Ce matin, j’avais plusieurs pistes d’écriture et même une idée pour nous remonter le moral, malgré la crise politique interminable (et dans le mot, il y a « minable »), et puis une certaine lassitude s’est emparée de moi. Je l’analyse et je comprends ce que je souhaite… Une envie de grand air, de plage au soleil, de balade dans les bois, de jeux avec les petits-enfants, de rires, de soirées entre amis, de lectures pleines de hauteur ou d’intimisme, de souffle frais, de parfums balsamiques, d’envols d’oiseaux, de fleurs de nénuphars, de sourires de femmes, de regards croisés et complices, de « bonjour » sympathique, de « gooiedag » aussi, de projets artistiques, de coulisses avant la scène et le coeur battant, de dessins griffonnés, de photos de la nature, de prairies de hautes herbes, de cerisiers, de pruniers, de pommiers; une envie de m’agrandir l’âme et le coeur, d’aligner des mots calmes et sereins, d’écrire des poèmes (je vais d’ailleurs le faire), d’écouter du Mendelssohn, du Bach, du Liszt, de réécouter Barbara, Léo Ferré, « Marguerite » de Cocciante, « La jupe en laine » de Clerc, « Jardin d’hiver » de Salvador; envie de tendresse, de silence, de murmures, de chuchotements et de caresses, de conversations quotidiennes sur la vie normale : de nouvelles armoires, des branches à couper, le pommeau de la douche à remplacer, une crème de protection au soleil à la pharmacie; envie de la vie telle qu’elle se présente : simple, humble, douce, allant son cours jusqu’à la fin. Ce matin, je ne veux plus d’affaire DSK, plus de racisme flamand-francophone en politique, plus de déclarations devant les caméras, plus d’huile sur le feu, plus de slogans, plus d’intolérance, plus de gros titres barrant les « unes »… je veux la beauté, l’harmonie, la douceur, la volupté, comme ce quatrain lumineux d’Odilon-Jean Perier, poète bruxellois du début du XXe siècle : « Je t’offre un verre d’eau glacée – N’y touche pas distraitement – Il le fruit d’une pensée – Sans ornement ! »

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