Avec un certain attendrissement me reviennent quelques phrases toutes faites que sortaient dans la vie quotidienne régulièrement si pas mes parents, d’autres personnes de cette génération précédente. C’était l’époque des proverbes, des lieux communs, des phrases qui se transmettaient et descendaient de génération en génération… Une autre époque d’ailleurs, où justement ces « traditions » restaient le plus souvent enfermées dans le cercle familial et n’étaient que rarement confrontées aux autres, aux livres, encore moins aux médias peu présents. Tout a changé et qui oserait encore, sans sourire, sans second degré, redire ces poncifs ? Quand la même idée jaillissait on entendait « Les grands esprits se rencontrent », quand on brisait un vase, un verre, une assiette, on disait « Faites chauffer la colle ! » (une action liée à la façon de procéder d’un temps qui précédait la colle en tube et la super-glu !); de même quand on trouvait que cela allait trop lentement, on s’exclamait : « On n’est pas aux pièces ! », ce qui faisait également référence à la manière artisanale de travailler. Quand un objet tombait,comme des pièces de monnaie, on disait alors : « ça ne tombera pas plus bas !« . Quand on demandait un peu d’argent pour un achat, ma mère disait : « Tu crois que l’argent pousse sur mon dos ! » Inversement, quand un ami arrivait au moment du repas, on disait volontiers : « Quand il y en a pour deux, il y en a pour trois! » et si la nourriture était abondante, il était de bon ton de dire à la cuisinière : « Tu as fait à manger pour un régiment !« . Enfin, quand on s’asseyait à la place de quelqu’un d’autre, soit on disait « Qui va à la chasse perd sa place ! » soit « On n’a sa place qu’au cimetière », ce qui est de moins en moins vrai ! Il en existe beaucoup d’autres encore et je vous laisse le soin de compléter si vous en avez envie.  Simplement, ces phrases toutes bêtes, de bon sens, liées au temps qui passe, ont le pouvoir aussi de faire revivre les visages de ceux qu’on a aimés !

Le temps de la Libération, où la famille dansait sur le trottoir même ! (Une photo retrouvée dans ses archives par mon cousin Jean-Claude !)

 

 

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