Certains préconisent, quand nous avons peur de la mort, de se replacer à l’échelle de l’univers. C’est ce qu’écrit Boris Cyrulnik (oui, je sais, j’en abuse, mais je lis avec tant d’intérêt ses livres. Je suis d’ailleurs plongé dans son dernier ouvrage sur la honte…) dans « L’ensorcellement du monde ». Il dit à peu près que pour avoir une idée distraite de la mort, il faut prendre du recul et tenter un survol du temps à l’échelle solaire. Alors on comprend à quel point la mort est bénéfique aux vivants ! La mort biologique offre la jeunesse aux vivants. La vie ne meurt jamais, seuls ceux qui la transportent meurent. « J’existais bien avant moi-même » dit-il « sous forme de cellules placées à l’intérieur d’autres transporteurs de vie. » Ailleurs il explique qu’il y a 3 millions d’années que nous avons été arrachés à l’animalité, que nous nous sommes relevés sur deux pattes, que nos mains ont fabriqué des outils, allumé le feu… et qu’il reste encore 4 millions d’années en principe ! Cela dit, ces jours-ci, j’ai eu l’occasion d’après des conversations fort passionnantes sur la survie et quelle survie avec Gabriel Ringlet, qui me semble un des représentants religieux les plus intelligents que j’aie rencontré et qui pourrait bien réconcilier plein de choses en perdition… Je vous en reparlerai. Nous sommes donc dans le temps et l’espace pour cette vie terrestre; mais en effet des univers entiers évoluent, s’étendent, se créent… Que tout soit relatif suffit-il à nous retirer l’angoisse de notre propre disparition (terrestre) ?

Nous sommes nés des profondeurs sous-marines

 

 

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