Comme je relis « Les caractères » de La Bruyère, je suis vraiment surpris par les observations qui restent valables trois siècle plus tard ! Le titre complet est « Les Caractères » ou les « Moeurs du siècle »… Il ne pouvait pas imaginer, lui qui vécut de 1645 à 1696, que ces moeurs seraient toujours d’actualité aujourd’hui ! Bien entendu, dans le chapitre « Des biens de fortune », on peut lire : « N’envions point à une sorte de gens leurs grandes richesses; ils les ont à titre onéreux, et qui ne nous accommoderait point : ils ont mis leur repos, leur santé, leur honneur et leur conscience pour les avoir ; cela est trop cher, et il n’y a rien à gagner à un tel marché. » De même dans le chapitre « De la cour » ! « L’on voit des hommes tomber d’une haute fortune par les mêmes défauts qui les y avaient fait monter ». Pourtant, c’est plutôt dans d’autres domaines, que je me suis étonné et amusé ! « Il n’est pas si aisé de se faire un nom par un ouvrage parfait, que d’en faire valoir un médiocre par le nom qu’on s’est déjà acquis » et cela, toujours sur l’écriture : « La gloire ou le mérite de certains hommes est de bien écrire ; et de quelques autres, c’est de n’écrire point ». Sur la prétendue réussite : « Il n’y a point au monde un si pénible métier que celui de se faire un grand nom : la vie s’achève que l’on a à peine ébauché son ouvrage. » Sur le coeur : « Il vaut mieux s’expose à l’ingratitude que de manquer aux misérables » Superbe, non ? Et à propos de la « conversation », j’apprécie ceci : « Toute révélation d’un secret est de la faute de celui qui l’a confié » !… Et finalement, c’est agréable de se plonger dans des textes où les « point » et les mots « fortune », « misère » et « cela est » sont monnaie courante.

Jean de La Bruyère

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