Hier soir, ai terminé la lecture de l’autobiographie de Luc Ferry, enfin une sorte d’autobiographie écrite sous forme de dialogue et sous-titrée : « L’anticonformiste ». Ce que j’en retiens avant tout, c’est une vision de l’avenir et qui n’est pas pessimiste ! Comme cela fait du bien ! Sa vision était déjà exposée dans son brillant et récent ouvrage : « La révolution de l’amour », mais il s’en explique longuement ici, avec son propre cheminement, ses origines, ses expériences, sa confrontation (d’où l’anticonformisme) avec les autres penseurs et/ou philosophes français. Je relève, par exemple sur mai 68 : « C’était aussi une période de grande liberté et d’aventures multiples, une période tumultueuse où l’on croyait que tout était permis du moment que l’on s’aime. J’en suis moins convaincu aujourd’hui, sans doute parce que je suis devenu plus soucieux des autres. » Cela me touche d’autant plus que cette semaine je serai interviewé par Elodie de Sélys à propos d’un numéro de « Ce jour-là », excellente émission, consacré aux années 60. J’aime chez Ferry la clarté des choses. Ainsi à propos de notre civilisation : « Pour les Européens, trois grands principes éducatifs servent globalement de guide : l’amour, la loi et les oeuvres. Autrement dit : l’élément chrétien, l’élément juif et l’élément grec. » Mais c’est surtout dans l’état actuel et les années qui viendront que Luc Ferry m’intéresse le plus. « Si la mondialisation s’est progressivement mise en place depuis le XVIII° siècle avec l’essor du capitalisme, la révolution numérique des années 90 nous a fait basculer dans autre chose. » Et d’expliquer que le cours du monde semble nous échapper, soumis à la seule logique adaptative de la nécessité et de l’urgence. Mais il voit au-delà : « Deux mouvements – le désenchantement (mondialisation et déconstruction) et le réenchantement (sacralisation de l’humain à travers l’invention de la famille moderne – traversent la modernité démocratique. » Et ceci encore : « Le seul lien social qui se soit approfondi, enrichi et intensifié depuis deux siècles est celui qui unit les générations à partir de l’expérience familiale. Je suis convaincu que c’est en elle, mais surtout à partir d’elle, qu’apparaissent de nouvelles formes de solidarité dans le reste de la société. » … Il y a encore beaucoup à dire et à commenter. Mais je vous renvoie au livre (Denoël) si voulez en savoir plus ! Pour ma part, je souris en refermant le livre, un peu plus confiant dans l’évolution du monde ! Avouez que c’est plutôt rare de pouvoir être aussi optimiste, car on entend surtout des appels à l’indignation, au désespoir,etc.

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