Alors que je ne supporte plus l’étalage des images, qui nous forcent à un voyeurisme malsain : cela va de DSK aux derniers instants de Khadafi, un autre scandale m’interpelle ce matin, celui du refus de six membres de l’Union européenne (l’Allemagne, la Suède, le Royaume-Uni, le Danemark, la République Tchèque et les Pays-Bas) à un maintien du PEAD (Programme européen d’aide aux plus démunis) ce jeudi. Je n’ose mettre en balance justement le coût de la « guerre » en Libye avec les quelques millions qu’on ne veut plus donner (et sans notre avis) aux plus pauvres. C’est quand même fou que certains pays comme l’Allemagne souhaitent que chaque pays se débrouille avec ses pauvres. Quel terrible égoïsme au niveau européen. En réponse à cette décision, les Banques alimentaires, la Croix Rouge, les Restos du Cœur et le Secours populaire ont adressé une lettre ouverte aux chefs d’Etats européens (ce we) pour leur faire part de leur incompréhension et les sensibiliser « à la catastrophe humanitaire qui est à craindre » en Europe si la décision reste ainsi… Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je suis un peu « écoeuré », car si on dit que le mécanisme mondial financier est une machinerie que personne ne contrôle et qui ne profite qu’à quelques-uns, ici, il s’agit d’une décision « humaine » dans un cadre que l’on connaît et où nous avons des représentants. Qu’y font-ils ? Comment interviennent-ils ? Devons-nous pour chaque décision « simplement humaine et juste » descendre dans la rue, faire des pétitions, rameuter le public ? (comme pour les 300 platanes condamnés par Brigitte Grouwels, mais à un tout autre niveau) Si même les plus fortunés de notre Terre se sentent indécents et s’obligent à participer à des fondations, des programmes d’aide, que font donc ces représentants publics (bien nantis, quant à eux) pour améliorer le sort des autres plus malchanceux ? Je voulais vous parler des images de violence en Libye et de la raison de les montrer pour faire de l’audience, mais j’y reviendrai plus tard; ces appels au secours des banques alimentaires me semblent encore plus urgents ! Des associations souvent formées de « volontaires » (bénévoles, eux !) qui ont bien du mal à croire en la compassion des grands de ce monde ! Un mot qu’on n’entend plus beaucoup : générosité !

La faim même chez nous, en Europe !

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