Murielle Lona signe un premier roman magnifique, qui nous permet tout simplement de suivre les mouvements de l’âme d’une femme. « Je change de fréquence » explique avec des mots simples et beaux comment vit, comment rêve, comment aime une femme d’aujourd’hui. Julia, l’héroïne, nous ouvre toute son intimité : de ses rêves de petite fille jusqu’aux déboires de sa vie de couple en passant par l’anoxerie (qui nous vaut une scène tellement vraie avec les parents qui forcent à manger !). Cela passe par tout ce que la vraie sensibilité féminine peut nous apporter : l’accord avec la nature, la recherche du bonheur (« Être enceinte du bonheur ! » écrit-elle), la maternité, la sensualité, la séduction, l’intelligence… Le premier chapitre se termine par un poème, dans d’autres coins du livre ce seront des textes de chansons, une nouvelle, etc. Notre vie d’aujourd’hui est présente partout, dans les détails si bien observés : une interview à la radio sur la « théorie de l’harmonie », les scènes de solitude dans une chambre d’hôpital, les enfants à la sortie d’une école… La Belgique est aussi présente en touches mises ça et là pour que le tableau soit réel : le chocolat belge, Namur, le « Food and Wine » qui se réfère au « Cook&Book » cher à Murielle Lona… Elle se réfère à des musiques, à des auteurs, dont Isabel Allende pour le prénom de l’héroïne et à Paolo Coelho qui lui inspire un épisode magique d’un dialogue avec un papillon ! Mais c’est l’Inde qui tient une place essentielle dans l’évolution de Julia : les aéroports, le sort terrible des bébés filles, l’Ashram et sur une plage l’écriture du poème dans lequel on retrouve le titre du roman : « J’en ai assez des apparences, je change de fréquence » (un titre génial et actuel). Il faudrait aussi parler des signes (un docteur qui s’appelle Messie !), des anges, des voix intérieures « Certaines phrases semblent écrites spécialement pour nous, pour nous ouvrir les yeux, pour nous faire comprendre quelque chose d’important. »; il faudrait souligner les messages pour un mieux-vivre, qui soustendent tout le roman avec générosité, c’est le partage de l’expérience : « Chaque chose en son temps », « Se plaire à soi-même »… Et puis quelqu’un qui écrit cette phrase ne peut qu’être aimé : « Je connais des enfants qui ne jouent jamais dans l’herbe. C’est bien dommage ! Des enfants qui n’ont jamais couru dans l’herbe fraîchement coupée, les pieds libérés de leurs chaussures. » On assiste donc dans ce roman passionnant à une belle histoire mouvementée, exotique et familière à la fois, et à une belle évolution : « Il y a toujours plusieurs chemins pour aboutir au même endroit » écrit Murielle Lona au début du livre, vers la fin elle note : « Et maintenant ? Elle qui autrefois était cartésienne ne fonctionnait plus qu’en faisant confiance à ses intuitions » ! Je suis « heureux » d’avoir découvert une nouvelle vraie romancière !

Coordonnées : Je change de fréquence, Murielle Lona, Edition Option Santé, 2011, Québec. Couv : Martine d’Andrimont. Contact : murielle.lona@foodforthought.be (Ce texte est paru sur le site littéraire « Lire est un plaisir ».) Le livre sera bientôt en librairie, déjà en vente à Cook&Book à Woluwe-St-Lambert.


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