Ce matin, lassé des commentaires sur nos activités « politiques », en attendant le « rabibochage », les paroles mangées, les retournements de vestes et la médiocrité de certains points de vue, j’écoute Georges Brassens. Intemporel, somptueux de clarté, de simplicité, d’une rigueur poétique intense, on ne peut que le redécouvrir à chaque écoute : il interpelle, il expose, il partage – mais avec discrétion – ses émotions, ses indignations, ses idées (Ah ! « Mourir pour des idées » ou « La balade des gens qui sont nés quelque part » !). Se laisser bercer à nouveau par « Comme hier » ou « La marine » est un bonheur rare, qui rafraîchit la vie, ravive ses couleurs ! J’ai eu la chance de l’écouter plusieurs fois sur scène, entre autres à l’Ancienne Belgique des années 60 et à Bobino à Paris : son apparition, son petit sourire sous la moustache, le pied sur la chaise… inoubliables ! Et puis, grâce à mon ami Salvatore Adamo, j’ai pu partager quelques heures avec lui, un repas et puis l’interviewer. Il se défendait absolument d’être un poète (comme Brel me le disait aussi ou Gainsbourg); il avait l’humilité et l’intelligence des plus grands, une présence, une stature et pourtant une fraternité humaine incroyable. La poésie voit bien au-delà des époques, dénonce et décrit les choses, comme le racisme qui mène aux frontières… Et soudain le miracle de l’Art renvoie à l’actualité immédiate aussi ! « Ils n’ont qu’un seul point faible et c’est être habités / Et c’est être habités par des gens qui regardent  / Le reste avec mépris du haut de leurs remparts / La race des chauvins, des porteurs de cocardes  / Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part… »

Un moment unique : un duo Salvatore et Georges ! (J'avais le look de l'époque !)

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