Loin de moi l’idée d’en vouloir à ceux qui n’utilisent pas les mots justes, qui se trompent sur les expressions, qui sont dans l’à-peu-près en permanence ! Rien de plus normal dans la vie de tous les jours, tout le monde n’a pas fait des études poussées, ni des études de Lettres, et même si… C’est déjà un peu plus inquiétant dans le monde de la communication. Au cours d’une autre époque, j’avais – faisant partie du Conseil supérieur de la Langue française » – proposé que des « observateurs neutres » remettent régulièrement des rapports « secrets et anonymes » auprès des services de l’information à la RTBF, de service public, rappelons-le. Cela sembla très, trop « délicat », à mettre en place et ne vit jamais le jour. Il faut dire que je viens d’un temps, où la diction était parmi les premiers critères d’engagement, et nous ne parlions de notre appartenance politique éventuelle qui si on touchait à cette matière !!! Mais j’accepte volontiers l’idée récente – de quelques décennies, pas plus –  que la langue n’a pas à être décidée et gérée par des spécialistes, des linguistes, des académies (avec ce que cela comporte comme mépris et accent social sous-jacents), mais par nous, nous qui sommes ce qu’on a appelé « l’homme de la rue » ! Comme toujours le balancier va trop loin dans l’autre sens (c’est un peu comme en politique et chimie) et on en est à dire qu’une erreur commise par le plus grand nombre peut donc être admise ! Ma philosophie a toujours été de m’appuyer sur ce qui existe de bien, de valable (adapter certes, évoluer sûrement) et d’avancer avec le temps. Un humoriste du temps de ma jeunesse a prononcé sur scène cette réflexion que je n’ai plus jamais oubliée : « Il faut marcher avec son temps, soit, mais ça dépend dans quoi il marche ! » L’idée de l’erreur acceptée vient aussi de l’utilisation nouvelle, intensive et « commerciale » oui ! des petits dictionnaires usuels. Ils répertorient non pas les mots justes, mais les mots utilisés par le plus grand nombre. On comprend l’utilité d’en changer, d’en ajouter pour l’achat quasi annuel de l’objet ! Or, sur quoi s’appuient ceux qui décident des mots qui font leur entrée dans les dictionnaires (et qui les rendent faussement acceptables) : sur la publicité, les journaux, etc. C’est donc un bien joli cercle vicieux ! Bon, tout ça parce que j’ai sursauté ces jours-ci uniquement sur de grandes chaînes de télévision à tant d’erreurs (Non, ce n’est pas grave, si ce n’est que c’est bien le reflet de la société). Voici des faits relevés ces trois derniers jours : « On n’achète pas un lapin dans un chapeau » (pour un chat dans un sac), « conséquent » pour important, « Excessivement » pour extrêmement, « coûtttt » de la vie pour le « coût » – sans le t prononcé, sans compter les « hein » qui inondent les phrases, les « on va dire », les « c’est vrai que », les « en fait », les « voilà », les « à la base », les « Allez »,   tous les néologismes aussi, souvent traduits sans autre forme de procès de l’anglais, comme « prioriser » !  Et j’ai aussi relevé cette « gente masculine » ! Passe encore qu’on ajoute un « e » quand on dit la « gente féminine », ce qui n’existe pas, mais quand elle est masculine ! On rit aussi quand on entend « matinée noire sur nos route » parce que la neige était tombée toute la nuit…. Car je veux surtout rester léger, souriant et amical !

Matinée noire pour la neige !!!!

 

 

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