Depuis toujours ce fut notre arme, l’auto-dérision ! C’est dans notre nature, cela remonte à Tijl Uilenspiegel, à Manneken Pis, à bien d’autres personnages symboliques. Nous avons souvent été écrasés, dominés, dépassés… mais toujours un sourire ironique, un bon mot, un détail pouvaient nous sauver l’honneur, la fierté, le respect de soi. Ce fut le fait d’artistes assez souvent, mais aussi le fait de chacun d’entre nous à l’occasion. En ce moment d’incompréhension vis-à-vis de l’actualité politique, de ses circonvolutions, de ses mouvements irrationnels (peut-être en sommes-nous au même point que le monde entier face à l’économie – une machine folle qui s’est emballée et que personne ne peut plus contrôler ?), de ses mesquineries, de ses manques de souffle, de morale, d’éthique, d’élégance (Comment va-t-on juger plus tard, à tête reposée, les phrases de BdW où il parle de son c… ?), l’auto-dérision semble à nouveau une des façons de résister. Les billets de Thomas Gunzig, les caricatures de Pierre Kroll et de Dubus, les slogans de Poelvoorde et de Geluck, les messages visuels, les pages sur FB, tout cela va dans ce sens : nous sourions, nous rions et cela paraît moins grave ! Parfois les intéressés eux-mêmes (si friands de la presse, du net, des réseaux que nous les voyons tous durant une assemblée plus occupés à cette activité qu’à écouter ceux qui s’expriment, non ?) prennent soudain conscience, grâce à l’humour, de l’absurdité de la situation. (Je répète : un état où on demande – de façon royale – à un nationaliste séparatiste de recoller le pays… ne peut être que dans un bien mauvais état (d’esprit) !) Ensuite, après le sourire peut naître l’indignation. Et ensuite la colère et l’action. Ce matin, alors que la mission du triumvirat semble déjà mal engagée, avec la même stratégie connue de tous depuis des années à présent du parti nationaliste flamand : ajouter encore une nouvelle exigence pour ne jamais devoir conclure, je pense que nous allons enfin réagir. Que les jeunes aient lancé ces appels à manifester me semble réconfortant et juste. Leur énergie entraînera peut-être les indécis, et surtout les indifférents, à montrer notre souhait que ces jeux cessent, que des personnes ayant quelque stature s’expriment au nom du simple bon sens, qu’on fustige enfin plus ouvertement des opinions (intolérance, rejet, fermeture, racisme, xénophobie – jusque dans des émissions de télévision -, repli, mépris, haine) qui ne peuvent fleurir ici et maintenant ! La démocratie est le pouvoir exercé par les citoyens.

En chapeau melon et bottes de cuir (avec Armelle) pour résoudre l'énigme de la Belgique ?

 

 

Publicités