Le tout premier conseil qu’on m’ait donné le  jour de mon entrée à la RTB (pas encore F en septembre 63) était celui-ci : « Puisque tu écris, continue de le faire, tous les jours; c’est de la création. N’oublie jamais que les médias (le mot le dit clairement !) sont des passerelles que nous jetons entre les artistes, l’information, la culture, etc. et le public. On peut plus ou moins bien construire cette carrière, être un bon passeur, mais ce n’est pas vraiment une création. L’écriture, oui ! Elle t’équilibrera dans les moments professionnels plus difficiles, moins intéressants. » Ce conseil, je l’ai toujours suivi et je pense que c’est en grande partie pour cela que j’ai pu vivre relativement (donc, par rapport à beaucoup d’autres endroits et d’autres personnes) heureux durant 45 ans d’exercice de l’audio-visuel ! (Le producteur qui m’avait engagé en 1963 était un grand jazzman, un artiste donc, et cela sans doute transparaissait dans ce point de vue magnifique ! Ce n’est pas un hasard, c’est le même producteur, Benoit Quersin, qui engagea quelques années plus tard notre ami Marc Moulin !). Si je vous raconte cela aujourd’hui, c’est que je perçois (plus souvent indirectement, par des copies de méls, ou directement par des coups de fil ou des sms des plus proches) le désarroi compréhensible face à la fin du Jeu des Dictionnaires. Mais pour quelques uns, je lis qu’ils suivent aussi ce bon conseil ! Ce n’est qu’une émission, fût-elle devenue « culte », comme je l’ai lu. La règle de l’évolution de la vie n’accepte sur Terre aucune exception; il vaut mieux s’en accommoder. Merci pour vos incroyablement nombreuses et chaleureuses réactions, merci de me les avoir adressées, alors que j’avais déjà pris mes distances depuis trois saisons, je le prends donc comme un cadeau, comme un « merci-rappel » des bons moments partagés. Cependant, j’écris, je lis, je vis. Pendant ce temps-là… Le présent qui s’offre est plein de surprises et d’harmonie; j’essaie d’y plonger, d’être utile, de sourire, d’aider. C’est ma raison d’être sur le Net, sur scène, dans la presse, sur eBook, etc. Cela permet de prendre aussi de la distance, de ne pas céder à des impulsions qu’on regrette, de relativiser. Ma phrase de ce matin parle d’harmonie. Je la recherche partout, c’est ce qui permet de s’épanouir…

Tout évolue et change. De cet imago qui sort de ma pièce d'eau, une libellule s'envolera bientôt.

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