Les mots sont comme des arbres, c’est ce que je disais aux enfants réunis ce lundi pour les « tambours de la paix », à l’initiative de Moussia Houlot, tellement enthousiaste et passionnée. Les mots ont des racines, qu’on peut parfois connaître ou qu’on devine; un tronc, une signification et puis des branches qui peuvent aboutir à des sens parfois très éloignés. Ainsi justement le mot « tambour », à l’origine un objet martelant la marche des soldats vers la guerre, mais qui peut aussi définir le « tambour » annonçant les nouvelles de la commune. Alors on trouve le héraut ( et on pourrait parler au « héros », etc.) qui criait « Oyez ! Oyez » ! (Oh ce sketch de Raymond Devos avec le verbe ouïr !) Les enfants étaient intrigués par les mots qui peuvent arrêter la violence, qui peuvent éviter les disputes. La force des mots. Et nous voyons dans l’actualité tragique ce qui se passe quand le dialogue est rompu. Il est vrai que c’est, dans l’évolution des espèces, une des caractéristiques essentielles de l’homme : la parole ! Elle permet de dire, d’expliquer, de justifier, de dialoguer… Elle permet de séduire, de faire plaisir, d’aimer… Bien des artistes ont parlé des mots ! Octavio Paz : « La conscience des mots amène à la conscience de soi : à se connaître, à se reconnaître ». Victor Hugo dans cette citation très connue, extraite des « contemplations » : « Les mots sont les passants mystérieux de l’âme. » J’ai eu la chance de rencontrer, à la fin de mon adolescence, avec un premier manuscrit de roman qu’il me dit apprécier, Alain Bosquet, intellocrate et poète. Il écrit dans « Poèmes, un » : « Que suis-je pour moi-même ? Un mot qui me corrige ». J’aime beaucoup ! Et puisqu’il nous a quittés il y a peu, un mot d’hommage à Jacques Capelovici, Maître Capello, qui enchanta les fins d’après-midi de la télévision naissante de beaucoup d’entre nous. C’était une autre époque où la langue, comme bien d’autres choses, était encore sacralisée. Aujourd’hui, elle appartient à tout le monde; à nous de la changer, de la renouveler. Certains ne s’en privent pas ! J’aime enfin cette réflexion : « Un mot gentil c’est comme un matin de printemps ! »

 

Photographiés au cours de ma promenade, des peupliers comme des mots...

 

 

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