Comment vous dire ? Comment tout vous dire ? Il y a d’abord l’amitié et l’accueil de Gabriel Ringlet – avec qui j’avais parlé durant une après-midi de dédicaces à la Foire du Livre (il y a trente ans !) sans savoir qu’il était prêtre !- qui ne peut que nous réconcilier avec l’idée de « communauté », de « rencontre », d' »échange », d' »écoute »… Aujourd’hui, au Prieuré, Gabriel invite cinq samedis par an une personnalité en rapport avec le thème choisi, cette année « l’humour et la foi », d’où ma présence, malgré mes interrogations, (le 5 février : Piem et Cécile Bertrand, le 19 mars : André et Baudouin Remy) (Mais il y a bien d’autres artistes invités dans ce « prieuré », lieu de calme chaleureux,  situé à Malèves-Sainte-Marie, en Brabant Wallon http://www.leprieure.be,  comme Frank Andriat, Véronique Gallo ou Sam Touzani dans les mois qui viennent). Ensuite, il y a cette communauté qui partage, une amitié immédiate, diverse et palpable. Je passe sur mon interview (mais quelles belles questions – qui changent du « avez-vous préféré Armelle ou Barbara ? – sur la passion, le métier, la mort, les doutes, l’enfance, etc.), pour insister sur l’ouverture qui consiste pour tous ceux qui le souhaitaient à relier un verset proposé dans quelques chapitres de l’évangile de Luc et l’actualité. (J’avais choisi Marie-Madeleine la pécheresse et son accueil « tolérant » de Jésus) Ces petits moments courts et variés amènent une telle réflexion ! Cela allait de la dame qui mendie au carrefour et qu’on essaie d’éviter au travail politique en cours, mais on aborde aussi les films vus, les articles lus, les interrogations. Après l’ouverture, la « Parole », une célébration que je n’avais jamais vécue ainsi; demeuré dans les rites surannés des églises de mon enfance, les prises de position tellement coincées des hommes de pouvoir dans l’église « vaticane ». Ici, rien de tel ! Des chansons que j’avais choisies, certains de mes textes poétiques choisis par eux : « Les ponts illuminés / Enjambent nos regards / Sur les fleuves / De l’au-delà intérieur. » Et puis cette parabole des talents, à laquelle je pense si souvent ! De ce texte est née la dignité de tous les hommes, car elle ne dépend pas de ce qu’on a, mais bien de ce qu’on en fait. C’est la lettre et l’esprit. C’est la fin de la malédiction du travail. C’est aussi à l’opposé de toute la conception précédente (le cosmos des philosophes grecs, par exemple). J’aurais encore mille choses à vous dire. J’y reviendrai sans doute. Mais à vrai dire, je me rends compte depuis quelques heures que j’ai changé. Qu’une fenêtre s’est ouverte, avec une vue sur un nouveau paysage que je ne soupçonnais plus. Je n’en sais pas plus encore, je souris. Simplement, j’ai encore plus le désir de poursuivre ma vie, de rendre les autres heureux, de témoigner, d’écrire, de parler; mais aussi d’écouter et de partager. L’effet prieuré ! Merci.

Merci à Bernadette pour cette photo qui illustre la complicité et l'amitié.

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