Depuis qu’on a banalisé l’extrémisme (parlons de chez nous, mais du particulier on peut aller au général), fleurissent des phrases haineuses, qui n’auraient jamais dû quitter la sphère de certains cercles et du zinc de cafés mal famés. Je dis phrases, je devrais dire « courts slogans », car on raccourcit tout, on sort du contexte, on manipule à qui mieux mieux. Mais l’idée générale d’un certain nombre (par bêtise, par calcul politique, par médiocrité, par égoïsme, par racisme, etc.) est de malmener cette demande fort simple et lumineuse « Aimez-vous les uns les autres » ! Qu’elle se rattache ou non à autre chose, cette phrase est tout de même la clé pour vivre ensemble sur terre : cette idée-là devrait arrêter les disputes, les conflits, les guerres. Elle devrait favoriser le dialogue, l’écoute, la tolérance, l’échange, la discussion. C’est universel : cela vaut pour un couple, une famille, un quartier, une ville, une communauté, une région, un pays, un continent, la terre et l’univers. Mais qui prend encore de la hauteur ? On connaît l’histoire de la langue néerlandaise, du combat des Flamands pour s’imposer dans la Belgique, construction de l’Histoire : qu’y peut la majorité des Francophones d’aujourd’hui ? Que la langue française soit une très ancienne et belle langue de culture, c’est un fait, pas un prétexte pour se sentir supérieur et orgueilleux ! Que la société flamande belge soit en pleine expansion culturelle, économique, etc., c’est un sujet de fierté, pas un prétexte à mépriser les autres, à les écraser. J’entends les politiques utiliser souvent les termes « prendre ses responsabilités »… Je crains que bientôt – comme partout dans le monde – les citoyens eux-mêmes vont se décider à prendre leurs responsabilités : c’est-à-dire dénoncer ces mesquineries, ces relents de racisme, ces vieilles rancunes médiocres, ces calculs personnels, ce grand abandon de l’écoute des « hommes de bonne volonté », – ce qu’ils ne semblent plus être ! – et pacifiquement dire que nous devons nous aimer…

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