentré en courant chez moi : j’avais eu raison ! J’ai dû embrasser ses joues flétries, jaunies, momifiées et c’est une sensation qui ne m’a plus quitté. Alors, pour la mort, je l’exorcise ! Dans mes livres avant tout : « Maître Gustave » raconte une fin de parcours, par exemple ; et sa création a été une source terrible d’angoisse, même si pour la fin du roman, j’avais trouvé une solution ; dans « Proche des larmes », en revanche, il existe des poèmes qu’il m’est difficile de relire sans justement avoir des larmes dans les yeux. Celui qui commence par « Mes yeux sont remplis de terre » est assez explicite ! Et puis, malgré tout, j’ai pu aussi exorciser la mort en donnant une petite conférence au salon du testament de Namur « On peut sourire de tout ! », qui se voulait une pause souriante au milieu des préoccupations moins joyeuses. Avec, par exemple, quelques phrases sur la mort, comme celle de Pierre Doris (chansonnier de l’époque de Jean Amadou, justement disparu ces jours-ci) : « Les morts ont de la chance : ils ne voient leur famille qu’une fois par an, à la Toussaint ! », d’Alphonse Allais : « Je me suis toujours demandé si les gauchers passaient l’arme à droite ! », de Woody Allen, bien entendu : « Je ne crois pas en l’au-delà, mais j’emporterai quand même des sous-vêtements de rechange ! » ou « Je préfère l’incinération à l’enterrement, et les deux à un week-end avec ma femme ! »Et ci-dessous voyez encore cette épitaphe magnifique, trouvée au Mexique et qui dit : « Souvenir de tes enfants (sauf Ricardo qui n’a rien donné) » Magnifique, non ?

"Souvenir de tes enfants (sauf Ricardo qui n'a rien donné)" Tombe mexicaine !

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