Depuis le début des hostilités en Libye, des sentiments divers m’ont envahi. Bien sûr, on a bien expliqué, longuement préparé le choc d’une nouvelle intervention militaire et je suis incapable d’en juger le bien-fondé : révolution, démocratie, pétrole, finances mondiales sûrement, etc. Vous l’aurez remarqué, j’évite le terme de « guerre », c’est que je suis né durant la « dernière guerre » comme l’on dit encore, alors que quelques autres ont eu lieu depuis, c’est probablement qu’on sous-entend « la dernière guerre mondiale dont le théâtre (!) des opérations était notre pays ». Mes premiers souvenirs de petite enfance ont été nécessairement marqués par des conversations d’adultes à ce sujet (mon père emprisonné, de la famille dans la résistance, etc.), par des livres dans la bibliothèque que j’allais feuilleter en cachette et dont quelques photos me marquèrent à jamais : les camps de concentration, les cadavres et même, c’est aussi dans l’actualité, la bombe atomique et son champignon terrifiant ! Donc le mot « guerre » me bouscule ! Et je dois m’accrocher très vite à d’autres images, d’autres émotions, pour stabiliser la tempête que cela déclenche dans ma tête ! Mais une deuxième réflexion me vient, et qui était déjà dans une moindre mesure de mise lors de la guerre d’Irak : c’est la présentation en « feuilleton » télévisuel de ces événements. Souvenez-vous de ces petits matins de CNN avec le titre « War » ! Comment résister à une telle mise en scène si efficace ? Sur les chaînes d’information non-stop comme LCI ou France24, tous les quarts d’heure on distille des éléments nouveaux, des interviews de spécialistes (souvent contradictoires), des images, des correspondants en direct (et la rediffusion de tout cela carrément en boucle) et nous sommes terriblement tentés de suivre ! Pourquoi ? Au départ pour se tenir au courant, ensuite pour connaître la suite, enfin parce que tout y est pour en faire un spectacle télévisuel, de la vraie télé-réalité en quelque sorte, mais avec des hommes dans le réel, qui vivent, se battent, hurlent, lancent des imprécations, pleurent, meurent sous nos yeux. Du voyeurisme ? Et comment ! La société du spectacle de Debord ? Et comment ! Tout est mis en scène pour accrocher (au-delà, j’en suis sûr, de l’information et de la naturelle curiosité, de l’empathie qu’on doit ressentir pour nos frères humains) et c’est à peine si nous sommes gênés par les pages de pub qui continuent plus que jamais à encadrer le spectacle télévisuel ! Ce ne sont que des réflexions ainsi notées sur la toile ce dimanche matin, alors que je tente de penser à l’harmonie du monde, à la beauté de l’univers, à la richesse intérieure de la pensée et de la création artistique entre autres, à l’amour…

La sérénité…

Publicités