Il existe beaucoup de superbes citations sur l’amitié, comme celle-ci qui remonte à Epicure : « De tous les biens que la sagesse procure à l’homme pour le rendre heureux, il n’en est point de plus grand que l’amitié. » Je l’ai mise sur face book ce matin. Comment décrire ces conversations téléphoniques nombreuses ou rares, qu’importe !, ces rencontres, où l’essentiel est de pouvoir être soi-même face aux amis. Pas de faux-semblant, pas de hiérarchie, pas de jeu sur les apparences, pas de réussite ou de gloire, pas de pouvoir… simplement la présence, la possibilité d’aborder tous les sujets en confiance, ce qui n’exclut pas le respect ni la pudeur. Et puis, la confiance ! Alors tous les partages sont possibles : on est soi-même avec ses rires, ses défauts, ses qualités – à parler, à écouter, à partager. C’est autre chose que l’amour, c’est comme un moment de vie d’une grande qualité; on est proches du bonheur parce qu’on peut laisser tomber toutes les barrières, du quant à soi jusqu’à la vanité de ce qu’on fait ! C’est un instant d’éternité donné sur terre. Dans « Eloge de l’amitié », Tahar Ben Jelloun note : « L’amitié est une religion sans Dieu ni jugement dernier. Sans diable non plus. Une religion qui n’est pas étrangère à l’amour. Mais un amour où la guerre et la haine sont proscrites, où le silence est possible. » Je suis si heureux de compter quelques amis fidèles et de longue date. Même si de temps en temps, certains commencent à quitter ce monde avant moi, laissant, comme disait Brassens dans « Les copains d’abord » (la pudeur de Brassens allant jusqu’à dire « copains » au lieu d »amis ») « Quand l’un d’entre eux manquait a bord,
C’est qu’il était mort. Oui, mais jamais, au grand jamais, son trou dans l’eau ne se refermait… ».

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